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mercredi 15 juin 2011

Un appel opportun avant un désastre programmé. Qui veut la peau et la graisse de la Grèce ?

Avant d'être dévorés tout crus par des technocrates cupides sans conscience.

 

Avant de se retrouver sous des conditions sociales proches des années 1930.

 

Avant que la société européenne ne se dilue dans cette inhumanité abjecte et totalitaire que préfigurent les pires récits de science fiction.

 

Avant que des gnomes ultra-protégés, sous l'emprise de la dictature des chiffres, nous soumettent à leur joug et nous imposent leur société robotisée et aseptisée.

 

Je relaie modestement cet appel, que j'estime de salubrité publique.

 

 Seuls, nous ne sommes rien. Ensemble, tentons de peser !

 

Et fasse que cet appel mette un peu de plomb dans la tête des dirigeants de ces partis politiques qui se prétendent de gauche !



Aux citoyens indignés de Grèce et d'Europe


« Nous saluons les dizaines de milliers, voire les centaines de milliers de nos concitoyens, jeunes pour la plupart, qui se sont rassemblés sur les places de toutes les grandes villes pour manifester leur indignation à l’occasion de la commémoration du mémorandum (accord cadre signe entre le gouvernement grec, l’UE, le FMI et la BCE, en Mai 2010 et renouvelé depuis régulièrement),  demandant le départ du gouvernement de la Honte et de tout le personnel politique qui a géré le bien public, détruisant, pillant et asservissant la Grèce. La place de tous ces individus n’est pas au Parlement, mais en prison.

Nous saluons les premières Assemblées générales qui se déroulent dans les centres de nos villes et la démocratie immédiate que s’efforce de découvrir le mouvement inédit de notre jeunesse. Nous saluons les travailleurs de la fonction publique qui ont entrepris manifestations, grèves et occupations pour défendre un Etat qui, plutôt que le démantèlement prévu par le FMI, a désespérément besoin d’une amélioration et d’une réforme radicales. Par leurs mobilisations, les travailleurs de l’Hellenic Postbank, de la Régie nationale d’électricité et de la Société publique de loterie et de paris sportifs défendent le patrimoine du peuple grec qu’entendent piller les banques étrangères, par le truchement de leur gouvernement fantoche à Athènes.

Le pacifisme exemplaire de ces manifestations a démontré que lorsque la police et les agents provocateurs ne reçoivent pas l’ordre d’intervenir, le sang ne coule pas. Nous appelons les policiers grecs à ne pas être les instruments des forces obscures qui tenteront certainement, à un moment donné, de réprimer dans le sang les jeunes et les travailleurs. Leur place, leur devoir et leur intérêt est d’être aux côtés du peuple grec, des protestations et des revendications pacifiques de celui-ci, aux côtés de la Grèce et non des forces obscures qui dictent leur politique au gouvernement actuel.

Un an après le vote du mémorandum, tout semble attester son échec. Après cette expérience, on ne peut plus s’autoriser la moindre illusion. La voie qu’a emprunté et continue de suivre le gouvernement, sous la tutelle des banques et des instances étrangères, de Goldman Sachs et de ses employés européens, mènent la Grèce à la catastrophe. Il est impératif que cela cesse immédiatement, il est impératif qu’ils partent immédiatement. Jour après jour, leurs pratiques révèlent leur dangerosité pour le pays. Il est étonnant que le procureur général ne soit pas encore intervenu contre le Ministre de l’Economie et des Finances, après les récentes déclarations tenues par ce dernier sur l’imminence de la faillite et l’absence de ressources budgétaires. Pourquoi n’est-il pas intervenu suite aux déclarations du président de la Fédération des patrons de l’industrie et de la commissaire européenne grecque Mari Damanaki sur une sortie de l’euro ? Pourquoi n’est-il pas intervenu contre le terrorisme de masse avec lequel un gouvernement en faillite, sous le diktat de la Troïka [UE - FMI - BCE], tente une nouvelle de fois d’extorquer le peuple grec ? Par leur catastrophisme, leurs allusions tragiques et tout ce qu’ils inventent et déblatèrent pour effrayer les Grecs, ils ont réussi à humilier le pays dans le monde entier et à le mener réellement au bord de la faillite. Si un chef d’entreprise s’exprimait de la même façon que le fait le Premier ministre et ses ministres lorsqu'ils parlent de la Grèce, il se retrouverait immédiatement derrière les barreaux pour malversation grave.

Nous nous adressons aussi aux peuples européens. Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu’ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce. Ne croyez-pas les mensonges grossiers et absurdes de journaux compromis qui veulent vous convaincre que le problème est dû soi-disant à la paresse des Grecs alors que, d’après les données de l’Institut statistique européen, ceux-ci travaillent plus que tous les autres Européens !

Les travailleurs ne sont pas responsables de la crise ; le capitalisme financier et les politiciens à sa botte sont ceux qui l’ont provoquée et qui l’exploitent. Leurs programmes de « sauvetage de la Grèce » aident seulement les banques étrangères, celles précisément qui, par l’intermédiaire des politiciens et des gouvernements à leur solde, ont imposé le modèle politique qui a mené à la crise actuelle.
Il n’y a pas d’autre solution qu’une restructuration radicale de la dette, en Grèce, mais aussi dans toute l’Europe. Il est impensable que les banques et les détenteurs de capitaux responsables de la crise actuelle ne déboursent pas un centime pour réparer les dommages qu’ils ont causés. Il ne faut pas que les banquiers constituent la seule profession sécurisée de la planète !

Il n’y pas d’autre solution que de remplacer l’actuel modèle économique européen, conçu pour générer des dettes, et revenir à une politique de stimulation de la demande et du développement, à un protectionnisme doté d’un contrôle drastique de la Finance. Si les Etats ne s’imposent pas sur les marchés, ces derniers les engloutiront, en même temps que la démocratie et tous les acquis de la civilisation européenne. La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches.Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elle-même générées sous forme de dettes. Comment peut-on proposer un ancien collaborateur de la Goldman Sachs pour diriger la Banque centrale européenne ? De quelle sorte de gouvernements, de quelle sorte de politiciens disposons-nous en Europe ?

Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire a été le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté et d’Europe. Nous ne vous demandons pas un traitement de faveur parce que nous avons subi, en tant que pays, l’une des pires catastrophes européennes aux années 1940 et nous avons lutté de façon exemplaire pour que le fascisme ne s’installe pas sur le continent.

Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. Bâtissons ensemble une Europe nouvelle ; une Europe démocratique, prospère, pacifique, digne de son histoire, de ses luttes et de son esprit. Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme. »


Le Comité Consultatif du Mouvement de Citoyens Indépendants. « L’ Etincel » (*)

Athènes, 26 Mai 2011
(*) Créé à l’initiative de Mikis Theodorakis 


À après !


Don Cuicuichotte, destructeur de moulins à vent.

mercredi 25 mai 2011

La balade de Zorba le Grec, esclave économique non consentant de l'an 2027.

Nous sommes en 2027.

Je m'appelle Zorba, je suis Grec et je travaille dans une fabrique de poêles à beignet. Les propriétaires sont Chinois et je gagne 174 € par mois, net.
Je suis heureux d'avoir un boulot. Je vais probablement travailler jusqu'à ma déchéance physique, de toute manière, je n'ai pas le choix. Après, on m'aiguillera vers les mouroirs privés que me paieront peut-être mes enfants.





Je me rappelle.

Nos soucis ont commencé dès 2008. Le FMI et les gouvernements européens dont l'Allemagne Merkellienne si honnie ont imposé à nos gouvernements, des couilles molles inconsistantes et corrompues, des plans d'austérité inouïs de brutalité. Ces salopards ont obtempéré lâchement, ne voyant pas qu'en donnant la main, ils perdraient dans un premier temps le bras, puis tout le corps...

Après la vente de toutes les entreprises nationales à des requins multinationaux, ils ont privatisé la police, la Justice, l'armée. Notre pays, berceau de la démocratie est devenu le lit de la ploutocratie internationale.

La répression privée y est tyrannique, la Justice privée féroce et l'armée, devenue une sorte de milice, ne sert qu'à épauler la police.

La transformation de notre société pour résorber les déficits et remettre le pays sur les rails a débuté en 2012  par "la Charte d'austérité et de redressement" suivante, bientôt appliquée à tous les pays atteints de "faiblesse" structurelle et financière :


 - 1) L'État en temps qu'administration, identité nationale, ethnie, entité, collectivité, groupe, structure, régulateur est abrogé. Il ne conservera plus les attributs de la gestion économique de la Justice, l'armée et la police : ces 3 organismes seront sous traités à des sociétés privées et supervisés par un conseil des Sages élus par les représentants des entreprises. L'impôt et les taxes sont déclarés hors la loi.

- 2) La libre circulation, des biens, des services et de la main d'œuvre, est sacralisée. La circulaire Bolkenstein deviendra le pilier du second article de la Charte. Tout citoyen d'un pays sera rémunéré au salaire de son pays d'origine et non plus à celui du pays hébergeur.

- 3) La libre concurrence est un droit inaliénable. Seules les règles économiques  du Divin Marché sans entrave seront prééminentes en cas de litige.

- 4) Les frontières douanières n'ayant plus lieu d'exister, aucune Loi sociale, économique ou politique de protection n'aura voix au chapitre .

- 5) Le profit et la rentabilité deviennent les facteurs immuables de toute activité humaine, culturelle et sociale. Tout échange doit se payer. Toute activité bénévole est interdite car elle obère le droit imprescriptible à la concurrence (article 3). Toute activité déficitaire se doit d'être rapidement stoppée.

- 6) TOUT SERVICE PUBLIC EST DORÉNAVANT DÉCLARÉ HORS LA LOI.


Je n'aurais jamais imaginé pareil déroulement. Ni mes amis, ni ma famille n'auraient prévu une société si terrifiante. Certains, qui auraient lu pareille fiction se seraient moqués, à juste raison, de leur auteur.

Et pourtant.


Personne ne voulait l'admettre, la démocratie d'alors était un leurre, je ne suis même pas sûr que ceux qui la conduisaient avaient conscience de l'impasse où certains économistes, aidés de quelques politiques plus ou moins affidés, nous dirigeaient en toute connaissance de cause...

Amis, lecteurs, j'espère que ces quelques  gribouillis et élucubrations apocalyptiques vous ont rendu joie et bonne humeur tout en réveillant certains neurones consacrés à votre survie.



 
À après.