Affichage des articles dont le libellé est fable. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est fable. Afficher tous les articles

mercredi 27 avril 2016

La querelle des bovins. Partie 2

Pour les modalités préliminaires, prière de lire le billet précédent.

Lorsque Prouston, le bœuf blanc dominant aperçut dans le pré mitoyen les bœufs roux, son sang ne fit qu'un tour ! Son long meuglement mêlant colère et souffrance remua tous les tripoux du troupeau.

Si Prouston avait été un humain, on aurait pu comparer son influence à un académicien, un moraliste ou un journaliste du sérail. Devant ses ouailles hébétées, il lança un violent réquisitoire contre ces bovins roux qui venaient brouter l'herbe verte de nos belles prairies morvandelles destinée aux Charolais depuis la création de l'univers. 

- "Rentrez chez vous ! Ne comptez pas sur nous pour assister les pattes croisées à notre grand remplacement !" Éructa t-il en s'adressant au troupeau adverse un peu effrayé par l'accueil.

- "Mais, monsieur Rouston -sa langue ayant fourché malencontreusement- osa un bœuf malingre, il y a bien assez d'herbe pour tout le monde d'autant qu'elle pousse vite." Un bon coup de corne du vétéran  remit vite cet importun malpoli dans le rang.

un fier taureau roux

Et c'est ainsi que naquit la querelle des bovins qui jour après jour s'envenima au point que la situation devint vite invivable. Les deux troupeaux se scindèrent en de multiples clans et sous groupes d'une manière étrangement symétrique. Les partisans de la pureté charolaise se montraient si vindicatifs et si hargneux qu'il firent naître chez les rouquins, un mouvement semblable opposé à tout métissage et mélange avec tout bovin blanc.

Des groupes de vaches se déclarèrent opprimées par la masculinité des bœufs (ce qui fit rire tout le monde) , revendication qui parut fort cocasse aux taureaux parqués dans leur enclos forcés de pratiquer l'acte sexuel sur des leurres en plastique pour récolter leur semence. 

Des rouquines parlèrent du suprémacisme et des privilèges des bovins blancs qui gardaient pour eux les meilleurs carrés d'herbes. Ces mêmes ruminants blancs se plaignant d'un racialisme roux à leur égard. Les vachettes exigeant même une non mixité entre roux et blancs, entre vachettes et bœufs et même entre vachettes rousses et vachettes blanches.

Une logorrhée insupportable envahit certains esprits : on y parla de spécisme, de luttes des races, d'oppression, d'aliénation, d'appropriation culturelle, d'identité charolaise, de particularisme roux, d'intersectionnalité, de luttes civilisationnelles voire de guerre civile ! 

Pratiquement personne, dans l'anonymat du troupeau ne comprenait le sens de ce jargon mais chacun retenait ce côté clivant et destructeur vis à vis de la communauté voisine.

La situation devenait d'autant plus inextricable que les bipèdes avaient ôté la clôture ! 

Une majorité de bovidés de toutes couleurs vivait toutefois en paix avec une certaine cohésion, sans animosité mais subissait les séquelles de ces luttes de pouvoir de clans auxquelles les bovins n'étaient pas rompus ; ainsi la chienlit s'installa entre les deux troupeaux.

Une mère allaitante rousse et son nourrisson.

La fraternité, de mise au début, s'estompa graduellement et la méfiance s'installa progressivement chez tous les membres de la communauté...

Je remarquai toutefois des situations qui m'intriguèrent particulièrement : je ne doutai pas que nous étions le but ultime de l'univers mais l'attitude de ces petits bipèdes malingres et vicieux -les hommes- me sembla suspecte. 
N'étions nous pas manipulés à des fins inavouables par ces sortes de monstres simiesques ?
Quels étaient leur but ? Ne se servaient-ils pas de ces situations troubles pour assouvir leurs ambitions ? Les gens qui s'occupaient des Limousines et ceux qui se chargeaient des Charolais semblaient rivaux...
N'étions nous pas devenus, au travers de nos vaines querelles, les instruments de leur lutte de pouvoir ?

Le lendemain de ma révélation, on me conduisit dans un camion avec une vingtaine de mes collègues roux et blancs vers un lieu que les petits hommes appelaient "abattoir". Quand je rentrai dans ce bâtiment où flottait une odeur âcre de sang et où des meuglement déchirants assourdissaient mes oreilles, je compris, trop tard, que notre vanité avait conduit notre espèce à se prendre pour la reine du monde alors que nous n'étions simplement que les jouets des ces bipèdes manipulateurs sans foi ni loi.

Vu le bide retentissant du premier épisode, j'ai dû prendre mon courage à deux mains pour publier cette suite particulièrement niaise...
.

lundi 4 avril 2016

Les mémoires d'un bœuf. Partie 1.

.
Avertissement : toute ressemblance avec un bovidé, un animal à cornes encore vivant ou un quelconque steak frais voire congelé existant ne saurait être attribuée qu'à de hasardeuses circonstances.


Chers bovins,

J'ignore par quel hasard malicieux ce texte vous parvient mais j'ai tenu, au cours de ma brève existence, à témoigner de la vie délicieuse d'un bœuf, roi du monde et ultime but de l'univers.

Je m'appelle Hannibal, je suis un beau et plantureux bœuf de race charolaise, natif du Morvan où se situent mes pâturages ensemencés d'herbe grasse et goûteuse.

Ma mère Clarabelle, une belle et solide compétitrice médaillée dans une grande ferme située à Paris, Porte de Versailles, me mit au monde à partir d'une goutte de semence du terrible Attila, 1457 kg, qui se révèle être mon géniteur.

Le plus costaud des papas.
 J'eus une enfance heureuse et ludique, je ne fus jamais à court de nourriture, à base de bon lait et de foin savoureux, servie par de drôles de petits bipèdes agités et bruyants. Ma mère m'ayant expliqué que la nature, dans son incroyable génie avait créé autour de notre espèce, un monde entièrement dévolu à notre race illustre. Le soleil se levait afin que nous ayons chaud, la pluie faisait pousser l'herbe qui croissait et se multipliait pour nous nourrir et ces bipèdes ridicules qu'on appelait "hommes" se mettaient à notre service pour la prospérité et la gloire de notre race.

Notre société vivait dans un ordre parfait avec ses classes hiérarchiques basées sur la puissance physique ; le veau représentait le bas de l'échelle avec des sous catégories dépendant du résultat  d'incessants combats singuliers. Rappelons à toute fins utiles qu'un troupeau de bovins est en constante évolution hiérarchique selon la force et l'agressivité développées par chacune et chacun d'entre nous ; l'accès aux endroits préférentiels où l'herbe est plus verte en dépend.  Les taureaux représentant l'aristocratie de l'espèce reine du cosmos.

Vers 13 mois, on m’emmena dans une sorte de lieu cultuel pour me castrer. C'était un rite initiatique qui marquait solennellement au sein de notre espèce le passage du statut d'enfant à celui d'adulte. Malgré une brûlure assez vive je revins au pré, fier comme un veau d'or. Quelques taurillons moqueurs et mauvais esprits transformèrent mon nom Hannibal en Annie en ricanant comme de vulgaires vachettes d'arènes. Le détachement hautain que j'observai les dégoûta rapidement d'autant que je commençai à glaner ça et là des médailles avec des panoplies de rubans multicolores !

À tel point que nos domestiques bipèdes ne cessaient de frapper stupidement la paume de leurs pattes maladroites, affreusement dépourvues de sabots. Ces êtres malhabiles faisaient vraiment partie d'une espèce inférieure juste bonne à nous obéir servilement. Je me demande encore comment la Nature pouvait fabriquer des créatures aussi niaises et laides... Sinon comme instrument adapté à la perpétuation de notre civilisation solaire incontestable.


Maman, je t'aime !

Paître, se repaître, mastiquer et ruminer, péter, pisser et déféquer, se mesurer à son alter égo ; tout le reste n'étant que futilités. L'hiver, les créatures bipèdes nous emmenaient dans des hangars chauffés et ne cessaient de nous servir du bon foin bien sec et quelques gourmandises bienvenues.

Dans ce monde merveilleux certains tenaient toutefois à se singulariser comme ce taureau de réforme Prouston (qu'on appelait Roustons en cachette) qui passait des heures à se mirer dans la mare de notre pré. Cette vieille carne considérait chacune de ses bouses comme une grandiose œuvre d'art et comble du ridicule, il se trouvait dans le troupeau des amateurs pervers pour les admirer !

Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes : les esclaves humains à notre dévotion, une vie nonchalante  à se régaler, le soleil, les oiseaux espiègles, la pluie bienfaisante, des herbes luxuriantes, une existence sans soubresauts, de la nourriture à foison... Que demander de plus ? 

Ce paradis sur terre prouvait incontestablement que nous étions les maîtres de la création puisque tous nos besoins étaient assouvis !

Quand un évènement inopiné survint un fameux jour du mois de mai. 

Alors que nos domestiques simiesques nous accompagnaient, nous nous aperçûmes avec surprise au détour du chemin, que le pré voisin était occupé par des bovins -aucun doute là dessus- roux. Ayant fréquenté la grande ferme du salon de Versailles, je reconnus immédiatement des Limousines.

C'est à se moment que tout bascula...


La suite de cette parabole sur l'ethnocentrisme dans trois ou quatre jours. 
Uniquement si vous avez aimé le premier chapitre. Autrement, à la prochaine !
.

vendredi 20 juin 2014

Le vol du marteau.

.
Un marteau se prélassait au coin d'une table de jardin, attendant d'accomplir la tâche un peu répétitive pour laquelle il avait été conçu....

Un bourdon qui passait par là ne put s'empêcher de railler ce grossier outil : 

- "pauvre objet", ricana le bourdon, 
- "admire donc la grâce lourde de mon vol et écoute ce merveilleux bourdonnement émis par mes divines ailes !"

Piqué au vif, le martel manqua de s'étrangler de fureur comme seuls les marteaux énervés savent le faire !



- "Cuistre !" répliqua t-il, gardant toutefois sa retenue élémentaire de marteau, 

- "je vais te montrer que je sais aussi bien voler que toi, bourdon scrofuleux !"
- "J'aimerais bien voir ça !" fit l'insolent bourdon en se mettant en vol stationnaire et en changeant de direction toutes les trois secondes au dessus de l'outil pour montrer son arrogante dextérité aérienne et se moquer ainsi de la ridicule inertie de la massette.

Le bourdon partit déguster quelques sucs florifères pour se rafraîchir la panse montrant la supériorité éclatante de la vie et de l'agitation sur la matière inanimée.

Le propriétaire du marteau, revenant avec quelques longs clous se saisit du marteau et commença par clouer quelques planches.

Ce fut le moment que choisit le rusé outil pour se contorsionner si subtilement que l'ouvrier frappa violemment un de ses doigts.

Sous la douleur, l'homme hurla et de colère, balança le marteau contre un tronc d'arbre où malencontreusement le bourdon jouisseur contait fleurette à une guêpe dont la taille excitait toutes les convoitises des mâles concupiscents.
.
Le marteau, lancé  violemment écrasa le  prétentieux bourdon et la guêpe trop coquette qui, odieuse pécheresse commençait à se faire coupablement lutiner.  Il ne put s'empêcher d'éclater d'un rire cristallin lorsqu'il retomba avec lourdeur sur le bourdon fracassé, enlacé à la guêpe lascive mais morte.




- "Tu vois, lança l'outil à sa victime, moi aussi je vole !" 

Le bourdon emporta ces dernières paroles au paradis ou en enfer des bourdons. Cependant, comme les insectes ont quelque avance métaphysique sur l'homme, il y a fort à parier qu'ils ne croient plus à ces sornettes de divinités, d'enfer ou de paradis depuis longtemps

Voilà. Ma fable est terminée : elle n'a ni sens, ni conclusion ni morale. Elle me ressemble. On pourrait presque dire qu'elle a des points communs avec la vie politique actuelle.

Essayez avec une faucille et un libéral mais dans ce cas de figure, cet apologue tronqué risque d'être moins poétique mais plus sanguinaire.

OUI, vous êtes bien sur un blog politique ! Inutile donc de vous  mettre martel en tête.
.
Je vous souhaite un excellent été.
.
.

vendredi 7 février 2014

Une fable animalière cynique et complètement absurde pour détendre l'atmosphère du week end.

.
Tandis que je picorai quelques rares vermisseaux sur un sol spongieux, je fus dérangé par cet intrus de canard, qui outre son impolitesse, trouva le moyen d'envahir sans vergogne mon garde-manger.




Moineau sans défense, misérable volatile considéré comme le plus faible de la gent aviaire, je fus bien obligé, sous peine de prendre une correction, de m'esquiver.

- "Nous sommes du même bord", lui dis-je en ronchonnant, "nous ferions mieux de nous allier et de partager  plutôt que de nous battre !" ajoutai-je avec aigreur.

- "Dégage microbe !" fit le vilain canard au bec si grotesque et à la voix ridicule.

Je me perchai sur la branche la plus haute d'un arbre pour assister avec le masochisme et le fatalisme  traditionnel  de l'oiseau dominé, au repas du glouton.

Du haut de mon perchoir, j'aperçus soudain arriver en se dandinant un héron qui, sans le moindre avertissement donna un violent coup de bec au canard qui sous la surprise et la douleur fila se réfugier sous l'arbre que j'occupai.

Comme tous les perdants et les battus, le canard ne put s'empêcher de contempler le grand oiseau faire bombance grâce à son long bec qui fouillait le sol profondément pour atteindre des lombrics colossaux.

-" Nous voilà bien avancés !", apostrophai-je le canard félon.

Ce dernier cancana stupidement comme tous ces stupides pieds palmés.

Tandis Que le héron se régalait, j'aperçus au lointain, une silhouette haut-perchée. Je reconnus instantanément François, la cigogne replète. Majestueux, il avançait, car il s'agissait d'un mâle, à pas lents avec ses longues pattes déliées et sa posture un peu raide pour paraître royal.
François n'eut pas besoin d'user d'intimidation pour faire fuir le héron tant sa position au sein de l'espèce plumassière ne souffrait que peu de contestation.

Le héron, vint se placer au pied de mon arbre, aux côtés du canard. Comme tous les vaincus, il ne pouvait se garder d'une certaine admiration pour celui qui tenait le haut du pavé. Je jubilai de voir tous ces anciens puissants trembler devant le maître du jour. 

François claqua bruyamment du bec et goba deux ou trois crapauds comme amuse-gueules devant une assistance à la fois jalouse, médusée, haineuse mais néanmoins admirative car la vision de près du pouvoir rend particulièrement con et soumis  tous les courtisans et émerveille le manant simplet...

François plastronnait, lui qui se pensait le phénix du bois et du marais, ne vit pas venir ce que mon instinct de survie, particulièrement développé chez les plus fragiles, avait senti avant tout le monde : un éclair roux que j'avais identifié comme un renard particulièrement affuté.

Méchant comme la peste, jaloux comme un tigre des Carpathes, comme tous les êtres malingres, telle une proie inlassablement pourchassée, je me régalai d'avance du malheur des plus puissants. Je trouvais qu'une certaine morale naturelle, une justice immanente favorisait non pas les plus forts mais les plus malins.

Je m'abstins bien de prévenir François, jouissant d'avance de voir celui qui se prenait pour un roi finir comme un vulgaire chapon de Bresse. Je ne vous raconte pas la suite tant la couleur rouge éclaboussa Goupil et ce qui restait de François.
L'assistance finit, dans une impudeur qui frisa l'indécence, par applaudir le spectacle à tout rompre. Comme quoi, lorsqu'on encaisse quotidiennement des humiliations, l'autorité n'a rien à attendre des oiseaux aigris, mécontents et considérés comme des moins que rien.

La morale de cette histoire : François aura appris à ses dépens qu'un petit moineau, aurait pu le sauver, s'il n'avait pas autant ressenti de mépris à son égard.

J'espère que ce petit conte, écrit d'un seul jet vous aura plu.

Poil au .... 
.
.

PS:: Selon la formule consacrée, toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence.

mercredi 27 mars 2013

Le loup et l'antisémite. Ésope revisité.

.
Les aminches,

Ce pastiche est dédié à tous ces vains éditocrates qui hurlent sans cesse, à tort et à travers, souvent pour rien, au délit d'antisémitisme.
.
Et notamment à monsieur Jean Quatremer, connaisseur hors pair de l'union Européenne mais propagandiste insupportable d'un système libéral moribond, monsieur Jean-Michel Aphatie, spécialiste en rien et donneur de leçons tous azimuts, monsieur Bruno Roger-Petit, excellent chroniqueur de football et tous les petits hobereaux du paysage audiovisuel français qui nous distillent savamment ce que nous devons penser.

On pourrait rappeler à tous ces braves journalistes que s'ils veulent passer au concret, les portes de l'action politique leurs sont ouvertes.

Qu'on rigole un bon coup.

On ne leur demande qu'une chose : informer les citoyens en faisant fi de leurs opinions dont tout un chacun se fiche éperdument. 



Voici la fable d’Ésope, "le garçon qui criait au loup" (un fabuliste grec de l'antiquité dont Jean de La Fontaine a pompé les idées s'est largement inspiré),  modifiée par mes soins.
J'ai changé le terme "loup" par antisémite et le mot "garçon" par  journalistes.
.
 J'implore toutefois votre mansuétude pour les maladresses dues à une adaptation ultra rapide.




Les Journalistes qui criaient à l'antisémitisme 

.

Il y avait dans notre belle France, des journalistes dont le rôle était d'informer les citoyens. Un jour, on chargea les journalistes de rendre compte de la vie politique du pays car il y avait des risques de dérapages dans la société française .
« S'il y a un antisémite, nous vous alerterons dirent les informateurs.

— Oui, chers citoyens, vous pouvez compter sur nous ! » leur assurèrent les journalistes.
Les citoyens leur firent confiance et les journalistes partirent au rapport. Tout semblait bien aller, lorsque soudain, les citoyens entendirent une clameur provenant des médias. C'était un journaliste qui criait qu'un antisémite, Jean Luc Mélenchon, en l'occurence était sorti du bois pour distiller une idéologie nauséabonde ! 
Saisissant tout ce qui leur était à portée des mains, les citoyens se hâtèrent au secours du journaliste et de ses acolytes. Cependant, lorsqu'ils arrivèrent, ils furent surpris de voir qu'il n'y avait aucun antisémite en vue. Il se mirent donc à la recherche du renégat. Alors qu'ils parcouraient les médias, tout à coup le journaliste éclata de rire et s'excusa, prétextant un erreur de dépêche AFP.
« Vous n'y trouverez aucun antisémite, dit-il encore en ricanant, car il n'y a jamais eu d'antisémite !
 
— Comment ça ! Pas d'antisémite ? s'exclamèrent les citoyens, n'en croyant pas leurs oreilles.

— Mais non ! Ce n'était qu'une bonne ruse, à laquelle, je souligne, vous vous êtes faites complètement avoir ! Mais je me suis excusé, cela doit suffire, non ? »
Naturellement, les spectateurs, furieux, grommelèrent contre les journalistes, les avertissant qu'à l'avenir il faudrait qu'ils agissent de façon plus responsable. Sur ce, les citoyens vaquèrent à leurs propres occupations, de fort mauvaise humeur.
Le lendemain, les journalistes commentaient de nouveau dans leurs médias. Vers midi, les tweetos entendirent des cris d'orfraie. C'était encore des chroniqueurs hurlant que cette fois-là, il y avait réellement un antisémite  s'apprêtant à diffuser ses horreurs. Malgré leur méfiance, les Internautes allèrent voir. Comme avant,  ils ne trouvèrent que le reporter se tortillant de rire tout en s'excusant.
Les journalistes avaient tellement pris goût à cet acte d'espièglerie qu'il leur vint à l'idée de le refaire quotidiennement. Bien qu'ils ne changèrent rien à leur manœuvre, les pauvres citoyens se faisaient prendre à chaque fois. Ils eurent beau les avertir maintes fois, les rédacteurs n'écoutaient toujours pas et n'en finissaient plus de s'excuser et d'alerter l'opinion sur quelque manifestation suspecte.
Un jour,alors qu'un journaliste enquêtait sur un parti de gauche qu'il haïssait. Tandis qu'il songeait au plaisir qu'il avait eu aux dépens des citoyens par ses appels sans fin, passés à stigmatiser et de traiter tous les gens qui leur déplaisaient de judéophobes , une bande de vrais antisémites, sortes de nazis déguisés en démocrates surgirent du bois. Ils étaient de toute évidence animés des pires arrières pensées car ils fixaient d'un regard avide le pouvoir.
Voyant les antisémites arriver, les journalistes, pris d'une panique sèche, se mirent à crier si fort qu'il firent fuir les oiseaux des arbres. Cependant, personne ne les crut. Ils eurent beau alerter de toutes leurs  forces l'opinion, les citoyens méfiants, lassés et fatigués de s'être faits avoir par les éditorialistes, avaient fermement décidé de faire la sourde oreille. « Ce ne sera qu'une fausse alarme, comme d'habitude. Il n'y a pas d'antisémites ! »
Ce jour-là, les activistes du fascisme antisémite  firent bombance. Sous couvert d'élections démocratiques et sous le regard impuissant des journalistes, ils réalisèrent un score diabolique leur permettant d'arriver au pouvoir par les voies légales.
Qui une fois ment, personne ne croit,
Bien qu'il dise vrai parfois.
.

Alors mesdames et messieurs les  hiérarques, tâchez de méditer cette fable antique et espérons qu'elle vous inspire un peu de mesure...
.
Mon dernier avertissement était une blague, bien entendu, vu la faiblesse, et la micro-influence de ce blog !
.
.

jeudi 10 janvier 2013

Illustration de l'œcuménisme triomphant face au scandaleux mariage pour tous. Opinions de barjots rigides et réacs...

.
Il faisait sombre.

Dimanche soir, en rentrant à la maison, exténué par une longue journée de travail au marché suivie d'une invitation pour un anniversaire, je rangeai mon matériel avec lassitude quand j'entrevis un groupe qui me parut d'entrée fort bizarre.
Un moine tenant par la main, deux angelots avec leurs ailes, un type qui ressemblait étrangement à Ben Laden, une sorte de caricature de Rabbi Jacob et un individu en cuir, style punk nazi...


Soit. 

J'avais un peu bu durant ce repas d'anniversaire mais pas au point de ressentir de telles hallucinations !

- "Bonjour Cui cui, me dit le moine en robe de bure ! Bien bossé ?"

Je reconnus aussitôt un de mes voisins, Charles-Henri, puis mes autres riverains sous des accoutrements intégristes, Hassan en musulman et David en juif ; Kévin en punk me surprit moins.

- "Que se passe t-il, fis-je railleur, vous vous rendez à un bal costumé ?" Puis m'adressant à Charles-Henri, je lui glissai, pervers, "Je trouve qu'un moine accompagné par deux angelots pourrait prêter à confusion par les temps qui courent..."

Personne ne rit à ma vanne de 3ème catégorie.

Hassan, avec sa djellaba et sa fausse barbe blanche - il ressemblait d'ailleurs davantage à un père Noël qu'a un moujahedin - me répondit, d'un air pincé, "Non, nous préparons la manifestation du 13 janvier contre le mariage pour tous et nous tenons à démontrer la communion de pensée de nos religions pour préserver les liens sacrés du mariage contre les perversions homosexuelles !"

- "Vive l'union entre les croyants et l'œcuménisme entre les fidèles de bonne volonté !" lança Charles-Henri.

Bigre. 

La manière dont Hassan avait prononcé sa phrase m'avait ébranlé. Charles-Henri surenchérit : "Oui nous en avons assez de la libéralisation de cette gauche laxiste :  un papa, une maman, il ne faut pas mentir aux enfants, halte à la chienlit communiste !"
- "Parfaitement !" ajouta David, "Dieu nous a chargé de maintenir les traditions et les religions sont les béquilles d'une humanité en déliquescence !

Il fallut que Kévin, fan du front national et de son égérie, Marine Le Pen, ajoute mal à propos, son grain de sel : "La France doit, à travers les liens du mariage entre un homme et une femme, générer des milliers d'enfants pour résister à l'invasion de ces hordes d'étranger qui viennent égorger nos fils et nos compagnes ! La France aux Français, les pédés, dehors !"

Je sentis Hassan tiquer. Je lui déclarai, avec la perfidie qui me caractérise, "Tu sais, je me demande si Kévin te considère bien comme un Français..."

- "Ce nazi sioniste" répliqua Hassan
- "Comment ça sioniste ? Tu as quoi contre les sionistes, terroriste ! s'emporta David en tentant d'agripper Hassan.
- "Du calme, mes frères, tenta Charles-Henri qui s'en prit une en pleine poire alors qu'il tentait de séparer les belligérants  !
- "SS, bougnoule, grenouille de bénitier, antisémite, kapo, vas te lamenter sur ton mur, mécréant, gargouille de sacristie !" proférèrent sans être exhaustif nos chers futurs manifestants. Les enfants pleuraient à chaudes larmes et l’échauffourée atteignait des sommets.

Je les laissai s’étriper, satisfait du devoir accompli... L'œcuménisme triomphant montrait certaines lacunes.

L'union contre un ennemi commun est loin  d'être constructive, ricanai-je en me rappelant le combat commun contre Sarkozy et les déchirures actuelles de la gauche...

Les bigots, les réactionnaires, les extrémistes, les nationalistes ; tous unis sous l'étendard de l'opposition au mariage pour tous qui ne concernera d'ailleurs presque personne ; poursuivent des objectifs si différents que leur manifestation, quelque soit son importance, ne servira pas à grand chose sinon montrer au monde qu'une frange de la  France réactionnaire a, encore et toujours, beaucoup de mal à franchir le siècle des lumières.

Ami(e)s, réactionnaires ou progressistes, j'espère vous avoir complètement agacé ou légèrement diverti.

N'étant pas journaliste et le revendiquant haut et fort, je n'ai guère d'autre but que de tenter, bien humblement, de faire réfléchir en distrayant les onze lectrices et lecteurs qui, à l'occasion, me font l'honneur de fréquenter ce blog indigne et lubrique.

PS : Toutes mes félicitations à la passionaria Frigide Barjot, qui, en tant que modèle exemplaire de pureté, a réussi l'exploit de se placer en tête du plus bel aréopage de calotins de l'année. Après la fête, les manifestants pourront toujours se faire dédicacer l'enregistrement de "Fais moi l'amour avec deux doigts" ou bien le dernier ouvrage opportunément sorti ces derniers jours, "Touche pas à mon sexe ! Contre le mariage gay".

On est catho pure et dure mais on n'en est pas moins une femme d'affaires avisée profitant avec roublardise d'une notoriété imprévisible qui vous tombe des doigts de Dieu encore humides , sachant en tout bien tout honneur, que par ailleurs, les voies du Seigneur sont impénétrables, palsambleu ! 
.

samedi 3 septembre 2011

V'la le bon temps, v'la le joli vent... Conte épouvantablement antisocial.

.

L'autre jour, alors que je cheminais, je rencontrai une sauterelle.

- "Hola, jolie sauterelle que fais-tu en ces contrées ?" lui demandai-je gaiement !
- "Je saute, je saute, je me nourris de quelques tendres et croquantes feuilles vertes et je saute... Là est mon destin et ma joie de vivre."
- "Fort bien ! La vie est bien faite d'autant que tu représentes pour moi un repas plantureux." fis-je après l'avoir gloutonnement gobée !


Lors de mes promenades, j'eus le privilège de tomber sur un ver de terre bien potelé.

- "Hola, joli lombric où vas-tu en ondoyant ainsi ?"
- "Je rampe, je rampe, je me nourris de quelques champignons microscopiques accompagnés de pourriture organique et je rampe... Là est mon destin et ma joie de vivre."
- "Fort bien ! La vie est bien faite, d'autant que j'ai faim et que tu sembles dodu à point." m'exclamai-je en avalant goulument ce gras compagnon !


Lors de mes déambulations,  je croisai une coccinelle particulièrement galbée.

- "Hola, jolie bête à bon dieu où vas-tu ainsi en paradant avec tes élytres si chaudement colorées ?"
-"je vole, je vole, je montre à la terre ma beauté insolente et je vole... Là est mon destin et ma joie de vivre."
- "Fort bien ! La vie est bien faite d'autant que tu me parais succulente." lançai-je en la dégustant avec toute la considération due à un met de choix !


Au hasard de mes pérégrinations, j'eus la surprise de me retrouver bec à nez avec le président Sarkozy.

- "Hola , joli oiseau, n'est ce point toi qui rédige de si méchants billets de blog à mon encontre ?"
- "Tu craches, tu éructes, tu joues à l'impertinent, tu fanfaronnes et tu baves... Là est ton sinistre destin et ton mal-être." commenta t-il, amer.
- "Fort bien ! La vie est bien faite d'autant qu'il y a bien longtemps que je n'ai pas dégusté une pizza aux linottes !" dit-il en me jetant vif dans un de ses deux fours à pizzas à 75.000 €, spécialement installés dans son avion Air Force Sarko one à 260.000.000 d'€.

De ce conte enfantin voire puéril, je ne tire aucune morale. Je laisse à l'appréciation de chacun le soin d'en créer une selon ses opinions politiques...

À après.

.