mercredi 2 janvier 2013

Blogueurs, twitter et magie noire. Une trilogie tonitruante teintée de sexe...

..
Ce texte largement réaménagé et actualisé a été rédigé et publié en 2010 dans une indifférence générale.


Allez hop ! Pour commencer l'année en fanfare, voici une parodie, supposée humoristique sur l'univers des blogueurs et des twittdos. 

Il est peu courant que la blogosphère se moque d'elle-même mais comme il est encore plus rare que le milieu journalistique le fasse à ses propres dépens, montrons que le recul, la dérision et l'autocritique ne se retrouvent pas forcément chez les professionnels médiatiques à la recherche d'une crédibilité de plus en plus contestée . Chacun, moi compris, pourra y retrouver une miette de ses fausses certitudes et de son ego plus ou moins dimensionné...

Toutefois je ne suis pas certain qu'elle fasse rire tout le monde, mon humour tombant trop souvent à plat.
 

 Voici le début d'une publicité imaginaire...


PUB

Blogueurs influents, grâce au e gri-gri en poils
d'éléphants synthétiques hypoallergéniques
du Grand Marabout Doudou Kouyabadiou,
perdez votre addiction aux classements des blogs, à la quantité de visiteurs ou à votre nombre d'abonnés twitter et profitez-en pour soulager votre souffrance morale !

Après de longues études dans la terrible jungle du Congo, le célèbre Mage Doudou Kouyabadiou, crypto-philosophe  sophrologue africain de réputation internationale,  a mis au point un e gri-gri adapté aux techniques modernes d'Internet. Cet illustre Docteur Honoris Causa de la Sort Bonne, rivière située à deux pas des mares aux crocodiles, diplomé d'Os Fort, le cimetière d'éléphants, initié aux pratiques de magie noire par la terrible sorcière Nadimorano, est de surcroît professeur émérite de la clairière aux gorilles d'Art Ward.
Il est le seul enchanteur diplômé à avoir dévoré cru le lobe frontal d'un ingénieur de Google, une gonade d'un pigeon libéral, le cervelet d'un trader de la City et un demi cerveau de vendeur de l'Applestore.
Toutes ces références intellectuelles pour souligner combien ses compétences dans les techniques d'Internet sont indiscutables !

Devant les insondables douleurs psychologiques suscitées par les bouleversements du classement Ebuzzing, notre agrégé en magie noire, a conçu dans l'urgence un discret e gri-gri tressé en forme de couronne que vous pourrez obtenir pour la modique somme de 14,95 €. 

 L'effet de ce porte bonheur est MAGIQUE ! En quelques jours, votre addiction  et vos tourments disparaîtront comme par miracle !
Lisez donc ces quelques témoignages édifiants !

SIM3.jpg

Voici au hasard, quelques réactions de clients forcément satisfaits sélectionnés par Maître Col Vert, huissier de justice.

De M. xxxxx à L : 

Ô Grand Gourou, je tiens à vous remercier d'avoir sauvé ma santé mentale. Fut un temps, Ebuzzing était devenu pour moi, un Dieu insatiable et exigeant : dès potron-minet, je vérifiais mon classement et contrôlais les liens entrants de mon blog. Chez moi, tout tournait en rond : mes liens, mes amis du Web, ma blogroll. Malgré tout je ressentais une félicité sans pareille car je figurais dans l'élite des classements du Web.
Ma famille était très fière de moi et dans mon entourage, on me prenait pour un grand influenceur politique : de fait, en regardant les journal de J.P Pernaud, sur TF1 et celui de David Pujadas sur France 2, je retrouvais pratiquement  les mêmes commentaires que mes  billets inspirés des dépêches AFP à peine modifiées et recopiées sur mon blog. 

J'ai d'ailleurs écrit aux deux rédactions pour leur faire connaître ma colère et ma désapprobation : indubitablement, Messieurs Pernaud et Pujadas se servaient de mon blog pour élaborer leurs journaux respectifs !
Léon, mon voisin, m'appelait "Monsieur" et les gens du quartier me surnommaient "le journaliste". Néanmoins, je restais toujours modeste, un petit sourire entendu au coin des lèvres, un peu à la manière de mes confrères Edwy Plenel et  Jean-Michel Aphatie...
Et puis, catastrophe ! Les visites se sont faites de plus en plus rares et les classement n'existaient plus.
J'ai sangloté toute la nuit. Sur les conseils de tous mes potes du Web, j'ai tweeté, Retweeté, rédigé 3 billets insignifiants par jour pour appeler toujours plus de tweets et de Re-tweets. 

Pour vous dire, Ô Mage, à la fin mes billets étaient constitués de 7 points d'interrogation, chacun dirigé vers le lien d'un influent. Les boutons "twitter" constellaient ma page d'accueil, et mes abonnés se comptaient par milliers

Avec le recul ma gorge se serre,  je sens sourdre le pathétique  de la situation, quel naufrage, mes amis !
Fatalement, j'ai craqué. Victime des quolibets de mes voisins, j'ai frôlé le suicide jusqu'à la découverte miraculeuse d'une de vos annonces.
Professeur Doudou Kouyabadiou : vous avez sauvé ma vie ! En commandant un  e gri-gri en poils d'éléphants synthétiques hypo-allergéniques pour le prix dérisoire de 14,95 €, non seulement j'ai commencé à rédiger des billets qui voulaient dire quelque chose, mais surtout, je me suis guéri à jamais d'une névrose obsessionnelle qui me conduisait à la folie. 

MERCI. MERCI. MERCI.

----------------------------------------------------------------
De Mme R de L :  

Récemment créatrice d'un blog politique, mon but se résumait à atteindre, quel qu'en fut le prix, LA notoriété voire une certaine célébrité.  
Je liais, je RE-liais, je RE-RE-liais, puis j'ai touitté, RE-touitté, RE-RE-touitté. Puis j'ai commenté, RE-commenté, RE-RE-commenté les blogs des influents. Enfin j'ai léché, RE-lécher, RE-RE-léché ce que la blogosphère comptait de célébrités.  Après le départ de mon mari j'ai flippé, RE-flippé,  RE-RE-flippé.
Depuis... LA RÉVÉLATION : Une nouvelle vie pour seulement 14,95 € grâce au puissant et vigoureux  Lutin KOUYABADIOU, vous trouvez ça cher, vous ?
Les classements et le nombre de visiteurs ? Désormais, je m'en tamponne complètement !
Je viens de créer un nouveau blog appelé "Violette, sexe et sociologie", il est spécialisé dans les techniques sexuelles. On y jouit, on s'y éclate comme les bêtes de la jungle et les jets de sperme maculent nos écrans. Des dizaines de milliers de visiteurs, ivres de plaisir,  viennent s'y vautrer. Comme quoi, audience et qualité peuvent coexister pour le plus grand bonheur de  Dame Culture. 

MERCI Ô GRAND MARABOUT !!!

----------------------------------------------------------------

De Monsieur V de P :
  
J'étais prêt à tout pour réussir dans le journalisme, ce cousin germain du bloguage... J'acceptais alors de rédiger quelques petits articles payés une misère dans quelques pure-players comme on dit dans le jargon. 
Les rédacteurs de la presse internet promettaient peu d'argent mais beaucoup de notoriété monnayable par la suite, disaient-ils. En fait il s'agissait d'un marché de dupes : quelqu'ait été votre talent, on n'a jusqu'ici,  jamais observé de blogueurs devenir professionnel de la presse. Ou si peu.
Sur Internet les chapelles foisonnent : les Rézo des copains, les blogs des leftblogs, du front de gauche, les identitaires, les lepénistes softs, les ultras gauchos de parade, les kiwis, les Vigilants, les bayrouistes, les sarkozistes copéiens, les fillonistes sarko-chiraquiens, les people, les journalistes, les blogueurs vedettes.

 Tous les débats restent horizontaux ,  people à people ou journalistes à people,  ou  blogueurs de droite entre eux, personne ne se mélange. Avez vous déjà vu des gens connus intervenir dans des blogs d'anonymes, vous ? Un, deux, Pas plus !
Il est presque impossible de faire cavalier seul dans cet espace sous peine de ne figurer dans aucune blogroll ou abonné twitter ! 

Le même texte signé par une célébrité ou un inconnu verra sa diffusion varier de 1 à 100 !

Qu'importe l'originalité, le talent, la découverte : la Toile est la préfiguration de la France communautariste de demain mais je me sentais infiniment en confiance dans cet enfermement car j’espérais parvenirr au sein de l'élite...
Le web est un réseau social, récitions-nous autrefois avec la plupart de mes collègues. 
Fichtre, social ? Grégaire plutôt. Internet est  un média prétendument social comme la fourmi est un insecte social : dans une fourmilière la hiérarchisation est la règle. Au fait, dites moi ? Qu'y a t-il de moins social que la hiérarchie et les flux à sens unique ?

Sur twitter, il est courant de trouver des comptes comptabilisant plus de 7000 abonnés pour n'en suivre qu'une centaine, considérés comme leurs égaux. Sont-il pour autant 70 fois plus intéressants que ceux qu'ils ne suivent pas ? Billevesées ! Quelle est leur valeur ajoutée ? Aucune ; juste un effet de mode.
  
En réalité les blogosphères et twittosphères sont à l'image de la France : une oligarchie librement consentie avec ses dominants et ses stars qui tirent avantage de leur supposée influence grâce à leurs réseaux ou leur notoriété et les autres qui suivent.
J'ai vécu une course à l’échalote insensée  : au tout début, je ne saurais décrire ma peur de perdre la confiance de mes amis journalistes et l'effroi de ruiner ma crédibilité de blogueur flirtant avec la presse pour une bouchée de pain. Sans mes pairs qu'allais-je devenir ? Par un heureux concours de circonstances, je suis tombé sur votre offre sensationnelle à 14,95 €, même pas le prix d'un repas ! Depuis cet achat, judicieux me voilà  devenu un blogueur lucide, émancipé  et sans entraves, détaché de l'obsession de cette réussite qui forçait à me prostituer pour quelques euros glanés ça et là et une notoriété bien illusoire et éphémère ! 

Je ne vous remercierai jamais assez, Ô Grandiloquent Druide de la savane.
----------------------------------------------------------------

De Monsieur vvvv de S : 
Je figurais parmi les blogueurs les plus influents de  droite à l'époque des Versac, Embruns, Diners'room et consorts. Après le tragique abandon de certains, j'avais construit une petite chapelle ardente dans laquelle trônaient, sur un autel spécialement conçu, les œuvres   extraites des blogs de mes maîtres.
Censeurs, hautains, inaccessibles , souvent méprisants avec les petits, aimables avec leurs alter ego, toujours à genoux devant les célébrités, ces influents finissaient par croire en leur importance. Naïvement, je pensais que je ne retrouverais jamais autant de qualités littéraires et de puissance intellectuelle. Aujourd'hui, lorsque je les relis, j'éclate de rire devant l'insipidité, le conformisme et la banalité de leurs propos.
Après un chagrin terrible et des années de dépression arrosées d'alcool et parfumées d'héroïne j'ai été tenté par ce joli et économique (14,95 €) e gri-gri . Figurez vous qu'aussitôt la couronne posée sur mon crâne, j'ai été pris par une fringale de liberté, je me suis converti à l'anarchie et ai créé un blog militant qui reçoit 30 visiteurs motivés par jour !  

Merci camarade KOUYABADIOU ! L'anarchie vaincra !

--------------------------------

Ami(e)s blogueuses et blogueurs, avez-vous  été convaincus ?

Notre e gri-gri est vendu dans toutes les bonnes pharmacies, c'est même à cela qu'on les reconnaîtra.

Ami(e)s, ennemi(e)s, indifférent(e)s, merci d'avoir parcouru avec indulgence ce trop long billet si ridicule qu'il m'est difficile de le relire. 

Je souhaite à chacune et chacun d'entre vous une année 2013 impériale, si par extraordinaire, un anarcho-gauchiste peut permettre de s'exprimer ainsi.

Enfin un dernier point : ne comptez pas sur moi, pour vous avouer quels personnages m'ont inspiré...
.
.

jeudi 27 décembre 2012

Une version du petit chaperon rouge pour adultes de gauche plus ou moins consentants.

.
Ami(e)s gauchistes, sociaux-démocrates et de tous bords .

Voici qui va réveiller vos consciences avachies.

  À l'orée de cette année 2013, dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas d'idéologie véritable, il  présentera toujours sa candidature sous des auspices semi-révolutionnaires, il sera donc élu, et il gouvernera selon des préceptes bien différents des promesses électorales qu'il a faites. Cet adversaire, c’est la gauche molle. Sous nos yeux, en 7 mois, la gauche molle a pris le contrôle du pays, de la société et même de nos vies. Il est toujours possible en une fraction de seconde de déplacer des sommes vertigineuses, de menacer des États, car nous autres socialistes, n'avons pas eu le courage de réformer en profondeur le système bancaire et la spéculation à la micro seconde .
Cette emprise est devenue un système dans lequel nous sommes empêtrés sans savoir que faire pour en sortir.*

Vous avez évidemment reconnu le fameux discours électoraliste, légèrement modifié par mes soins, prononcé au Bourget par notre candidat président (voir l'original en bas de page)... Quand on le relit, on ne peut s'empêcher de sourire sardoniquement.


Quand je regarde ma situation matérielle depuis un an, rien n'a changé... Toujours la même vie de galère, à jongler avec des revenus médiocres et stagnants mais des dépenses en permanente augmentation.

Quant à l'espoir d'une vie meilleure pour 2013. Je préfère n'en rien dire.

Cette social-démocratie molle, qui pour nous distraire, accouche de réformes de société sans grande portée ne concernant qu'une minorité, ne s'attaque pas vraiment à la finance qu'elle a pourtant défini comme son ennemie.

Décidément le socialisme moscovicien , avatar bas de gamme du socialisme strauss-kahnien gonflé à coups de communication payée par de grands groupes, est une engeance innommable. Ce socialisme de connivence ; avec les acteurs des marchés, les communicants, les banquiers, les grandes entreprises, la ploutocratie européenne, sous un masque vaguement social ; cache sa véritable nature : un conservatisme financier et structurel ainsi que la trouille prodigieuse de se mettre les grands frères européens ou occidentaux à dos.
Bref, le pouvoir socialiste se caractérise par un manque patent d'imagination qui rappelle les programmes politiques de droite aussi lamentables que destructeurs. Dans ce monde ouvert où fourmillent les intelligences et les idées, n'y aurait-il qu'une voie pour résoudre la crise ? Cette hypothèse parait évidemment absurde !

Les réformes sociétales que le PS lance ne sont qu'un rideau de fumée pour cacher, sinon son impuissance pour peu qu'il souhaite sincèrement de véritables réformes économiques, du moins une adaptation molle au monde capitaliste tel qu'il existe actuellement.

7 mois ont suffit pour comprendre que le grand discours du Bourget était un attrape nigaud, une sorte de piège à mouches gauchistes auquel quelques esprits simples ont cru. Pas moi.

Finalement, la grand-mère de Martine Aubry avait raison en déclarant que lorsque c'était flou, il y avait un loup. Les Français, innocentes victimes, naïfs petits chaperons rouges, ont invité le loup déguisé en gentil mou à partager leur pitance puis leur couche. Ils se sont endormis en toute confiance, se sont retournés puis... Dans la torpeur  douillette, l'irréparable outrage s'est produit dans la douleur et la consternation !
Les pauvres gens ne sont pas près de s'en remettre !



Mais après un épisode aussi traumatisant, revenons à des considérations plus décentes. 

Quel blogueur de gouvernement peut encore croire qu'on peut appliquer le socialisme dont ils rêvent avec des Ayrault, Moscovici, Cahuzac, Pellerin, Sapin et j'en passe de moins pires !

Amis socialistes ou sympathisants de gauche, il serait temps qu'au lieu de béer d'admiration devant ce réformisme mou ou de défendre des mesurettes dérisoires, vous vous réveillassiez avant de prendre 15 ans de bagne avec la droite forte...

Il n'est pas trop tard, vous valez bien mieux que ceux qui sont censés vous représenter... Et puis après tout, "qui aime bien châtie bien."

CQFD.

Bonnes fêtes de fin d'année.


* "Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. Sous nos yeux, en vingt ans, la finance a pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies. Désormais, il est possible en une fraction de seconde de déplacer des sommes d’argent vertigineuses, de menacer des Etats. Cette emprise est devenue un empire." 
François Hollande. extrait du discours du Bourget du 22 janvier 2011.


Cui cui fit l'oiseau toujours fidèle au poste.
.

lundi 24 décembre 2012

L'histoire rocambolesque d'un gauchiste repenti transformé en pigeon. Poil au Menthon de Sophie !

.
Amis gauchistes, salut à vous !

Figurez vous qu'il m'en est arrivé une bien belle !

 Accrochez vous aux rideaux car ce récit risque d'être long et scabreux... Âmes sensibles ou libérales, éloignez vous.

Un jour de repos, alors que j'écoutais une émission de radio, les "grandes gueules" sur RMC - de tendance masochiste il m'arrive effectivement de vouloir me faire du mal - où officiaient un agriculteur, éleveur caprin qui à force de côtoyer ses chèvres finissait par penser comme elles, un prêtre vaguement social-démocrate qui parlait avec une voix de curé pendant un prêche et l'inénarrable Sophie de Menthon, prêtresse  de la Foi libérale devant Sainte Thatcher, j'ai éprouvé une sorte de révélation mystique.



Certaines mauvaises langues que je n'approuve pas, et pour cause, vous verrez pourquoi plus tard, estiment que la vociférante Sophie de Menthon, avec sa voix de crécelle qui vous donne des envies de suicide ou de meurtre est une passionaria  hystéro-louftingue du monde patronal qui est aux salariés ce que les négriers furent aux esclaves.

D'aucuns insinuent que sa fibre sociale est à peu près équivalente à celle d'un Tyrannosaure Rex et qu'elle a délocalisé, comme tout bon patron français qui se respecte ses centres d'appel.

En sus, des critiques détestables arguent que quand elle prononce le mot "entrepreneur", elle en a plein la bouche au point qu'on aurait pu penser qu'elle avait sucé le mammouth étatique que le docte Claude Allègre désespérait de dégraisser depuis 20 ans.
Toutes ces méchancetés gratuites et ragots sans fondement sont proprement  écœurants et bien entendu, je les condamne avec la plus extrême fermeté !

Donc, cette chère Sophie, expliqua que tous les entrepreneurs, créateurs d'emplois de biens et de richesses, méritaient d'être défendus devant la vindicte populaire qui rappelait la sinistre période révolutionnaire trancheuse de talents... Elle n'oublia pas d'associer, dans son discours bien huilé, les grands patrons du CAC 40, les chefs d'entreprise de PME, les artisans, les commerçants, les autoentrepreneurs ainsi que les "geonpis"... Tous égaux, ils étaient la force vive du pays.

Elle procédait comme cette vieille droite bourgeoise, qui, pour défendre ses privilèges n'hésitait pas à agréger à de grands possédants milliardaires, les petits propriétaires d'une masure en préfabriqué... Bref, rien que de l'argument classique qui a fait ses preuves depuis des générations.

Et pourtant, amis, vous n'allez pas me croire, un homme averti en valant pourtant deux, je plongeai comme deux zombies des Carpathes.

L'enthousiasme naquit dans mon pauvre cerveau dénaturé par les germes pernicieux d'un gauchisme transcendantal semés depuis des lustres ! Je me sentis devenir le fils putatif de Gérard Depardieu et de Sophie de Menthon.

Un papa cupide, une maman libérale : mon rêve. Hériter de la beauté de mon père et de l'intelligence de ma mère. Que demander de plus pour cette année 2013 ?

Étais-je stupide ? Ma SARL miteuse, mon étal de 3 mètres sur les marchés pourris de la région parisienne, selon madame de Menthon, m'autorisaient à rivaliser avec Arnaud Lagardère, Bernard Arnault, Gerard Depardieu et autres Bernard Tapie.

Vous rendez vous compte, bande de nazebroques ? Afflelou, Dassault, Bouygues, Cuicui même combat ! Tous unis sous la même bannière de la France productive et libérale soumise à la férule de l'état et de ses charges sociales exorbitantes !

Qu'importe notre niveau de richesse respective, autoentrepreneurs "crève-la-faim" pour la plupart, les petits patrons même pas smicards, les banquiers opulents, les "Crésus" du Cac 40, sous la houlette de notre diva nous nous devions d'être tous solidaires ! Il en va de la sauvegarde de la liberté d'entreprendre, hurlait elle comme une sirène assourdissante.

N'est-elle pas géniale notre Sophie ? Si convaincante que des tas de femmes de ménages, camionneurs, petits retraités, émules de Sarkozy, plombiers salariés, commerciaux au pourcentage, tous cibles privilégiées de l'émission culte "Carrément Brunet" qui suit celle des GG  de téléphoner à la station pour trouver normal que le pauvre Depardieu s'exile fiscalement. Une multitude de petites gens qui vivant dans une certaine précarité, défendent des gens richissimes qui se foutent royalement de leurs situations. 
Ah ! L'idéologie...

J'ai pleuré de bonheur devant tant de bonté désintéressée.

La France est un pays formidable. Et tellement généreuse pour ses riches qui n'ont jamais assez d'argent pour investir, affirment-ils, le cœur sur la main ...


De fait, je me demande si je ne vais pas m'exiler en Belgique car vu mon chiffre d'affaires dérisoire qui ferait honte à un pigeon malade et déplumé, nonobstant des impôts conséquents dus malgré la faiblesse de mes recettes, je ne souhaite plus nourrir tous ces assistés, qui non seulement vivent à mes crochets mais en outre, veulent ma peau ! Avez vous remarqué comme désormais je maîtrise le langage "geonpi", les gueux ?

Quand on fait partie de l'élite économique et culturelle, on apprend vite à mépriser les salariés, condition sine qua non d'imposer le respect. "Sophie m'a sauver !" aurais-je pu écrire en lettres de sang sur la porte de mon taudis.

Je vais de ce pas appeler mes potes Afflelou et Depardieu afin qu'ils rancardent les pauvres entrepreneurs malmenés par des bandes organisées de marxistes ivres de de bruit, de fureur et de sang sur les destinations intéressantes.

Je ne vous salue pas, sales gauchos !

Sainte Sophie de Menthon, je vous en prie, bénissez moi et surtout n'oubliez pas de protéger tous nos entrepreneurs contre les tentacules socialistes de l'administration fiscale  !

Joyeux Noël à toutes et à tous.
.


mardi 18 décembre 2012

Quand God blesse la Paradisialandie... Ou la foire aux absurdités.

.
Ce petit récit pour enfants, sans prétention aucune, se veut une piètre réflexion par l'absurde sur le problème de la libre circulation des armes dans un merveilleux pays imaginaire nommé the United States of Paradisialand (USP).

Rien de plus.

Hypocritement, je certifie que  toute allusion ou référence à des évènements ayant existé ne serait que pure coïncidences et vues de l'esprit...


Il était une fois un beau pays démocratique où les libertés individuelles étaient célébrées avec faste et ostentation. Les habitants étaient tellement libres qu'ils avaient la possibilité de s'armer jusqu'aux dents pour défendre, qui sa propriété, qui sa liberté de penser, qui sa famille de tout envahisseur ou supposée personne menaçante.

Non, ce pays ne se situait pas en Corse, région française fustigée pour sa violence abjecte et aveugle. Ni au Moyen Orient, ni en Afghanistan, ni au Pakistan, ni en Syrie traités par les Paradisiaques comme des territoires peu matures . En réalité, vous vous trouviez dans ce que l'opinion mondiale considérait comme un des pays le plus civilisé du monde.

Enfin, c'est ce que déclaraient les médias, toujours aussi admiratifs de la la Paradisialandie.

Or, le NRA, puissant lobby des armes, organisme de salubrité publique de ce pays de cocagne défendait férocement ce droit à l'autodéfense, d'autant que de mauvaises idéologies comme le socialisme, le communisme, voire la social- démocratie rodaient tels des charognards pour dépecer ce brave peuple paradisiaque, défenseur du marché, du libéralisme économique et de la liberté dans le monde.

Plusieurs fois, des citoyens psychiquement dérangés de cette belle nation, pris d'un  coup de folie, armés comme des porte-avions exterminèrent dans des universités ou des écoles, sans véritable raison, des dizaines d'individus, enfants compris. Inutile de vous dire l'émotion du peuple et le bouleversement des familles. Qui n'éprouve un dégoût effrayant  devant l'horreur de ces crimes gratuits ?

Le président Abamo, représentant des Paradisiaques tenta bien de restreindre l'usage et la vente des armes pour éviter de tels bains de sang mais devant les protestations et les cris d'orfraie de son opposition républicaine, majoritaire à la chambre des représentants et arcboutée sur le 2ème amendement de la Constitution, il fit marche arrière.

Le NRA proposa intelligemment un compromis pour éviter les débordements : et si on armait chaque élève ? Ainsi, un fou voulant commettre un carnage serait abattu comme un chien par les étudiantss ! Cette mesure souleva l'enthousiasme des Paradisiaques.

On créa de petits holsters pour enfants et adolescents, décorés avec des personnages de Disney ou de jeux vidéos. Le constructeur Appeal fit fort avec son isonne 7 en intégrant un lanceur de projectiles empoisonné à son téléphone triple play !    On coloria même les pistolets avec des couleurs fluorescentes du plus bel effet ! Seul hiatus : les chérubins n'avaient droit qu'à des  pistolets 6 coups à barillet...

Au bout d'un an, un nouveau débat apparu, devant la mort des centaines d'enseignants abattus par des élèves déçus par leurs notes ou mécontents d'une remarque, les professeurs réclamèrent le droit à des armes plus efficaces pour répliquer. Le législateur leur donna l'autorisation de posséder un fusil d'assaut M16 placé le long de leur bureau. Les directeurs des écoles, hiérarchiquement supérieurs, réclamèrent aussitôt une arme encore plus puissante : ils obtinrent à leur grande satisfaction un lance-flamme.

Peu de temps après, une gigantesque catastrophe remua la Paradisialandie. Un enfant qui mâchait un chewing-gum, et sommé par son professeur de le recracher s'énerva, dégaina et fit feu sur l'enseignant. Il le rata. Un autre élève qui ne portait pas l'individu au chewing-gum dans son cœur tira sur celui-ci et s'ensuivit un échange mortel. Le professeur, très myope, répliqua en tirant quelque rafales au jugé.
Le proviseur entendant ces détonations arriva dans la classe et lança un bon jet de napalm grâce à son lance flammes. 

Entendant le vacarme, les professeurs des autres classes arrivèrent munis de leurs M16. Bref, à la fin de l'échange, il n'existait plus de campus et on compta 1787 morts, étrangement date de l'établissement de la Constitution et de son second amendement...

Le NRA, soutenu par Fox News et les membres du Tea Party, se plaignit de la myopie de certains enseignants et du lobby des chewing-gums responsables à leurs yeux d'un incident déplorable.

Devant une telle catastrophe, le président Abamo réclama une réforme profonde sur la vente libre des chewing-gums et un contrôle accru sur la bonne vue du corps enseignant. Les défenseurs du NRA réfutèrent par ailleurs  ses arguments sur la vente des armes en réclamant simplement que les professeurs soient remplacés par des GI's, secondés par 3 ou 4 chiens d'attaque, ces militaires ayant participé au moins à une guerre extérieure. En tout état de cause, une réforme d'envergure fut promulguée : la vente des gommes à mâcher sera réglementée.

Nul doute que ces mesures spectaculaires mettront fin à ces débordements qui minent cette fantastique civilisation des USP !

God bless Paradisialand, ses libertés individuelles, et son art de vivre !

Amis sincères, j'espère que ce joli petit conte vous aura agréablement diverti, en tout bien, tout honneur...

Et que vivent les blogs ! 

.

mercredi 3 octobre 2012

Toi aussi, crée ton "think tank" ultra libéral pour résoudre le probléme des logements sociaux !

.
Salut les gros loups, j'ai décidé, dans un délire dont je suis tristement coutumier, de me prendre pour Libéral 1er, roi du profit, empereur de la thune, duc de la rentabilité, comte du renard libéré dans le poulailler libre et adhérent provisoire à l'UMP, ce parti pourtant trop étatiste pour moi. J'attendrai patiemment que le FN veuille bien retourner à ses fondamentaux ultra-libéraux pour le rejoindre avec gourmandise.



Atlantico, le site des réacs sarkozystes se demandait avec sa finesse et sa délicatesse habituelle : "Et si pour résoudre la crise du logement, on supprimait tout simplement le logement social ?". On pourrait lui répondre, pas de problème, dans ce cas une solution plus simple, "supprimons la pauvreté, soit en exportant nos pauvres dans des pays où les salaires sont ridiculement bas soit en éradiquant la misère par des mesures économiques, mais ça, monsieur Libéral ne sait hélas pas faire !"



Récemment divers blogs ont alerté l'opinion sur les tentatives de certains députés de l'opposition de modifier par amendements la fameuse loi SRU sur le quota de 20% de logements sociaux obligatoires par commune.

le député Martial Saddler (UMP) déposa la proposition de décompter les lits d'hôpitaux, de prisons ou de gendarmerie dans les 20% de logements sociaux.


Aussi, fier de proposer des mesures encore plus cyniques, voici des idées destinées à remettre un peu de libéralisme dans ce monde de lapins angoras roses. Au diable l'humanité sirupeuse, dehors le socialisme égalitariste, adieu le collectivisme niveleur !



Place au libéralisme émancipateur, à la compétitivité virile, à la hiérarchie sociale, au respect des valeurs des élites ! À cheval, compagnons de l'aristocratie de l'argent, boutons ces gueux de gauche  à l'abri de notre regard et faisons en sorte qu'ils se terrent dans leurs ghettos insalubres !

Vivons pleinement notre réussite sociale et malheur aux ratés et aux minus, par Montjoie Sainte Thatcher !


Je propose donc en première mesure d'inclure dans les 20 % de logements sociaux, les cimetières. Quel endroit plus égalitaire que les nécropoles. Qui pourrait contester que nos anciens ne feraient pas partie de la communauté ?

Ensuite je suggère que les ponts sous lesquels vivent des individus soient placés sous la dénomination de "logements sociaux collectifs". Chaque logement délimité par des cloisons en carton serait comptabilisé et chacun devrait payer son écot au titre de la taxe d'habitation.
Je rappelle que nous autres libéraux, revendiquons ardemment que tout citoyen de ce pays, quelque soit son niveau social paye l'impôt pour comprendre que dans un pays capitaliste rien n'est gratuit ! Tout se paye, sacrebleu !



Il y a des grandes chances, dans ces conditions que la ville prestigieuse de Neuilly sur Seine  avec ses 2,5 % de HLM parvienne à se hisser, grâce à ses lits d'hôpitaux, places de prison, logements de fonction de la gendarmerie, crèches, cimetières et ponts, à un niveau de pourcentage plus gratifiant...

C'est ainsi que se termine ma brève contribution à la cause désespérée de nos libéraux hexagonaux dont les programmes politiques partent en quenouille aux yeux de l'opinion.

Nos fanatiques libéraux, sortes de stakhanovistes du libre marché, forcenés du capitalisme béat, grands inquisiteurs de l'argent roi et du tout payant sur Terre, Pierre Chappaz, Hashtable et l'Hérétique  peuvent se réjouir de compter parmi leurs ouailles des individus aussi créatifs que moi, crénom de Dieu !

Malgré ce renfort de poids, je crains que les Français n'aiment jamais le libéralisme pur : ce peuple, décidément, a trop de mal à comprendre que tout à un prix : trop rêveur, poète et égalitariste sûrement, et ça, monsieur Libéral n'aime pas du tout puisque son idéal à lui, c'est le fric, toujours le fric, rien que le fric !  
Et de cette valeur de l'argent, aucun auteur prestigieux n'a jamais pu en faire un poème...

 Si ce n'est pas la preuve absolue de  l'impasse et de la faillite  d'une idéologie...

À après, amis sincères.
.