Affichage des articles dont le libellé est poules. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est poules. Afficher tous les articles

mardi 13 août 2013

Un appel vibrant pour alerter l'opinion sur l'affreux génocide dont ont failli être victimes mes sœurs, les gallinacés.

.
Après une interruption scandaleusement crapuleuse due à une paresse coupable et totalement injustifiée, mon sang n'a fait qu'un tour lorsque j'ai lu cette horrible nouvelle passée presque inaperçue : en Bretagne, 100.000 œufs ont été détruits pour protester contre la faiblesse des cours.



Autrement dit, un affreux génocide sans que quiconque ait moufté quoi que ce soit !

Quelques gauchistes de protester nonchalamment par ci, par là,  contre, tenez-vous bien, le gaspillage de nourriture !

Mon cœur de volaille a failli lâcher devant l'absence de compassion envers mes sœurs les poules, qui ont vu leur production se transformer en une omelette géante et dégoulinante !

Certes, nos poules bretonnes et non moins chrétiennes, bravant les préceptes papaux, avaient utilisé des moyens  de contraception, ce qui a permis d'échapper à un génocide sans précédent, cependant nous avons échappé de justesse à une catastrophe galliformelle de première importance ! La sueur me coule encore dans le dos et la chair de poule parsème la peau de mon cou.

Aussi.

À l'instar de nos maîtresses à penser, Christine Boutin, Béatrice Bourges, Frigide Barjot, soutenues par nos coqs qui, influencés par les Hommen et l'abbé Grosjean, réclament de longue date, un papa pour 15 mamans  et leurs 120 poussins, avons décidé solennellement ce qui suit :

1) Des veilleuses et des veilleurs feront le pied de grue dans tous les endroits stratégiques pour rappeler leur détermination.

2) La situation allant de mâle en pie, sur nos banderoles roses flamants et bleues pervenches, seront inscrits en lettres caca d'oie : "un papa, quinze mamans, on ne ment pas aux 120 poussins !"

3) Chaque jour pour nos congénères élevées en plein air, une procession religieuse mené par une poule de la trempe intellectuelle de Christine Boutin sera effectuée entre chaque poulailler de France et l'abreuvoir extérieur.

4) Une grève de la production des œufs sera entamée jusqu'à nouvel ordre.

5) Chaque coq devra se déplumer et se ridiculiser pour attirer l'attention comme les Hommen savent si bien le faire.

6) Des oies blanches, aussi vierges qu'il est possible, seront chargées de l'aspect ecclésiastique de la lutte. Nous comptons bien trouver parmi nos ouailles, une meneuse équivalente à l'abbé Grosjean, qui mobilisera et cautionnera nos combats afin d'évangéliser les cœurs.

7) Comme chez les participants des manifestations contre le mariage pour tous, les dindes, les dindons, les oies, les jars, les pintades, les faisans, les poulardes, les canes, les pigeons, les cailles et même les grenouilles de bénitiers, ont décidé à la dernière minute de se joindre à nous.


Frères coqs, sœurs poules, volailles de tous pays, unissez vous sous la bannière de l'Église, seule garante de nos traditions culinaires françaises contre la barbarie socialiste à visage humain !

Il en va de votre survie.


Sur ce, je repars me coucher. Peut-être même que je n'aurais pas dû me lever...
.

mardi 25 septembre 2012

Métaphysique animalière. Propos de basse-cour mais de haute tenue.

.
Cet épisode banal s'est produit il y a quelques mois dans la montagne corse au lieu-dit photographié plus haut.

Une buse tournoyait inlassablement  en cercles concentriques au dessus d'un poulailler. Elle devait avoir l'estomac dans les ergots vu l’acharnement de ses agissements et la patience dont elle faisait preuve.

http://letrainebuisson.blogspot.fr/2007_11_01_archive.html

Je descendis auprès des poules qui vaquaient à leurs occupations et m'assis sur un muret pour éviter quelques meurtres en série.
Cette satanée buse, avec un aplomb qui frisait l'insolence continua pourtant son manège malsain...

Bien que faisant partie d'une espèce protégée, la buse corse reste prudente grâce à un atavisme insulaire qui pourrait surprendre plus d'un rapace continental, en survolant sagement ses proies à une altitude extrêmement respectable, au delà d'une portée de fusil.

Bref. Pardonnez mes digressions vaseuses mais j'en viens au sujet principal.

Tandis que je conversai avec la volaille, qui, tout en picorant et en grattant la terre à la recherche d'un vermisseau, ne perdait pas une miette de mes paroles, un merle bien dodu, une espèce protégée qui finit fréquemment en succulent pâté vint se percher sur mon épaule gauche.

Étant un individu frustre et peu cultivé, j'ai toujours eu la conviction que tous les êtres vivants, végétaux compris, de notre planète, de par une génétique presque commune, se comprenaient forcément, même s'ils ne parlaient pas le même langage.

Et là en tant qu'humain rempli d'une suffisance abjecte, d'une arrogance irrespectueuse et d'une bouffissure méprisable, je me moquai de ces gallinacés dont j'avais appris que les ancêtres étaient ces fameux dinosaures qui avaient dominé le monde sans partage pendant la bagatelle d'environ 165 millions d'années.

- Regardez vous, misérables cocottes, me moquai-je,  filles et cousines des pires prédateurs qui ont écumé notre terre. Observez ce que vous êtes devenues : de petites machines biologiques, élevées en batterie pour nourrir une humanité dont les ancêtres rampaient sous terre et se cachaient devant la puissance inouïe et la sauvagerie effrayante de vos aïeux.

- L'homme : quelle merveille ! Ajoutai-je, béat.

Le merle se mit à siffloter et ô miracle, je compris tout ce qu'il affirma.

- Pauvre fat ! Me lança l'oiseau  noir. Certes, nous avons dominé la terre pendant des millions d'années et si cette maudite météorite n'avait pas ravagé la Terre il y a 65 millions d'années, c'est vous qui seriez à notre place dans cet élevage ! Nul doute que notre civilisation serait alors infiniment supérieure à la vôtre !

Ces paroles me révoltèrent. "Mais l'Homme est l'accomplissement réussi de toutes les forces du cosmos", déclarai-je sottement, "il a inventé les mathématiques, la philosophie, la poésie,  la science... Dieu."

- Crois moi Cui cui, vous n'êtes qu'une espèce temporaire qui se détruira par cupidité et stupidité. Jamais vous ne régnerez aussi longtemps sur la planète que nos aïeux les dinosaures ! Peut-être dans quelques milliers de siècles, votre race terminera t-elle sa carrière comme la nôtre, élevée en batterie pour nourrir quelqu'insecte géant qui vous aura supplanté...
Il reprit.
Dans ce monde qui nous dépasse, toute espèce ou civilisation est sujette à la décadence et à l'avènement d'une nouvelle race ou organisation qui la remplacera.
Quant à imaginer que grâce à vos facultés intellectuelles, votre espèce perdurera, c'est méconnaître les lois de la nature et de l'univers qui privilégient la violence, les retournements de situation, les catastrophes écologiques, les maladies et virus, la brutalité et la cruauté ! Et si vos dieux existaient, nous autres créatures de l'univers, le saurions puisque nous sommes faits de la même pâte !



Ivre de fureur, d'un geste rapide je saisis ce merle gras bien trop pédant et sentencieux, puis à l'aide de ma main gauche je lui tordis le cou. Son trépas fut instantané. Je le remontai à la maison pour le faire rôtir dans la cheminée. 

En quittant le poulailler, j'entendis des gloussements caquetants de la part de ces poules irrévérencieuses que je pris à juste raison pour des quolibets et des sarcasmes. 

En signe de dépit, j'ai levé la tête, apostrophant la buse, lui souhaitant bon appétit !

Je ne sus pourquoi mais la nuit suivante fut parsemée de cauchemars monstrueux. Pourtant le lendemain, aucune poule ne manqua à l'appel.

Sur ces fadaises qui n'ont qu'un lointain rapport avec la politique politicienne, chers lectrices et lecteurs qui avez eu le courage d'arriver jusqu'à ces lignes, je vous donne rendez-vous pour plus tard si le fantôme du merle corse daigne me laisser en paix une nuit. Une nuit seulement.
.