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jeudi 11 avril 2013

Éloge de la servitude consentie...



Voici trois extraits puisés dans  un ouvrage rédigé en 1549, "le discours de la servitude volontaire" ou "le Contr'un"  par Étienne de La Boétie à l'âge de dix-huit ans. 

C'était il y un peu moins de 5 siècles...

La téléréalité ou le cirque contemporain pour les foules hébétées
 


..... "L'habitude qui en toutes choses exerce un si grand empire sur toutes nos actions possède surtout le pouvoir de nous apprendre à servir : c'est elle qui à force de patience (comme Mithridate s'habitue peu à peu au poison) parvient à nous faire ingurgiter sans la moindre répugnance, l'amer venin de la servitude......"
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...... "Les théâtres, les jeux, les comédies, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes étranges, les hochets, et autres distractions entraînant une dépendance, représentaient pour les anciens peuples soumis, des leurres pour affermir leur servitude, une contrepartie à leur liberté perdue, les instruments de la dictature. Ces distractions constituaient les méthodes qu'employaient les anciens tyrans pour conforter leurs citoyens dans la servitude".......

....."Il est certain qu'avec la liberté on perd aussitôt la vaillance. Les gens soumis n'ont ni ardeur ni pugnacité au combat. Ils y vont comme ligotés et tout engourdis, s'acquittant avec peine d'une obligation".....



Remplacez certains mots par des termes plus actuels. 

Qu'ajouter de plus ? Tout est dit.

Bises à toutes et à tous.
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samedi 23 février 2013

Quand Manuel Valls préconise que le journal de Mickey devienne l'organe de presse modèle. Interdit de rire.

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Salut les gens.

Sachant que le dernier billet auquel je tenais a encaissé une terrible gifle alors que mon avant-dernier billet a fait un carton (tout relatif) dont j'ignore absolument le pourquoi du comment, j'ai pris deux ou trois Xanax® pour retrouver un peu d'inspiration et me remettre de ce KO moral...

Aussi vais-je poursuivre mon destin chaotique dans l'univers bloguesque en vous parlant de la déclaration d'un des ministres de Jean-Marc Ayrault qui, comme les Moscovici et autres Cahuzac, n'aurait pas dépareillé dans un gouvernement de Nicolas Sarkozy : j'ai nommé le flamboyant Catalan Manuel Valls...



Oh, je ne vais pas critiquer la manière  dont il gère son ministère de l'intérieur, en le noyautant et le bétonnant au passage à la manière sarkozienne afin de conserver un bastion fort utile pour une prochaine candidature élyséenne. Non, après tout il fait son boulot de ministre de l'intérieur et de futur présidentiable.
Toujours présent pour pleurer les morts de la police en mission et tenter de combattre tout azimut le banditisme, les groupuscules gauchistes qui pullulent, l'internet source de désordres et d'idées révolutionnaires, le terrorisme qui profitant du terreau fertile de la pauvreté, représente une alternative pour foutre le système en l'air, bref, il est là pour maintenir, de plus en plus difficilement, les valeurs de l'élite énarchique qui nous gouverne et se distribue gaiment  les postes de la république.

Jusque là, rien de spécial. Cet homme a une vision de droite de la société. Comme le président de la république et son premier ministre. Quoi de plus naturel en somme ? Les chats ne désignent pas des chiens pour garder leurs progénitures, n'est-ce pas ?

Où en étais-je déjà ? Ah oui, cette fameuse déclaration ! 
Je cite :

"Le ministre de l'intérieur Manuel Valls a fait savoir qu'il souhaitait lutter, en particulier sur Internet, contre les paroles de rap "agressives" ou "insultantes" contre l'Etat ou ses fonctionnaires, ou qui donnent une "image dégradée de la place de la femme au sein de notre société"

 

Bon. 


Peut-être pourra t-on écouter des groupes de rap débiter les fadaises de Mireille Mathieu ou les bluettes de Stone et Charden ! J'attends ce moment avec une impatience mal dissimulée. Voir ces rappeurs au look de brute chanter l'amour éternel et la virginité jusqu'au mariage. Entendre les rappeurs versifier sur leur départ à l'usine tous les matins à 6h ! Observer en concert nos rappeurs célébrer l'humanité et la gentillesse de la police française ! Un vrai régal vous dis-je !

 

Blague à part, si vous coupez aux groupes de rap, la faculté de critique de la société, les paroles de révolte et la violence des propos, c'est un peu comme si vous en faisiez des castrats : ils auraient l'air de quoi pour pécho avec les maigres liasses de billets représentants leur salaire d'ouvrier de chez GoodYear, hein ? Vous y avez pensé, bande d'ingrats ?


En allant légèrement plus loin, on pourrait demander aux blogueurs politiques d'éviter toute critique envers le système ou sanctionner durement toute opinion contraire aux dogmes de la pensée dite correcte.


Petit à petit, l'État, l'Europe, cherchent à rogner le peu de libertés qu'il nous reste. Internet est dans leur viseur car les gouvernants savent bien que ce média un peu sournois est peu à peu en train de ravir la vedette aux médias traditionnels qui perdent pied à pied leur prestige.

 

La population fait davantage confiance à Internet pour s'informer en confrontant les opinions des divers sites et blogs. Comparaison impossible sur les télévisions, par exemple, du fait de l'uniformisation des informations et des avis des mêmes éditorialistes qui ne délivrent qu'un son de cloche.

 

Ce privilège qui nous est donné agace prodigieusement les élites qui sentent bien les citoyens leur échapper. Les médias classiques ont certes, comme je le disais précédemment l'avantage de l'audience mais par contre, je suis intimement convaincu qu'ils ont complètement perdu la guerre de la persuasion et surtout de la crédibilité.

 

Internet est le média de la recherche et de la profondeur pour peu qu'on sache distinguer entre le bon grain et l'ivraie. TF1, France2, les chaînes d'infos en continu sont les fosses septiques du sensationnalisme, du superficiel et de la parole tronquée ou orientée. 

 

Manu aimerait tellement que le journal de Mickey avec ses aventures naïves qui finissent toujours bien devienne l'organe d'information officiel du quinquennat Hollande ! À condition de censurer le peu reluisant Pat Hibulaire, bien entendu !

 

Internet, refuge des rebelles, du foisonnement d'idées et de la complexité des opinions ne cessera jamais d'être inquiété. Valls, profitant de sa notoriété fugitive tentera de saper la forteresse, puis patiemment d'autres continueront le travail entrepris jusqu'à contrôler ou livrer le Net aux médias traditionnels et ainsi bâillonner ou étouffer les indépendants en les privant de visibilité.

 

C'est une lutte cruelle et de longue haleine entre ceux qui détiennent les pouvoirs et les citoyens qui se dessine.

 

Sur ces vaines rodomontades, je vous salue, bande de séditieux en chaussons !

 

Entre temps partez donc visiter ce blog aussi mystérieux qu'étrange qui vous emmènera au bout du chemin. Dépaysement garanti.

 

À après si je ne me suis pas pendu entre temps.

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mercredi 8 décembre 2010

"Le grand journal". Canal toujours + de conformisme bêlant... Affliction.

Salut les martiens !

Hé oui ! Il me faut bien avouer un masochisme de mauvais aloi !


Vous savez quoi ? Parfois, le vice me pousse à allumer la télévision le soir vers 19h. Et faute de supporter France 2 et son karaoké bêtifiant, TF1 et  sa meute de candidats débiles qui se trémoussent  et hurlent  leur joie en se dandinant lascivement sur la scène devant une cafetière électrique à dix huit euros et quatre vingt sept centimes, je me résous à regarder  Canal +.

Parce que mon inclination pour le masochisme ne va pas encore jusqu'à la mutilation...

Un joyeuse bande de copains se réunit donc en accueillant leurs invités politiques ou culturels (souvent les mêmes tout au long de l'année)


Font donc partie de la joviale équipe, Michel Denisot, Jean-Michel Aphatie, Ariane Massenet, Ali Baddou, l'intellectuel du cru et Yann Barthès qui présente son petit journal.


Michel Denisot est l'animateur en chef. Journaliste officiel de la bien-pensance et du politiquement correct, il ne faut guère compter sur lui pour railler les puissants ou pour se montrer impertinent vis à vis des pouvoirs politiques ou économiques. 


Il n'est pas payé pour se révéler insolent . Excellent dirigeant de football et célèbre vigneron, propriétaire récoltant cet homme de réseau, consensuel en diable parvient, grâce à sa couleur caméléon, à se fondre dans les milieux les plus dangereux et hétéroclites. De gauche avec la gauche, de droite avec la droite, le Denisot ne se fait jamais surprendre. Son agilité est proverbiale et malin sera celui qui parviendra à le prendre en défaut.


Jean-Michel Aphatie.
Ah Jean-Michel ! 

Sa conception du journalisme se résume  à élucubrer à partir de confidences ou de lectures de coupures de presse.  Aphatie, c'est  l'homme qui a écouté l'homme qui a vu l'homme qui a parlé à l'homme qui a entendu grogner l'ours. Et bien entendu,  ses ratiocinations fumeuses débouchent invariablement sur des conclusions d'une extrême banalité : on les oublie dans la minute qui suit.
On appelle ce genre de journaliste, un analyste politique.
Terrifiant !
Ne demandez pas à Jean-Mi son sentiment sur  la situation dans les banlieues : il vous lira le dernier article du Figaro.  
Les deux  référents économiques d'Aphatie sont Saint Blair et Saint Trichet. Son obsession : la dette. Son intérêt : la dette. Son programme : éradiquer la dette.
Vous me direz que ce n'est pas pour autant, qu'il réduira son train de vie : notre cher Basque veut l'austérité pour le peuple. Pas pour son compte en banque, faut pas déconner quand même !

Ariane Massenet est un cas. Sa marotte du moment est de taper sur Mélenchon en le taxant de populiste, elle ose même la comparaison avec Marine Le Pen ! 
Bigre !
Cette Mireille Mathieu blonde possède, semble t-il, sa carte de presse. On comprend mieux la lente érosion de ce métier, d'autant qu'elle ne rate jamais une occasion de démolir Internet. Pour résumer son niveau, nous dirions que notre passionnaria  est à peu près au journalisme, ce que Groucho Marx est au marxisme.


Ali Baddou est le gendre idéal. Beau mec, doté d'une classe naturelle,  un peu timide, cultivé, Ali a tout pour plaire. Peut-être lui manque t-il un peu de charisme, de culot, de rentre dedans. Quand il regarde Jean-Michel Aphatie, ses grands yeux écarquillés semblent contempler une œuvre d'art. C'est un peu gênant... Tout chez lui respire la retenue et l'équilibre : raisonnablement de gauche molle,  normalement bien élevé, modérément critique, ne comptez pas sur lui pour appeler à la révolution ! Canal +, avec un intellectuel de cet acabit peut dormir tranquille, le grand soir n'est pas pour demain.

Enfin le seul morceau de bravoure de cette émission un peu clinquante reste le petit journal de Yann Barthès. Savoureux, cruel, subtil, des extraits de discours politiques sont notamment juxtaposés, soit pour montrer le recours aux éléments de langages, et de répétition soit pour démontrer les promesses non tenues... Je doute que dans un peu plus d'un an, lors de la campagne électorale, Yann et son équipe puissent encore se permettre de telles insolences.


Vous me direz qu'à côté de TF1 et de FR2, réservoirs à merde télévisuelle dans le créneau 19-20h, Canal a beau jeu de flamber. Il n'en demeure pas moins que le Grand Journal qu'on pourrait comparer à une petite poupée excitante maquillée comme un camion volé, porte encore des crinolines, épluche "Nous Deux" et est encore pucelle...


Au delà des clivages politiques, cette émission, sous des dehors provocateurs artificiels, pue le consensus mou, le politiquement correct, le "Béchamelisme" (Bernard-Henri Lévysme) triomphant, la désastreuse conception de l'Europe de marché, la propagande active de la pensée unique commune aux 2 partis politiques dominants, l'UMP et le PS.


Ne comptez pas sur les participants à cette comédie  Bollywoodienne pour  contester le système : ils gagnent bien trop de thunes en jouant aux rebelles de pacotille !

Ils ne sont pourtant que des baudruches parées de paillettes... 

Une prochaine fois, je vous raconterai les rendez vous du vendredi avec quelques journalistes triés sur le volet, grands observateurs devant l'Éternel de la politique française. 
Autant au niveau des invités, que des sujets évoqués, il s'agit d'un spectacle à la fois atterrant et burlesque.




Ami(e)s, à plus tard si vous le voulez bien, après un petit voyage en Égypte ?

rédigé le 6/12/10