Affichage des articles dont le libellé est irradiation. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est irradiation. Afficher tous les articles

mardi 14 juin 2011

Kamikaze à 22 ans en 1945. Sacrifié à 66 ans en 2011. Deux tragédies japonaises.

 La tragédie de Fukushima m'a inspiré une réflexion (?) sur l'étrange parallèle qu'on peut établir entre le fol esprit de sacrifice consenti par certains Japonais (les kamikaze) durant la seconde guerre mondiale et celui, en 2011, de retraités, volontaires pour intervenir dans la sinistre centrale nucléaire irradiée.
En lisant la lettre d'un jeune aviateur, prêt à se jeter sur les navires de la flotte américaine, j'ai imaginé le courrier presque identique d'un type de 66 ans, décidé, pour sa communauté, de sacrifier sa santé et même sa vie en 2011 pour les mêmes valeurs que son jeune prédécesseur dont il aurait pu être le petit frère.
Aucun jugement de ma part. Chacun pensant comme il le souhaite.
 
La dernière lettre aux parents
de Kiyoshi Ensign Ogawa
L’Enseigne Kiyoshi Ogawa est mort à 22 ans dans une attaque kamikaze contre le porte-avions Bunker Hill (CV-17)  le 11 mai 1945. Ce qui suit est une traduction imparfaite de sa dernière lettre émaillée de redites et d'imperfections de style [ 1 ]:

Père et Mère,

 Il a été décidé que moi aussi je devais partir en mission en tant que digne membre de l'unité spéciale Corps.  
Avec le recul, quand je pense que vous m'avez étreint dans vos bras pendant plus de vingt ans, je suis rempli de reconnaissance.
 Je crois vraiment que nul autre n'a vécu une vie plus heureuse que moi, et je suis résolu à rendre à l'empereur et à mon père toute leur gratitude.
  
Au-delà de ces nuages ​​de sable blanc, je ferai ma sortie avec un sentiment de calme.  
Nulles pensées de la vie et de la mort viennent à l'esprit. Une personne meurt une fois.
C'est un Honneur pour moi de périr pour la cause éternelle.
Père et Mère, s'il vous plaît soyez heureux pour moi.
Par-dessus tout, la mère, s'il vous plaît, prenez soin de votre santé. Je souhaite de la prospérité pour tous. Comme je serai au sanctuaire de Yasukuni, Père et Mère, je serai toujours vivant auprès de vous. 

Et de prier inlassablement pour votre bonheur.
Je vais sourire le jour de ma sortie et pour toujours.



La dernière lettre à la famille
de Katami Ogawa
L'ingénieur Katami Ogawa, 66 ans, est un ingénieur à la retraite de TEPCO qui a choisi de se sacrifier en intervenant dans la centrale de Fukushima pour continuer le sale boulot . Ce qui suit est une traduction imparfaite de sa dernière lettre.

  Ma chère femme, mes chers enfants

 J'ai décidé que moi aussi je devais partir en mission en tant que digne membre des anciens ingénieurs de TEPCO. Avec le recul, quand je pense que je vous ai étreint dans mes bras pendant plus de quarante ans, je suis rempli de reconnaissance.
 Je crois vraiment que nul autre n'a vécu une vie plus heureuse que moi, et je suis résolu à rendre à l'empereur, à mes descendants et compatriotes toute leur gratitude.
  
Au-delà des dangers de cette centrale nucléaire menaçante, je ferai ma sortie avec un sentiment de calme.  
Nulles pensées de la vie, de la maladie et de la mort ne viennent à l'esprit. Une personne meurt une fois.
C'est un Honneur pour moi de périr pour la cause éternelle.
Ma tendre compagne, mes chers enfants, s'il vous plaît soyez heureux pour moi.
Par-dessus tout, ma femme, s'il vous plaît, prenez soin de votre santé. Je souhaite de la prospérité pour tous. Comme je serai au sanctuaire de Yasukuni auprès de mon frère Kiyoshi, chers tous, je serai toujours vivant auprès de vous. 

Et de prier inlassablement pour votre bonheur.
Je vais sourire le jour de ma sortie et pour toujours.


Amis lecteurs, en ce qui me concerne, tout a été dit, même si j'éprouve un vague malaise en étalant avec une légèreté niaise, un rapprochement historique incertain et périlleux.

Amusez vous bien et à après.

mercredi 16 mars 2011

Sea-land in Japan 2051. Fiction d'humour noir.

 Avertissement : ce texte dérisoire n'est qu'une ridicule fiction rédigée par un pitoyable clown plus à plaindre qu'à blâmer.


De notre envoyé spécial, Harry Cover au Japon.

Jeudi 16 mars 2051.

Rappel historique : Nous avons commémoré dans la tristesse et le recueillement, les sinistres évènements de l'effrayante catastrophe de mars 2011. Le terrible tremblement de terre, suivi d'un tsunami dévastateur, lui-même destructeur des systèmes de refroidissement d'une centrale nucléaire . Ce raz de marée provoquant la catastrophe que l'on sait qui marquera l'inconscient collectif japonais jusqu'au crépuscule de sa civilisation. 
Le gouvernement japonais de l'époque, lourdement condamné pour avoir trop menti à ses concitoyens à purgé une peine de 10 ans de travaux collectifs dans une centrale nucléaire. 
Des pourparlers sont actuellement en cours avec le gouvernement russe en vue de l'achat de l'ile Sakhaline  par le Japon, autrement appelée Karafuto pour une somme considérable qui se situerait aux alentours de 30.000 milliards d'euros.

La désertification d'un tiers de l'île de Honshū fut la conséquence de l'irradiation par la centrale de Fukushima de sinistre mémoire. Croyant bien faire, les autorités avaient utilisé de l'eau de mer pour tenter de refroidir les réacteurs.  Hélas, cette manœuvre désastreuse, non seulement ne servit à rien, mais l'eau de refroidissement rejetée dans l'océan Pacifique, emmenée par les courants,  contamina peu à peu tous les rivages de la cote Ouest du Japon.
 Nonobstant, la fusion simultanée des 4 réacteurs provoqua  non seulement la fuite d'un panache toxique dans l'atmosphère mais de surcroît, leur enfouissement ainsi que l'irradiation des nappes phréatiques. Malencontreusement, des pluies diluviennes continuèrent à infecter le sol et la mer pendant 7 mois sur un rayon considérable.





On trouve désormais dans cette partie du Pacifique, les espèces de poissons les plus étranges. Les mutations génétiques conduisant certaines espèces connues à des transformations, que seule, une Nature facétieuse a pu concevoir :

- Des sardines de 500 kilogrammes. Les barbecues géants de 1200 personnes pour une seule sardine, bousculent les habitudes alimentaires. Cependant, certains pays occidentaux rechignent à importer ce poisson peu commode à débiter et dont l'odeur lors de la cuisson est légèrement entêtante...

- Un thon rouge-vert géant de 6 tonnes, le corps vert fluorescent, la tête rouge, avec une sorte de gyrophare bleu à la place d'une crête, ce poisson est phosphorescent et clignotant. Ses sushis sont très appréciés car ils plaisent beaucoup aux enfants grâce à leurs superbes coloris.

- Une pieuvre, la Sarkozis hexapussis  avec 6 têtes au bout de 6 tentacules. Ces 6 cerveaux sont parfaitement irrigués et permettent  de réfléchir à la vitesse de l'éclair. Seul inconvénient : aucun de ses cerveaux ne prend la même décision : du coup sa capture est facile, ses tentacules s'emmêlant et engendrant un sac de nœuds. Cette créature est considérée par les observateurs comme non viable.

- Un requin effrayant, le Kadhafis kadhafis, peut-être le plus féroce prédateurs des fond marins. Même blessé, il est redoutable. Pourtant, bien que relativement fluet, il inspire une terrible crainte, y compris à ses congénères qu'il n'hésite pas à dévorer. Il adore absorber les résidus pétrochimiques et les huiles de vidange. À éviter soigneusement. En voie d'extinction.

- Le dichomo saurus kisépa ou DSK. Appelé communément le poisson "derviche tourneur". Il rôde dans l'océan en tournant comme une toupie, on le trouve souvent près de la nourriture. Sa nage est erratique; il fréquente beaucoup l'eau douce, notamment dans les Canal + ou il est très apprécié. Son principal travers est de fréquenter une cour de centaines de poissons-fayots qui lui assènent qu'il est le meilleur : son erreur est de les croire.






Inutile de vous préciser, que les habitants de l'archipel ont abandonné depuis longtemps le recours à l'énergie nucléaire.


Seule la France, flanquée de ses 234 centrales atomiques dont 19 sont vieilles de plus de 75 ans et 39 de plus de 60 ans, proclame par la voix de son président Louis Sarkozy, jurant sur la tête de son vieux père gâteux ,   devant  une communauté internationale goguenarde et sidérée, après 23 graves accidents nucléaires et 19 millions d'irradiés, que la technologie française est la plus sécurisée du monde et que les installations rafistolées sans cesse sont remplacées par des pièces neuves de la dernière technologie.


Et toujours, en ces moments douloureux, une pensée à nos amis japonais qui ne me liront, bien évidemment et fort heureusement, jamais. Ce billet étalant le plus mauvais goût sans se montrer tout à fait méchant.

Amies lectrices, amis lecteurs, à après ! 
Sauf catastrophe...