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samedi 14 janvier 2012

Consanguinité, copinage et réseaux : les 3 plaies de la société française. Rediffusion.

Cet ancien billet faisant l'objet d'une activité souterraine dont j'ignore la raison, je me suis permis de le rediffuser, d'autant que ce week end, je ne dispose pas de temps libre. Mille pardons pour ma paresse.


Mesdames et Messieurs,

Le fils du journaliste Robert Namias, ancien directeur de l'information de TF1 et partisan de Nicolas Sarkozy, Fabien Namias a pris en charge les services politiques et économiques de France 2.
.


S'il est un spectacle qui me révulse particulièrement dans ce pays où nos élites se plaisent à donner des leçons de savoir-vivre démocratique aux peuples du monde entier  en général et aux citoyens ordinaires en particulier, c'est bien la façon dont se déroule, sous l'indifférence générale, les cooptations tranquilles des personnages décisifs de la société française.

Et ce dans tous les domaines : artistiques, médiatiques, intellectuels, politiques et économiques. Le copinage, les liens familiaux et les réseaux d'écoles ont créé dans le microcosme décisionnel hexagonal, une asphyxie qui se ressent jusque dans les couches moyennes de la société. Chacun comprend bien que l'horizon est bouché et qu'à moins d'un miracle, une personne terminera, quelle que soit sa compétence dans son milieu professionnel, au même niveau hiérarchique qu'elle y est rentrée.

Amis, vous pouvez jouir d'un talent d'enfer dans quelque spécialité que ce fût, vous pouvez travailler comme un monstre, chanter merveilleusement, danser comme un elfe,  écrire comme un Dieu, vous exprimer comme Démosthène, montrer des qualités inouïes, inutile de vous fatiguer, attendez quiètement votre retraite à 67 ans : si vous n'avez ni nom - à fortiori si vous portez un patronyme étranger - ni relations, bullez au maximum, sachez que vous n'avez quasiment presque aucune chance de réussir !
Visez donc !

M, fils de Chédid ; Dutronc, fils de Dutronc et de l'inéffable Hardy ; Arthur H, fils de Higelin ; Depardieu, fille de Depardieu ; Marie Lou Berry, fille de Balasko ; Laura Smet, fille de Halliday et Baye ; Charlotte Gainsbourg, fille de Gainsbourg ; Jugnot, fils de Jugnot ; Lou Doillon, fille de Birkin et Doillon ; Emma de Caunes, fille d'Antoine et petite fille de Georges ; Sardou, fils de Fernand  ; Brasseur, fils de Brasseur ; Cassel, fils de Cassel, Lambert Wilson, fils de Wilson ; Mathilde et Emmanuelle Seigner, filles et nièces de Seigner; David Halliday, fils de Halliday ; Delon, fils de Delon ; Bedos fils de Bedos ; De Caunes fille de De Caunes


Et j'en passe et des pires !

S'il fallait démontrer qu'en France, le talent était héréditaire, je n'agirais pas autrement !

Ajoutez dans ce pays figé où des empires financiers passent décennies après décennies d'un Lagardère à un autre Lagardère, d'un Dassault à un fils de Dassault, d'un Pinault à un fils Pinault, d'un Bolloré à un fils Bolloré, d'un Bouygues à un fils Bouygues, d'un Wendel à un descendant Ernest-Antoine Seillère, d'un Peugeot à un fils Peugeot ; d'un Leclerc à un Leclerc, tous ces gens formant des empires consanguins !


Et j'en passe et des pires !

Mixez pour la sinistre postérité d'une Nation sclérosée où une Marine Le Pen succède à un Jean-Marie ; Bachelot à un Narquin ; une Alliot-Marie à un Bernard Marie ; un Baudis à un Baudis ;  un Sarkozy à un Sarkozy ; une Aubry à un Delors ; une Chirac à un Chirac ; un Devedjian à un Devedjian ; une Kosziusko-Morizet à un Kosziusko-Morizet ; une Pécresse à un Dominique Roux ; un Debré à un Debré ; un Raffarin fils à un Raffarin père; une Voynet à une Voynet ; un Hollande à un Hollande; un Giscard à un Giscard ; un et une Mitterrand à un Mitterrand ; un Baroin à un Baroin ; une Panafieu à un Missoffe ; un Poniatowski à un Poniatowski ; d'un Guéant à un Guéant ; d'une Bové à un Bové


Et j'en passe et des pires !

Incorporez à tous ces noms, Glucksmann fils de Glucksmann, Justine, fille de Lévy, la coterie Poivre d'Arvor, le clan Castaldi, Leymergie père et fils, la smala des Drucker, l'amicale des Duhamel, le clan des Namias, sans oublier la clique des  copains pistonnés, réalisateurs et comédiens de Canal +, bénéficiaires de superbes budgets cinématographiques qui engagent du people pour faire un max de fric avec des films racoleurs ou sans intérêt. 


Sans omettre les fils et filles de hauts fonctionnaires qui sont pléthores dans les Grandes Écoles, Administrations diverses, postes clefs et qui forment nos Élites et  s'unissent par  les liens du mariage, sans oublier les progénitures de nos potentats  et autres notables locaux comme les Giaccobi et les Rocca Serra, pour ne citer que les Corses, députés et élus à vie depuis trois générations !

Sommes nous revenus aux privilèges du XVIIème siècle ?

Les problèmes actuels de cette France mitée, nation sclérosée qui sent si fort le renfermé et qui pue le moisi, ne se sont ils pas fondés en partie, sur l'inamovibilité des rentes de situation,  l'immobilisme conservateur  des élites qui souhaitent conserver leurs privilèges et sur la rigidité cadavérique d'un corps social démoralisé ?


Existe t-il une issue à ce blocage du système ?

Mais, me direz vous, dans notre belle Nation, République soit-disant fraternelle, prétendument égalitariste, et creuset supposé de la liberté, un cui cui,  fils de maman buse et de papa corbeau, neveu d'un obscur piou piou et père de personne  possède t-il la moindre chance de réussite ?

Le seul et dernier anonyme qui me semble avoir réussi à obtenir, en France, une certaine notoriété et une réussite affirmée sans aide familiale, sans piston, sans cooptation, sans relation, sans faire partie d'une  bourgeoisie relativement fortunée ou d'une élite oligarchique, ne serait il pas le soldat inconnu qui gît encore sous l'Arc de Triomphe ?


Et on nous parle d'ascenseur social et d'égalitarisme . Laissez moi rire !



Ami(e)s, que les lendemains du joli moi de mai 2012 vous soient doux et enchanteurs après un joyeux ménage de printemps ! À après.

mercredi 23 février 2011

Et si la diplomatie n'avait pas soutenu les révolutions arabes parce que les élites françaises détestent le peuple ? Clin d'œil.

Figurez vous, qu'il y a quelques temps, j'observais, narquois, les tribulations ridicules de nos politiques face aux révolutions arabes et de constater combien la méfiance était solidement ancrées dans toutes leurs réactions...

Révolution de 1848. Rue Soufflot. Horace Vernet.


Visiblement ces révoltes populaires les rendaient mal  à l'aise. J'irai même jusqu'à penser qu'elles les horrifiaient...

Tous nos beaux intellectuels, prompts à intervenir pour accuser tel mouvement supposé islamiste, tel génocide à condition qu'il rentrât dans leurs schémas idéologiques se taisaient.

Muets comme des carpes. Aphones comme des angineux.

Et ces politiques, issus du suffrage démocratique, ne  trouvez pas vous leur attitude suspecte ? Comment des élus du peuple osent t-ils  se sentir si lointain des opprimés et des peuples qui combattent le joug d'un dictateur ?

Honnêtement, ne vous êtes vous jamais posés cette question ? Pourquoi nos dirigeants rechignent-ils à se réjouir d'un mouvement de fond démocratique aussi enthousiasmant ?

Je vais vous le dire :  les élites françaises détestent le Peuple ! Au mieux, se méfient-elles de lui, au pire, le méprisent-elles.

On ressent indéniablement un divorce terrible et une incompréhension haineuse entre le peuple et ceux qui sont censés le conduire, quelque soit leurs appartenances politiques.

Depuis ce fameux référendum du TCE qui restera dans l'Histoire comme la rupture entre un Peuple et ses cadres, les dirigeants économiques, politiques, médiatiques et les intellectuels agréés du régime ne font plus confiance aux citoyens. L'élite est tellement persuadée que les citoyens ordinaires sont des cons ne voyant pas plus loin que le bout de leur nez, que toute révolution populaire, représente à ses yeux, un danger terrible. Tout ce qui est populaire lui inspirant un dégoût plus bourgeois qu'aristocratique.

Pour nos oligarques carriéristes, trop sûr de leurs valeurs de moins en moins républicaines, le Peuple, c'est le populisme, les bas instincts, les revendications sociales,  l'attrait du repli et  une vision à court terme.

Nous percevons avec clarté que la plupart des hiérarques se sentent bien davantage à l'aise dans les palais ou les villas du roi du Maroc que dans les cités du 9-3 ou du 9-5. Nous entrevoyons bien la trouble complicité qui règne entre les réseaux des dictateurs et les ministres influents. comblés de cadeaux. Nous comprenons à demi-mot, les influences morbides existantes entre les chefs d'états africains et les influenceurs français. Qui doute de la collusion économique incestueuse et de la corruption bilatérale  pratiquées entre les dictateurs et les grands chefs d'entreprises, eux-mêmes, étroitement liés aux politiques ?

Pour tous ces décideurs, les Peuples en révolution sont les empêcheurs de tourner en rond. Il risquent d'obliger nos décisionnaires  à réorganiser leurs réseaux si bien huilés, à éventuellement ré-acheter des responsables, à transiger, à renégocier les commissions et contrats, et ça, les pouvoirs économiques, financiers ou politiques n'aiment pas du tout !

Ne nous leurrons pas, amis lecteurs, pour ces gens là, un bon dictateur vaut mieux qu'un peuple féru de démocratie !

Un oligarque français se sentira toujours plus à l'aise avec son équivalent social, issu d'un régime dictatorial, qu'avec un de ses compatriotes modestes.

Il nous reste du pain sur la planche pour assainir un système vérolé jusqu'à la moelle.. Hélas, je doute qu'avec les principaux candidats qui se profilent à l'horizon 2012,  nous ayons quelque chance de changer un tant soit peu le système...

À après.