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lundi 9 janvier 2012

De la mode du goudron et des plumes à partir de mai 2012. Fumisterie croquignolesque.

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Ce pastiche est à consommer assis sur son fauteuil, près d'une route fraîchement goudronnée et à proximité d'un poulailler désaffecté.




Serge Lassault  confie en exclusivité au Jivaro : " Attention ! Les socialistes sont en train de préparer un énorme stock de goudron et de plumes destiné aux défenseurs de la liberté."



Photo choisie par Étienne Courgeotte,72 ans, rédacteur en Chef.

Une déclaration exclusive de Serge Lassault propriétaire d'avions en papier journal subventionnés par les contribuables.
Pour la petite histoire, lors du discours de vœux, la rédaction n'ayant pas trouvé suffisamment de sièges, elle s'est enquise auprès de l'église la plus proche. Seuls des prie-Dieu étant disponibles, c'est agenouillés que les journalistes ont religieusement écouté le brillant discours de notre patron-bienfaiteur.

Étaient présents au premier rang : Étienne Courgeotte, Yvon Roufiole, Yves Tétard, Michou Brézé, Sophie Rocket, spécialiste des pauvres, des tricheurs et des assistés, et toute la prestigieuse équipe du Jivaro, émue jusqu'aux larmes.


À la fin de l'allocution, une messe en latin selon les rites de Pie V a été dite par l'abbé Xavier Mauvais de l'église Saint Nicolas du Chardonneret. L'émotion et le recueillement étaient à leur comble. Des journalistes ont dû être ranimés lorsque le religieux a évoqué Satan voulant, dans un accès d'une cruauté monstrueuse, faire perdre Nicolas Sarkozy aux prochaines présidentielles en prononçant cette phrase qui marquera les esprits à travers les siècles : "Les Français, en éliminant notre président, brûleraient Jeanne d'Arc une seconde fois et ouvriraient la voie à une ère de barbarie inouïe. Que Dieu protège Nicolas Sarkozy et la France chrétienne !"  ( NDLR : les cris de douleur qui suivirent furent indescriptibles)


À la fin de la messe, tous entonnèrent, les larmes aux yeux, un chant magnifique qui fit vibrer les lustres en cristal et les ors de la salle. "Nicolas, nous voilà, le Jivaro est avec toi...." sur l'air du regretté refrain de 1941, " Maréchal, nous voilà..."





Mes biens chers amis,

(NDLR : on entendit à ce moment quelques sanglots issus de l'assistance. La voix chevrotante et le ton martial rappelaient aux plus chenus les accents  attendrissants du Maréchal.)

Je veux être succinct car, mes chers amis, vous savez certes moins bien que moi, que le temps c'est de l'argent. 
Sachez que nous vous donnons toutes les informations possibles, en évitant les commentaires qui relèvent de la pure démagogie, totalement irresponsables, promettant n’importe quoi pour recueillir des suffrages.

Nous soutenons Nicolas Sarkozy car il est simplement le meilleur. Notre démarche n'est mue par aucune idéologie : seul le bon sens français guide notre choix.

Certaines de nos sources, je rappelle que nous sommes le premier quotidien national,  nous ont  prévenu de nouvelles que nous ne pouvons plus cacher à nos lecteurs :

- D'abord, de nombreux programmes informatiques de gauche sont en train de déterminer ceux qui ne votent pas pour leurs candidats et préparent des commandes de tondeuses électrique pour raser les femmes de droite et enduire de goudron et de plumes tous les électeurs favorable au président actuel.

- Ensuite, il apparait qu'une prophétie de Nostradamus attribuant une  victoire éventuelle de la gauche, prévoit de catastrophiques conséquences selon ces 2  superbes alexandrins en vieux français :
"En  vingt douze, par mal heure, la senestre vainquait
des tombereaux  d'horreure, le diable defequait"
Cela prête à réfléchir...

- Le programme économique bolchevique prévu par François Hollande et ses sbires amènerait invariablement les chars chinois aux portes de Paris car chacun sait bien que le "communisme" chinois est le cousin germain du socialisme français !

- Les Européens ne pourraient supporter à leurs frontières, un état gauchiste agressif ! Ils pratiqueraient donc un blocus : nous serions ainsi privés d'insecticides et de raticides. Imaginez les rues infestées de rats gros comme des chats et  sur votre peau, de puces de la taille de coccinelles !

Voici mes amis, le choix des Français pour l'année 2012.

Notre journal respectera une stricte impartialité, nos journalistes garderont cette objectivité qui fait leur réputation et vous pourrez compter sur l'intransigeance du Jivaro pour défendre pied à pied la liberté d'opinion nécessaire à la liberté !

Vive le Jivaro, vive la France.

(NDLR : Le tonnerre d'applaudissements dura 12 bonnes minutes.)


Ami(e)s du Jivaro, je vous embrasse chaleureusement.

À après.
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mercredi 27 juillet 2011

Stagiaires, pigistes, blogueurs, devenez journalistes au Figaro ! Humour pour les nuls.

Stagiaires, pigistes, apprenti(e)s journalistes.


Vous recherchez un emploi stable dans un journal sérieux. Vous avez de 20 à 40 ans, vous vivez toujours chez vos parents qui s'occupent de vos affaires personnelles. Papa et maman vous couvent comme pendant votre adolescence. Il vous arrive parfois d'être sérieusement réprimandé pour avoir failli à la discipline familiale.

Vous pensez que les directives autoritaires d'un patron de presse de 86 ans, marchand d'armes au demeurant, est un signe encourageant pour son équipe, de maturité, d'impartialité et de stabilité pour un quotidien prestigieux. Vous êtes persuadé que la gérontocratie réactionnaire est une solution enthousiasmante pour résoudre tous les maux de la société française en  route vers une totale décadence. D'ailleurs, le Maréchal n'avait-il pas déjà sauvé la France en des temps autrement mouvementés ?

Vous estimez qu'un rédacteur en chef chenu de 71 ans, très atteint par le ravage des ans et soucieux de l'ordre, du conformisme et de la discipline est  la garantie de respect d'un journalisme pointilleux et objectif. Pour vous la sénilité n'est pas une calamité mais un plongeon vers la sagesse.

Vous aimez l'ordre, la discipline, les valeurs de droite telles qu'on vous les enseignait au collège catholique que vous fréquentiez. 
Le mot culture est à vos yeux un maudit terme de gauche qui évoque la révolution que vous abominez.
Vous considérez que Dieu a créé l'Homme le 7ème jour. Que la femme n'est que la côte d'Adam, sans plus, et qu'elle a hérité de la mission de s'occuper et d'éduquer vos chérubins selon les préceptes de Pie X.

Selon vous, la hiérarchie est une obligation sociale, chacun se trouvant naturellement à sa place sous l'œil bienveillant de Dieu : le Chef , les sous-Chefs, les sous-sous-Chefs, les Hommes d'États sont désignés ou cooptés parce qu'ils ont été jugés les plus aptes à conduire les citoyens que nous sommes vers la Félicité et le bien de la Nation.

Vous aimez sincèrement les Africains, les Asiatiques, les Arabes, les Norvégiens car Dieu aime toutes ses créatures mais comme vous voulez leur bien, vous jugez sainement qu'il est préférable qu'ils restent chez eux afin d'y couler des jours heureux comme aux temps bénis de la colonisation dont vous êtes convaincus qu'ils éprouvent une immense nostalgie.

Vous considérez que le Front National deviendra tôt ou tard l'aile droite de l'UMP, que la gauche sociale démocrate est infectée par le marxisme, que Mélenchon est d'extrême gauche, que Staline fut pire que Hitler, que le fanatique norvégien qui a tué ses compatriotes bénéficie tout de même de plus d'excuses qu'un terroriste musulman, que l'Islam est le culte maléfique du monde, que si les marchands d'armes existent, c'est parce que Dieu n'y voit pas d'inconvénient.

Vous pensez que l'arithmétique réactionnaire est une discipline qui devrait être enseignée au lycée : ainsi, selon ce précepte logique, une victime catholique française vaut bien 76 norvégiens assassinés ou 500 disparitions de musulmans ou 100.000 Africains périssant de la malnutrition. 
D'après ce même principe, la somme considérable nécessaire au renflouement d'une banque en difficulté se doit d'être toujours supérieure  à l'aide apportée aux enfants somaliens.



Stagiaire, vacataire, pigiste, journaliste, si vous vous reconnaissez dans ce portrait; nos dynamiques et sémillants Serge Dassault, 86 ans, propriétaire du FIGARO et Étienne Mougeotte, 71 ans, son rédacteur en chef, sont prêts à vous accueillir au sein de leur quotidien prestigieux, étendard moderne et pertinent du capitalisme pur et dur au service exclusif des idées de son Chef.
 Vous rejoindrez ainsi une équipe solide et renommée dont la compétence de droite, l'impartialité de droite et l'objectivité de droite représentent l'Honneur et la Gloire de la Presse quotidienne Française !



vendredi 3 juin 2011

L'enquête à charge du Figaro Magazine contre l'assistanat ou quand l'hôpital se fout de la charité...

Mes amis, il y a des coups de pieds au cul qui se perdent.




Le Figaro Magazine, supplément du Figaro appartenant au milliardaire marchand d'armes Serge Dassault a entrepris une enquête sur le soi-disant scandale de l'assistanat, qui, selon ses journalistes, peut-on encore les définir par ce terme - propagandistes politiques serait une définition plus proche de la vérité - gangrènerait la société française...

Rien que ça.

Cette opinion  tranchée seraient à la limite acceptable sous couvert de la liberté d'expression de la presse si ces mêmes journalistes ne travaillaient pas eux-même dans un quotidien subventionné par l'État, donc par le contribuable français.

LE FIGARO ÉTANT UN QUOTIDIEN ASSISTÉ CAR IL BÉNÉFICIE LUI-MÊME DE SUBVENTIONS DE L'ÉTAT !

Parfaitement !

Par conséquent le Figaro Magazine émet une sérieuse autocritique en fustigeant l'assistanat puisqu'il profite outrageusement de l'argent de nos impôts.

Chacun sait bien que sans les aides publiques, le Figaro et ses journalistes n'existeraient plus.

Avouez que c'est un comble pour un journal promouvant les valeurs du marché, les privatisations à outrance, attaquant férocement le principe des subventions, et de surplus, dirigé par un milliardaire largement aidé par les commandes publiques, de survivre grâce au concours des subsides de l'État.

État, par ailleurs, qu'il hait viscéralement et combat violemment.

Décidément, mes chers amis, ces Étienne Mougeotte, Yves Thréard, Ivan Rioufol, Alexis Brézet et autres Éric Zemmour, tous journalistes au Figaro, manquent singulièrement de pudeur, de retenue et de reconnaissance du ventre : ils oublient un peu trop rapidement que c'est avec une partie de notre argent qu'ils sont rémunérés.

Eux aussi font partie des assistés de la République et profitent grassement de la manne de ce qu'ils appellent avec mépris l'assistanat.
Parce que pour ces individus, il est bien plus commode de taper sur de pauvres gens que de se remettre en question...

Nous pouvons légitimement, avoir honte pour eux... Ils seraient d'ailleurs bien inspirés de se servir de leur magazine racoleur et bassement populiste pour se nettoyer des fesses pas très nettes.


Voici quelques sources sur les aides économiques de l'État à la presse


Rapport de la commission de contrôle du fonds d’aide à la modernisation de la presse quotidienne (FDM) (1999-2003)

Le détail des aides à la presse écrite révélé



À après !

dimanche 20 mars 2011

Dassault vs Dassault. A new flight wargame in real time. Pastiche hallucinogène.

Attention ! Ce pastiche peut provoquer des délires collectifs.





En exclusivité, le débat entre Serge Dassault et Serge Dassault : mes mirages libyens sont meilleurs que vos mirages français ! Faux rétorque le second, vous êtes un traître renégat !


Serge Dassault le Libyen  défie violemment Serge Dassault le Français.

Photo choisie par Étienne Courgeotte,71 ans, rédacteur en Chef.
Une homélie exclusive de Yves Tétard, journaliste assermenté de la section Dassault n°1

Dans un élan patriotique qui l'honore, l'illustre propriétaire de notre gazette, Monsieur Serge Dassault, ce défenseur intraitable de la particularité française, de la culture et des valeurs de libre-entreprise a décidé de contrecarrer les visées expansionnistes du traitre et renégat, Serge Dassault, soutien du dictateur Mouammar Kadhafi de sinistre réputation à qui il a honteusement vendu du matériel aéronautique.

N'écoutant que son grand cœur, son patriotisme exemplaire et son immense courage, notre patron intrépide a lancé un défi à Serge Dassault, cet individu peu recommandable qui a fourni des armes aux ennemis de la Nation. Notre combat sera impitoyable nous a-t-il déclaré car il faudra bien un  gagnant. Et je connais déjà le nom du vainqueur , ajouta t-il avec la finesse,  l'humour et la malice qui le caractérisent. Que Dieu sauve la France !

Je sais qu'il y aura des pertes humaines et Serge Dassault aura beau jeu de pleurer sur le sort des veuves et les orphelins, rétorqua Serge Dassault mais notre matériel est si fiable, que je suis confiant dans les vertus de  nos pilotes libyens. Dommage que notre commandeur suprême, Mouammar , n'ait pas acquis nos Rafales qui étaient bien plus meurtriers et efficaces ! Allah Akbar ! Les Français possèdent déjà cet aéronef et je suis curieux de connaître son rendement en combat réel.

Le Jivaro apporte à la Patrie prête au sacrifice ainsi qu'à l'avionneur Marcel Dassault, son glorieux patron, tout son soutien héroïque. Nous ressentons tous, au Jivaro, la joyeuse allégresse qui animait nos poilus en 1914 à la gare de l'Est, embarquant dans l'enthousiasme en direction des tranchées pour arrêter l'envahisseur teuton, ivre de sang et de vengeance.

De même que nous avons récupéré l'Alsace et la Lorraine, nous, Patriotes de la France éternelle, allons sauver la Cyrénaïque de l'odieuse étreinte du tyran Kadhafi que d'horribles mains françaises ont armé en toute inconscience. Les coupables ne devront pas être châtiés mais toutefois sévèrement admonestés.

En tout cas, les membres de notre journal sont au moins certains d'une chose :   nous connaissons déjà le nom du futur vainqueur, sans discussion possible,  ce sera notre mentor Serge Dassault.

Nous n'avons désormais plus honte d'afficher notre fierté de représenter le groupe de presse le mieux armé d'Europe pour défendre les intérêts de la culture occidentale chrétienne.


Pcc Yves Tétard, journaliste testé, agréé et approuvé selon les normes Hortefeux-Guéant.


Amies lectrices, amis lecteurs, à après si les avions libyens ne nous bombardent pas...


mercredi 2 mars 2011

Dernière minute du "Jivaro" : Mouammar Kadhafi enfin prêt à une concession ! Officiellement officiel.

Ce pastiche Dassault © est à consommer avec prudence. Il provoque beaucoup d'effets secondaires hallucinogènes.





En exclusivité, le Colonel Kadhafi nous déclare : "si le président Sarkozy m'envoie madame Michèle Alliot-Marie  et monsieur Hortefeux pour rétablir l'ordre à Tripoli, je commande 3 centrales nucléaires à la France". Monsieur Alain Juppé estime cette proposition particulièrement séduisante.


Les 2 amis se réconcilieront-ils grâce à MAM ?

Photo choisie par Étienne Courgeotte,71 ans, rédacteur en Chef.
Une interview exclusive de Michou Brézé, journaliste assermenté de la section Dassault n°1 


Observation préliminaire : mon entretien avec le guide révolutionnaire s'est déroulé dans son palais en ruine, accompagné par un interprète. Il a souhaité que je l'interpelle sous le modeste titre de "Prophète du Désert".



Michou Brézé : Bonjour, ô Prophète du Désert, vous avez un message à transmettre au peuple français par l'intermédiaire du Jivaro,..


Mouammar Kadhafi : en effet, grenouille colonialiste, j'ai entendu votre ancien ministre des Affaires étrangères, madame Alliot-Marie proposer à la Tunisie son savoir-faire répressif pour mater les manifestations et autres révolutions. Je suis extrêmement intéressé par son offre. 
Comme elle vient de se faire licencier, je suis prêt à l'embaucher moyennant un intéressement royal dans un parc immobilier à Tobrouk. Ses parent ne seraient bien entendu, pas oubliés s'il veulent investir pour leurs vieux jours !

Michou Brézé : Mais, ô Commandeur des Dunes, j'ignore si dans les conditions actuelles, le président Nicolas Sarkozy accepterait une telle offre !
 
Mouammar Kadhafi : dites lui que je suis décidé à lui payer "cash" trois  centrales nucléaires avec rétro-commissions substantielles pour ses œuvres de charité. Madame Alliot-Marie le vaut bien !
Je suis également extrêmement intéressé  par monsieur Hortefeux : j'ai de nombreux Auvergnats à remettre au pas...

Michou Brézé : Ô Commandeur des Dunes, auriez vous d'autres demandes à formuler au Pays des Droits de l'Homme ?

Mouammar Kadhafi : En effet, juste après ce bizutage inadmissible du peuple, j'ai puni sévèrement les meneurs,  j'étais sur le point de commander à monsieur Dassault, votre patron, 70 Rafales destinés au combat urbain, armés de rockets lacrymogènes.
J'aurais également aimé emprunter quelques uns de vos haut-fonctionnaires cupides, arrogants et pas très futés mais je crains d'abuser...

Michou Brézé : Ô Illustre Prophète des Dunes, à ce propos, il paraîtrait que monsieur Henri Guaino, le fameux auteur de l'affligeant discours de Dakar ait gratuitement passé le Réveillon de Noël, logé, cajolé, nourri et blanchi à l'ambassade de France à Tripoli comme chaque citoyen français en a la possibilité. L'avez vous rencontré ?

Mouammar Kadhafi : Ceci reste du domaine de la confidence, vermisseau occidental, tous les messagers de monsieur Sarkozy sont les bienvenus dans la Libye de El Kadhafi ! J'ai récemment parlé à un émissaire français du rôle de l'ENA dans votre grand pays. Il m'a convaincu de l'efficacité de cette école de cadres politiques pour maintenir un ordre rigoureux et durable dans ce qu'ils appellent pompeusement une démocratie, Ah Ah Ah Ah Ah Ah !
Nous autres dictateurs avons beaucoup à apprendre de la "démocratie française" pour éduquer nos peuples comme il se doit, sans risque de soulèvement ! 
Il vaut mieux disposer d'une cohorte de haut-fonctionnaires aux ordres épaulés par quelques bataillons de CRS que d'une armée très équipée.

Michou Brézé : Merci Ô Guide Suprême, Prophète du Désert, Commandeur des Dunes, comment entrevoyez-vous votre avenir proche ?

Mouammar Kadhafi : Avec sérénité. Mon peuple m'aime tellement qu'il ne cesse de manifester dans les rues pour proclamer son amour envers son Chef. J'en suis si ému que les sanglots m'étreignent...

Michou Brézé (la voix étranglée d'émotion):  Merci Ô Calife des Califes ! J'intercéderai en votre faveur auprès de monsieur Serge Dassault. 70 Rafales valent bien un compromis !


Interview réalisée par Michou Brézé journaliste agréé, testé et approuvé par Le Jivaro ©


Amies lectrices, amis lecteurs, à après !
 

vendredi 10 septembre 2010

Le plaidoyer musclé d'un patron pour une vraie presse libérale. Gag à prendre au sérieux.

À l'occasion de la publication d'un nouveau plan de remise en cause des aides à la presse, j'ai remis au goût du jour ce pastiche qui ne fera pas rire tout le monde... *







Monsieur Serge Lassault lance un vibrant appel pour que les patrons de la presse libérale refusent des subventions d'essence collectiviste

FdDassault.jpg


Photo et décors choisis par Étienne Courgeotte, rédacteur en Chef.
Assisté par Messieurs Yves Tétard, Ivan Roufiol, Michou Brézé et Yves de Keldrol.
Interview menée par Étienne Courgeotte.

É.C : Mes respects, Monsieur le Président Serge Lassault, vous avez donc décidé de refuser les subventions de l'État versées pour l'aide à la presse quotidienne ainsi que pour les sites Web qui dépendent de votre groupe "par conviction libérale" dîtes vous, pourriez vous expliciter vos propos ?

S.L : En effet ! Figurez vous qu'hier matin, tandis que mon barbier, me rasait, et ma manucure soignait mes mains, une brutale illumination spirituelle a éclairé mon cerveau. Mais bon Dieu, me suis je dit, nous, patrons de presse, apôtres radicaux de l'économie de marché, avons l'estomac de recevoir des subsides d'un État omniprésent alors que nous n'avons de cesse de combattre par tous nos moyens de propagande le collectivisme rampant qui pourrit notre pays ! Cette évidence m'a sauté aux yeux !

É.C : Et pourtant, Monsieur le Président directeur général, cette situation dure depuis la libération. Ce sont des sommes considérables qui ont aidé la presse à survivre. Peut-être que nous autres journalistes sommes là grâce à ces subventions...

S.L : Je conçois cette situation car, en temps que marchand d'armes, je sais combien l'argent n'a pas d'odeur. Toutefois dans un geste d'émancipation unique dans l'histoire du capitalisme français, j'ai décidé de refuser ces sommes qui pervertissent notre combat pour la libre entreprise, la mondialisation, la concurrence assumée, la loi du marché ! Se tournant vers les journalistes. Et vous Messieurs me suivrez vous ?

Les journalistes : Oh oui Monsieur le Directeur ! Oh oui ! Les échines sont courbés, les regards torves, les sourires forcés.

É.C : Mais cette mesure - euh - révolutionnaire si j'ose m'exprimer ainsi, même si je déteste ce terme, ne risque t-elle pas de désorganiser nos - euh - services ?

S.L : Bien entendu, dans un premier temps, certains sacrifices devront être consentis par nos braves journalistes ici présents mais je ne doute pas que pour faire triompher leurs idées libérales, ils ne consentent point à donner l'exemple ! S'adressant à eux. N'est ce pas mes chers amis ?

Les journalistes : Mollement. Euh mouais, Monsieur le Président Directeur Général. oui... Oui...

S.L : Dans un premier temps, il nous faudra comprimer fortement la masse salariale pour rester compétitif...
On entend un choc. Ivan Roufiol et Yves Tétard viennent de perdre connaissance. La sécurité s'efforce de les faire revenir à eux. L'interview continue. Les masques sont hagards et la sueur coule comme un torrent sur tous les visages...

S.L : J'envisage également de porter le prix du quotidien à 3,60 €. Et pour la promotion, de joindre les oeuvres complètes d'André Glucksmann en CD avec peut-être en prime le DVD d'un film de Rohmer ? Qu'en pensez vous, Étienne ?

É.C : La voix blanche, le rédacteur en chef avale une pillule et engloutit un verre d'eau en tremblotant. Très bien, Monsieur le Président...

S.L : Vous rendez vous compte mes chers journalistes, pour la première fois dans ce pays, NOUS, les missionnaires du libre marché, allons prouver que l'instauration d'une véritable société capitaliste est viable. Vous, mes amis qui chantiez dans vos articles les psaumes de la libre entreprise et stigmatisiez les ravages du bolchevisme, allez pouvoir enfin vivre le bonheur de joindre vos actes à vos paroles ! Tels des pèlerins du 21ème siècle, nous montrerons la joie de propager nos idées à l'assaut d'un pays de paresseux et d'assistés. Un silence. Se tournant vers la porte de gauche, Serge Lassault appelle un mystérieux inconnu. Monsieur Piao Lin, s'il vous plait ! Un jeune asiatique apparaît souriant. Messieurs, permettez moi de vous présenter votre futur rédacteur en chef adjoint, Monsieur Piao Lin qui a accepté pour 1200 € mensuels de prendre la responsabilité du journal.

Un vacarme assourdissant se fit entendre, les corps sans vie de journalistes, secoués par l'émotion s'écroulèrent. Ce jour là on compta au sein de la rédaction du Jivaro, pas moins de 3 morts. Deux journalistes se retrouvèrent en réanimation.

La tempête médiatique soulevée se révéla non moins dévastatrice : une manifestation de patrons de presse ; avec Monsieur Arnaud Lagardère à sa tête, à laquelle se joignirent les PDG des grands groupes automobiles français et une délégation du MEDEF ; défila devant l'Assemblée Nationale en réclamant le maintien des subventions publiques.

La morale de cette histoire ? Gare au loup ! Attention aux coups de rabots  destinés à maximiser les profits au sein de la presse. Gaffe à l'intrusion ouverte du politique dans la gestion des journaux...

Gentils lecteurs, que la providence vous garde !

Je me permets à l'occasion de ce billet de vous conseiller 2 blogs, Donjipez, journaliste qui m'a inspiré l'idée de ce billet et l'excellentissime TGB rue-affre, pétri d'imagination et de talent, qui se révèle souvent comme un modèle de créativité.


Amis, à après... Bon week end.

* Toute ressemblance avec des titres de presse ou des personnages connus ne serait que le résultat hasardeux d'une pure coïncidence.