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mercredi 27 avril 2016

La querelle des bovins. Partie 2

Pour les modalités préliminaires, prière de lire le billet précédent.

Lorsque Prouston, le bœuf blanc dominant aperçut dans le pré mitoyen les bœufs roux, son sang ne fit qu'un tour ! Son long meuglement mêlant colère et souffrance remua tous les tripoux du troupeau.

Si Prouston avait été un humain, on aurait pu comparer son influence à un académicien, un moraliste ou un journaliste du sérail. Devant ses ouailles hébétées, il lança un violent réquisitoire contre ces bovins roux qui venaient brouter l'herbe verte de nos belles prairies morvandelles destinée aux Charolais depuis la création de l'univers. 

- "Rentrez chez vous ! Ne comptez pas sur nous pour assister les pattes croisées à notre grand remplacement !" Éructa t-il en s'adressant au troupeau adverse un peu effrayé par l'accueil.

- "Mais, monsieur Rouston -sa langue ayant fourché malencontreusement- osa un bœuf malingre, il y a bien assez d'herbe pour tout le monde d'autant qu'elle pousse vite." Un bon coup de corne du vétéran  remit vite cet importun malpoli dans le rang.

un fier taureau roux

Et c'est ainsi que naquit la querelle des bovins qui jour après jour s'envenima au point que la situation devint vite invivable. Les deux troupeaux se scindèrent en de multiples clans et sous groupes d'une manière étrangement symétrique. Les partisans de la pureté charolaise se montraient si vindicatifs et si hargneux qu'il firent naître chez les rouquins, un mouvement semblable opposé à tout métissage et mélange avec tout bovin blanc.

Des groupes de vaches se déclarèrent opprimées par la masculinité des bœufs (ce qui fit rire tout le monde) , revendication qui parut fort cocasse aux taureaux parqués dans leur enclos forcés de pratiquer l'acte sexuel sur des leurres en plastique pour récolter leur semence. 

Des rouquines parlèrent du suprémacisme et des privilèges des bovins blancs qui gardaient pour eux les meilleurs carrés d'herbes. Ces mêmes ruminants blancs se plaignant d'un racialisme roux à leur égard. Les vachettes exigeant même une non mixité entre roux et blancs, entre vachettes et bœufs et même entre vachettes rousses et vachettes blanches.

Une logorrhée insupportable envahit certains esprits : on y parla de spécisme, de luttes des races, d'oppression, d'aliénation, d'appropriation culturelle, d'identité charolaise, de particularisme roux, d'intersectionnalité, de luttes civilisationnelles voire de guerre civile ! 

Pratiquement personne, dans l'anonymat du troupeau ne comprenait le sens de ce jargon mais chacun retenait ce côté clivant et destructeur vis à vis de la communauté voisine.

La situation devenait d'autant plus inextricable que les bipèdes avaient ôté la clôture ! 

Une majorité de bovidés de toutes couleurs vivait toutefois en paix avec une certaine cohésion, sans animosité mais subissait les séquelles de ces luttes de pouvoir de clans auxquelles les bovins n'étaient pas rompus ; ainsi la chienlit s'installa entre les deux troupeaux.

Une mère allaitante rousse et son nourrisson.

La fraternité, de mise au début, s'estompa graduellement et la méfiance s'installa progressivement chez tous les membres de la communauté...

Je remarquai toutefois des situations qui m'intriguèrent particulièrement : je ne doutai pas que nous étions le but ultime de l'univers mais l'attitude de ces petits bipèdes malingres et vicieux -les hommes- me sembla suspecte. 
N'étions nous pas manipulés à des fins inavouables par ces sortes de monstres simiesques ?
Quels étaient leur but ? Ne se servaient-ils pas de ces situations troubles pour assouvir leurs ambitions ? Les gens qui s'occupaient des Limousines et ceux qui se chargeaient des Charolais semblaient rivaux...
N'étions nous pas devenus, au travers de nos vaines querelles, les instruments de leur lutte de pouvoir ?

Le lendemain de ma révélation, on me conduisit dans un camion avec une vingtaine de mes collègues roux et blancs vers un lieu que les petits hommes appelaient "abattoir". Quand je rentrai dans ce bâtiment où flottait une odeur âcre de sang et où des meuglement déchirants assourdissaient mes oreilles, je compris, trop tard, que notre vanité avait conduit notre espèce à se prendre pour la reine du monde alors que nous n'étions simplement que les jouets des ces bipèdes manipulateurs sans foi ni loi.

Vu le bide retentissant du premier épisode, j'ai dû prendre mon courage à deux mains pour publier cette suite particulièrement niaise...
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lundi 4 avril 2016

Les mémoires d'un bœuf. Partie 1.

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Avertissement : toute ressemblance avec un bovidé, un animal à cornes encore vivant ou un quelconque steak frais voire congelé existant ne saurait être attribuée qu'à de hasardeuses circonstances.


Chers bovins,

J'ignore par quel hasard malicieux ce texte vous parvient mais j'ai tenu, au cours de ma brève existence, à témoigner de la vie délicieuse d'un bœuf, roi du monde et ultime but de l'univers.

Je m'appelle Hannibal, je suis un beau et plantureux bœuf de race charolaise, natif du Morvan où se situent mes pâturages ensemencés d'herbe grasse et goûteuse.

Ma mère Clarabelle, une belle et solide compétitrice médaillée dans une grande ferme située à Paris, Porte de Versailles, me mit au monde à partir d'une goutte de semence du terrible Attila, 1457 kg, qui se révèle être mon géniteur.

Le plus costaud des papas.
 J'eus une enfance heureuse et ludique, je ne fus jamais à court de nourriture, à base de bon lait et de foin savoureux, servie par de drôles de petits bipèdes agités et bruyants. Ma mère m'ayant expliqué que la nature, dans son incroyable génie avait créé autour de notre espèce, un monde entièrement dévolu à notre race illustre. Le soleil se levait afin que nous ayons chaud, la pluie faisait pousser l'herbe qui croissait et se multipliait pour nous nourrir et ces bipèdes ridicules qu'on appelait "hommes" se mettaient à notre service pour la prospérité et la gloire de notre race.

Notre société vivait dans un ordre parfait avec ses classes hiérarchiques basées sur la puissance physique ; le veau représentait le bas de l'échelle avec des sous catégories dépendant du résultat  d'incessants combats singuliers. Rappelons à toute fins utiles qu'un troupeau de bovins est en constante évolution hiérarchique selon la force et l'agressivité développées par chacune et chacun d'entre nous ; l'accès aux endroits préférentiels où l'herbe est plus verte en dépend.  Les taureaux représentant l'aristocratie de l'espèce reine du cosmos.

Vers 13 mois, on m’emmena dans une sorte de lieu cultuel pour me castrer. C'était un rite initiatique qui marquait solennellement au sein de notre espèce le passage du statut d'enfant à celui d'adulte. Malgré une brûlure assez vive je revins au pré, fier comme un veau d'or. Quelques taurillons moqueurs et mauvais esprits transformèrent mon nom Hannibal en Annie en ricanant comme de vulgaires vachettes d'arènes. Le détachement hautain que j'observai les dégoûta rapidement d'autant que je commençai à glaner ça et là des médailles avec des panoplies de rubans multicolores !

À tel point que nos domestiques bipèdes ne cessaient de frapper stupidement la paume de leurs pattes maladroites, affreusement dépourvues de sabots. Ces êtres malhabiles faisaient vraiment partie d'une espèce inférieure juste bonne à nous obéir servilement. Je me demande encore comment la Nature pouvait fabriquer des créatures aussi niaises et laides... Sinon comme instrument adapté à la perpétuation de notre civilisation solaire incontestable.


Maman, je t'aime !

Paître, se repaître, mastiquer et ruminer, péter, pisser et déféquer, se mesurer à son alter égo ; tout le reste n'étant que futilités. L'hiver, les créatures bipèdes nous emmenaient dans des hangars chauffés et ne cessaient de nous servir du bon foin bien sec et quelques gourmandises bienvenues.

Dans ce monde merveilleux certains tenaient toutefois à se singulariser comme ce taureau de réforme Prouston (qu'on appelait Roustons en cachette) qui passait des heures à se mirer dans la mare de notre pré. Cette vieille carne considérait chacune de ses bouses comme une grandiose œuvre d'art et comble du ridicule, il se trouvait dans le troupeau des amateurs pervers pour les admirer !

Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes : les esclaves humains à notre dévotion, une vie nonchalante  à se régaler, le soleil, les oiseaux espiègles, la pluie bienfaisante, des herbes luxuriantes, une existence sans soubresauts, de la nourriture à foison... Que demander de plus ? 

Ce paradis sur terre prouvait incontestablement que nous étions les maîtres de la création puisque tous nos besoins étaient assouvis !

Quand un évènement inopiné survint un fameux jour du mois de mai. 

Alors que nos domestiques simiesques nous accompagnaient, nous nous aperçûmes avec surprise au détour du chemin, que le pré voisin était occupé par des bovins -aucun doute là dessus- roux. Ayant fréquenté la grande ferme du salon de Versailles, je reconnus immédiatement des Limousines.

C'est à se moment que tout bascula...


La suite de cette parabole sur l'ethnocentrisme dans trois ou quatre jours. 
Uniquement si vous avez aimé le premier chapitre. Autrement, à la prochaine !
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vendredi 29 août 2014

Un crime trop parfait... Seconde partie poignante.

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Rappel salutaire : tout rapprochement ou ressemblance avec des évènements d'actualité ou d'un passé récent ne serait que pure coïncidence.
. Seconde partie du rapport de police officieux rédigé le 26 août 2014 par le capitaine  Aristide Lefutay sur les lieux du crime situés rue de Solférino, 75007 Paris.


Certains témoins ont aperçu d'assez loin l'intrusion des deux complices, le meneur, selon les observateurs, serait un homme au visage lisse, rond portant des lunettes rectangulaires, plutôt petit et replet, les rares cheveux colorés au cirage noir, soigneusement brossés pour les faire briller et cacher une calvitie avancée Il semble qu'il transportait une hache à la main. Son acolyte portait beau et semblait particulièrement attirer les regards féminins concupiscents. Il tenait une batte de baseball en acier couverte de clous. Il faudra cependant approfondir ces déclarations pour affiner les signalements.


En face du lieu du crime nous interpellâmes alors qu'ils tentaient de se  cacher derrière les rideaux de leur fenêtre un gnome grimaçant, ricanant et agités de tics, accompagné d'une gamine blonde décolorée assez enveloppée et à la voix rauque abimée par le tabac, son rire nerveux était caverneux. Ils semblaient tous deux se repaître et même se réjouir du spectacle abominable. Je notai leur nom : Nicolas S. et Marine LP pou un interrogatoire plus poussé. Certains habitants du quartier m'ont fait part de leur crainte d'être maltraités par les auteurs supposés du crimes ou par ces deux garnements diaboliques et m'ont demandé une protection policière. Je leur ai avoué, que hélas, ils n'avaient pas le choix...
Après quelques minutes passées sur le théâtre d'investigation, mon attention fut attirée par quelques vagissements. Derrière un fauteuil, je découvris un nourrisson assez bizarre voire monstrueux : un livret de famille placé entre la peau et sa couche.

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Un bébé prénommé Manolo 2, doté de trois petits yeux proéminents, particulièrement  sournois, chacun de différente couleur s'étalant du blanc cassé au rose très pâle et tous louchant à droite, portait un petit bracelet sur lequel étaient gravés les prénoms François et Manuel. Ce nouveau-né devait avoir vu le jour en ce mardi 26 août 2014. Il ressemblait curieusement, à s'y méprendre, presque trait pour trait au témoin cité plus haut, Nicolas S.

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Sans augurer de son avenir et n'étant pas médecin il me semble que la viabilité du nouveau-né soit sujette à caution. je pense que sa disparition rapide, éviterait bien des souffrances inutiles et serait un bien pour lui(elle) et pour la collectivité.
En ôtant sa couche je m'aperçus avec surprise qu'il était à la fois garçon et fille. Il possédait une tête gigantesque dont le volume crânien pouvait contenir une dizaine de cerveaux énormes. Ses membres difformes se composaient de trois énormes bras droits et d'une sorte de minuscule tentacule servant de bras gauche...
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Ce qui accentuait sa monstruosité était cette folle asymétrie qui plaçait tous ses organes et membres sur sa droite Son état de santé posait problème. Son visage était tuméfié. Des petits seins avaient été greffés n'importe comment, comme pour accentuer son hermaphrodisme.

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J'avise ma hiérarchie par le biais, que de ma vie de vieil inspecteur bourlinguant dans les milieux les plus abjects, il ne m'est jamais arrivé d'assister à des spectacles aussi hideux.
J'ai pris quelques clichés de la scène du massacre que je joins à mon présent rapport, notamment un texte qui ressemblait étrangement à une ancienne affaire criminelle : la victime, dans son agonie ayant eu le temps d'écrire sur le bas d'une porte, avec son sang quelques mots désignant peut-être son ou ses assassins. Je laisse le soin à ma hiérarchie d'en tirer les conclusions adéquates...

Une enquête particulièrement fouillée faisant appel à la police scientifique me parait toutefois nécessaire vu le manque d'indices...
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Voici la photographie d'une des scènes du crime et du dernier texte de madame Marianne Péhesse, morte dans des circonstances tragiques, sauvagement assassinée par des forcenés déments et  paranoïaques dont nous possédons le signalement...
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Aristide Lefutay, officier de police. Le mardi 26 août 2014.
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Un grand merci à madame Buitoni et à monsieur Cif Ammoniacal pour leurs précieuses contributions.Sans eux, je n'aurais jamais réalisé ce texte qui restera dans les annales.
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mercredi 27 août 2014

Un crime presque parfait... Première partie haletante.

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Avertissement préliminaire : tout rapprochement ou ressemblance avec des évènements d'actualité ou d'un passé récent ne serait que pure coïncidence.

Première partie du rapport de police officieux rédigé le 26 août 2014 par le capitaine  Aristide Lefutay sur les lieux du crime situés rue de Solférino, 75007 Paris.



Lorsque j'ai pénétré sur les lieux du crime, j'ai été frappé par un spectacle insoutenable : des taches  écarlates maculaient le théâtre des évènements, des morceaux de chair humaine jonchaient le sol et l'odeur douceâtre du sang flottait dans un air lourd à peine zébré par quelques mouches vertes...
J'ai pu identifier la victime, une femme d'âge mûr encore très belle, grâce à une carte d'identité posée à côté de son corps violenté. Elle se nommerait Marianne Péhesse née en 1971 à Épinay sur Seine. Elle gisait sur le sol, défigurée, un œil sortant de l'orbite gauche, la langue coupée en pointe et le nez tranché de telle sorte qu'il ressemblait à un groin...

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Vieil habitué des scènes de crimes, j'ai rarement observé tel déchainement se sauvagerie après un assassinat.
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Une fourchette et un couteau de cuisine traînaient à côté du cadavre. En fouillant les poches de la dépouille dont on avait tailladé les mains, j'ai trouvé un livret de famille et une lettre manuscrite. Elle avait épousé en première noce un certain Mitterrand François, pervers narcissique bien connu de nos services puis s'était retrouvée veuve en 1995 et s'était remariée en mai 2012 à un certain François Hollande, homme apparemment honorable sans casier judiciaire.
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Sur la lettre manuscrite, elle relatait le long cheminement qui l'avait conduite à se prostituer sous l'influence de son premier mari, pour une clientèle d'éminents banquiers et d'industriels cossus. Croyant tomber sur un brave homme lors de son remariage, elle s'aperçut avec horreur que son second mari, sous des abords de bon garçon était encore pire que son époux précédent : pour la séduire, il avait menti comme un arracheur de dents et à la perversité du premier s'ajouta le sadisme morbide d'un individu qui se prétendait un homme tout à fait normal. 
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Elle prit un amant en la personne d'un certain Manuel, un hidalgo ténébreux aux dents longues qui se montra encore plus inhumain que les deux autres. Elle s'aperçut avec consternation que non seulement les deux compères se connaissaient mais de surcroît, s'entendaient pour vendre ses charmes aux hommes les plus influents du pays. Je ne saurais en dire plus, laissant aux enquêteurs le soin de fouiller plus avant la vie dissolue de ces individus malsains.

Il semble au vu les multiples contusions et ecchymoses constatées sur son corps qu'elle ait affreusement souffert. On peut même en conclure qu'elle fut torturée pendant un certain laps de temps lorsqu'on observe l'état de ses multiples cicatrices infectées.

D'après mes premières observations, la sauvagerie de cet assassinat tendrait à prouver qu'il pourrait s'agir d'un meurtre rituel pratiqué en groupe et réalisé dans un état second de démence par des sadiques particulièrement pervers. L'hypothèse d'un crime sectaire n'étant pas à éliminer...

Le rapport complet étant trop long, le capitaine Lefutay m'a demandé de le scinder en deux. Je préviens les lecteurs que la seconde partie est encore plus sanguinaire et surprenante que ce récit. Réservez vos places sans plus attendre !
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mardi 20 mai 2014

Le syndrome Kermiel ou la pathologie du suceur de sang de vierges.

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Avertissement : Toute ressemblance ou allusion allégorique incluant des acteurs ou des faits réels est purement volontaire.

Voici donc un petit récit parabolique qui pourrait aussi bien concerner respectivement les responsabilités partagées, entre  des commanditaires et des exécutants, des dictateurs et leurs milices chargées de faire respecter l'ordre, des idéologues forcenés et leurs militants prêts à tout, des cadres religieux et leurs ouailles fanatiques, des banquiers immoraux et leurs traders complices...




Il était une fois...

Un gourou un peu fou, monsieur Socgéne - comme la plupart des dirigeants de secte -  s'était mis dans la tête de développer sa banque du sang. Il avait recruté pour ce faire des éléments évidemment avides d'hémoglobine. Vous comprenez fort bien qu'on n'attire pas ce genre de collecteurs en leur proposant un menu végétarien en guise de salaire !

Il conclut donc un marché "gagnant-gagnant" comme on dit dans ces milieux branchés de la City. Les heureux élus, devront récolter d'énormes quantités de sang de vierges qu'ils auront séduit contre une délicieuse gourmandise octroyée par monsieur Socgéne : quelques lampées de ce bon sang pur au fumet virginal, cette subtile liqueur clairette au parfum de violettes des bois, qu'ils pourront déguster en suçant leurs victimes avec la délicatesse qui sied aux esprits bien éduqués.

Toutefois, il était convenu par accord contractuel, de ne pas les vider complètement de leur sang et de ne point abuser d'elles afin qu'elles restent vierges, donc donneuses universelles.

Un malheureux jour, le gourmand Joachim Kermiel, pris d'une subite fringale vida sa victime comme un lapin auquel on avait arraché l'œil ! Monsieur Socgéne apprit la nouvelle et ivre de fureur porta plainte contre son employé qui avait méchamment gâché la marchandise !

Le scandale fit grand bruit et Kermiel, penaud, passa devant le tribunal pour, je cite l'article complet de sa mise en examen : "abus de prélèvement d'hémoglobine par gloutonnerie sur vierge consentante sans intention de la vider totalement de son sang." Il fut condamné à cinq ans de prison dont deux avec sursis.

Le plus étonnant et le plus scandaleux dans cette histoire de dingue fut que le gourou fou Socgéne, ne fut jamais inquiété par la justice ! Même que l'État continua à le cajoler avec un zèle bien suspect. Son chef, Holly Hand avait pourtant promis, lors d'un discours qui fit date, de combattre avec fougue les banques du sang et les vampires qui travaillaient pour elles !

Nonobstant, gardons à l'esprit que si Kermiel n'avait pas succombé à sa goinfrerie, il serait probablement en train de sucer avidement quelque petite vierge locale aux Seychelles ou dans un quelconque paradis touristique...

Mais l'histoire ne s'arrête pas là ! Jusque là, nous vivions une tragédie, nous allons passer sans transition à une comédie délirante et médiatique !

Kermiel, le martyr.

Joachim fut pris d'un soudain accès de foi religieuse par esprit de rédemption et décida de rendre visite au pape. Il en profita également pour se poser en contempteur féroce des banques du sang et des vampires !
D'une pierre, il fit deux, puis trois coups !

La religion catholique défendant la pureté virginale jusqu'au mariage se rangea derrière lui, suivie du syndicat de gauche des partisans du droit des jeunes filles vierges à ne pas disposer de leur corps !
Étrange attelage auquel s'ajouta in-extremis madame Fillapapa, défenseur de la vertu et de la pureté religieuse et ethnique des vierges françaises.

Plus personne ne retrouva ses petits dans ce pugilat médiatique qui mit côte à côte les curés, les gauchistes et l'extrême droite contre les décisions judiciaires !

Quant aux banques du sang, on en parla hélas très peu !

C'est le moment qu'a choisi Dracula pour m'envoyer un texto  à minuit une. Il m'a communiqué avec l'humour qui le caractérise : "Mon cher Cuicui, je ne comprends plus rien à la politique française. Les voies du Saigneur me semblent impénétrables !"

S'agirait-il du combat de trop pour un des défenseurs de Kermiel ? Je vous laisse y répondre.

Et puis, allez donc rendre une petite visite à l'ami Jean-Claude, alias Babelouest qui vous parle plus sérieusement du même sujet !
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mardi 25 septembre 2012

Métaphysique animalière. Propos de basse-cour mais de haute tenue.

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Cet épisode banal s'est produit il y a quelques mois dans la montagne corse au lieu-dit photographié plus haut.

Une buse tournoyait inlassablement  en cercles concentriques au dessus d'un poulailler. Elle devait avoir l'estomac dans les ergots vu l’acharnement de ses agissements et la patience dont elle faisait preuve.

http://letrainebuisson.blogspot.fr/2007_11_01_archive.html

Je descendis auprès des poules qui vaquaient à leurs occupations et m'assis sur un muret pour éviter quelques meurtres en série.
Cette satanée buse, avec un aplomb qui frisait l'insolence continua pourtant son manège malsain...

Bien que faisant partie d'une espèce protégée, la buse corse reste prudente grâce à un atavisme insulaire qui pourrait surprendre plus d'un rapace continental, en survolant sagement ses proies à une altitude extrêmement respectable, au delà d'une portée de fusil.

Bref. Pardonnez mes digressions vaseuses mais j'en viens au sujet principal.

Tandis que je conversai avec la volaille, qui, tout en picorant et en grattant la terre à la recherche d'un vermisseau, ne perdait pas une miette de mes paroles, un merle bien dodu, une espèce protégée qui finit fréquemment en succulent pâté vint se percher sur mon épaule gauche.

Étant un individu frustre et peu cultivé, j'ai toujours eu la conviction que tous les êtres vivants, végétaux compris, de notre planète, de par une génétique presque commune, se comprenaient forcément, même s'ils ne parlaient pas le même langage.

Et là en tant qu'humain rempli d'une suffisance abjecte, d'une arrogance irrespectueuse et d'une bouffissure méprisable, je me moquai de ces gallinacés dont j'avais appris que les ancêtres étaient ces fameux dinosaures qui avaient dominé le monde sans partage pendant la bagatelle d'environ 165 millions d'années.

- Regardez vous, misérables cocottes, me moquai-je,  filles et cousines des pires prédateurs qui ont écumé notre terre. Observez ce que vous êtes devenues : de petites machines biologiques, élevées en batterie pour nourrir une humanité dont les ancêtres rampaient sous terre et se cachaient devant la puissance inouïe et la sauvagerie effrayante de vos aïeux.

- L'homme : quelle merveille ! Ajoutai-je, béat.

Le merle se mit à siffloter et ô miracle, je compris tout ce qu'il affirma.

- Pauvre fat ! Me lança l'oiseau  noir. Certes, nous avons dominé la terre pendant des millions d'années et si cette maudite météorite n'avait pas ravagé la Terre il y a 65 millions d'années, c'est vous qui seriez à notre place dans cet élevage ! Nul doute que notre civilisation serait alors infiniment supérieure à la vôtre !

Ces paroles me révoltèrent. "Mais l'Homme est l'accomplissement réussi de toutes les forces du cosmos", déclarai-je sottement, "il a inventé les mathématiques, la philosophie, la poésie,  la science... Dieu."

- Crois moi Cui cui, vous n'êtes qu'une espèce temporaire qui se détruira par cupidité et stupidité. Jamais vous ne régnerez aussi longtemps sur la planète que nos aïeux les dinosaures ! Peut-être dans quelques milliers de siècles, votre race terminera t-elle sa carrière comme la nôtre, élevée en batterie pour nourrir quelqu'insecte géant qui vous aura supplanté...
Il reprit.
Dans ce monde qui nous dépasse, toute espèce ou civilisation est sujette à la décadence et à l'avènement d'une nouvelle race ou organisation qui la remplacera.
Quant à imaginer que grâce à vos facultés intellectuelles, votre espèce perdurera, c'est méconnaître les lois de la nature et de l'univers qui privilégient la violence, les retournements de situation, les catastrophes écologiques, les maladies et virus, la brutalité et la cruauté ! Et si vos dieux existaient, nous autres créatures de l'univers, le saurions puisque nous sommes faits de la même pâte !



Ivre de fureur, d'un geste rapide je saisis ce merle gras bien trop pédant et sentencieux, puis à l'aide de ma main gauche je lui tordis le cou. Son trépas fut instantané. Je le remontai à la maison pour le faire rôtir dans la cheminée. 

En quittant le poulailler, j'entendis des gloussements caquetants de la part de ces poules irrévérencieuses que je pris à juste raison pour des quolibets et des sarcasmes. 

En signe de dépit, j'ai levé la tête, apostrophant la buse, lui souhaitant bon appétit !

Je ne sus pourquoi mais la nuit suivante fut parsemée de cauchemars monstrueux. Pourtant le lendemain, aucune poule ne manqua à l'appel.

Sur ces fadaises qui n'ont qu'un lointain rapport avec la politique politicienne, chers lectrices et lecteurs qui avez eu le courage d'arriver jusqu'à ces lignes, je vous donne rendez-vous pour plus tard si le fantôme du merle corse daigne me laisser en paix une nuit. Une nuit seulement.
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samedi 24 septembre 2011

Le chêne et l'oiseau : la parabole du blogueur. Niaiserie.

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Il était une fois un chêne si vieux qu'aucun habitant de la forêt se souvenait l'avoir connu arbrisseau...

La sagesse dont il aurait du hériter avec l'âge s'était muée au fil du temps en une suffisance méprisante envers tous les habitants de ces bois.



Un oisillon un peu simplet avait pris l'habitude détestable pour le royal feuillu de se percher sur une solide branche charpentière.

- "Hola, paltoquet !", commença le chêne altier en s'adressant à l'oiseau inconscient , "avant de poser tes pattes de microbe sur ma ramure tu pourrais au moins me demander la permission. Rappelle toi qu'au royaume des hommes, je suis le symbole de la Justice, de l'Ordre, de la pérennité du Pouvoir, de la solidité et de la puissance !"
Ajoutant : "admire donc ma force !" pendant que ses branches s'agitaient.

-"Billevesées !" fit l'oiseau en ricanant, "c'est parce que mon poids est considérable que tes branches remuent autant !"

Bien entendu, les  deux se leurraient gravement : le souffle du vent était seul responsable du mouvement des branchages...

Nous autres, êtres humains, grâce à notre extrême clairvoyance, regardons, fort évidemment,  avec quelque condescendance, ces créatures primaires disposer de si peu de sens commun.

Il faut dire que notre chêne était tricentenaire et que, tempêtes après tourmentes, vermines après termites, ruissellements après pluies torrentielles, son existence ne semblait tenir que par quelques fragiles racines sans que quiconque s'en doutât.


Un sinistre jour de septembre, par un temps gris à faire pâlir une perle, un fort coup de vent  prit de plein fouet le feuillage de l'arbre altier. Ce fut, par un hasard extrême, le moment que choisit l'oiseau impertinent pour se poser sur sa branche.

La puissance du zéphyr entraîna un déséquilibre du tronc massif mais vermoulu et les dernières racines qui retenaient l'ancêtre feuillu rompirent. Le chêne s'étala de tout son long dans un fracas terrible. Il périt dans la minute suivante dans le silence recueilli de ses collègues atterrés.

Lors de la chute, l'oisillon s'était envolé, tout effrayé.

Il se percha sur la branche d'un sapin voisin et héla une mésange qui passait par là.

- "Hola, Madame la mésange ! Regardez ce chêne  insolent : en me posant sur une de ses branches, mon poids l'a tellement déséquilibré qu'il s'est écroulé sans coup férir !"
La mésange le dévisagea d'un air admiratif et énamouré et s'en alla conter ce superbe exploit à tous les hôtes de ces bois, jurant qu'elle reviendrait rapidement afin de lui accorder quelques faveurs...

Il n'en fallut pas davantage pour consacrer ce nouveau héros dans le cahier prestigieux des légendes de la forêt.

Ami(e)s, si vous remplacez le chêne par le système politico-économique, le vent et la vermine par les éléments extérieurs  plus ou moins induits par l'homme mais qu'il ne maîtrise nullement et enfin l'oiseau par le blogueur voire le journaliste, vous obtenez l'allégorie, la plus niaise, la plus kitsch et la plus puérile de la toile. 


À après !
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La photo de l'oiseau a été récupérée ici.