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mercredi 21 décembre 2011

Amis blogueurs, tous ensemble, pleurons la mort du grand guide Kim Jong-Il !

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Camarades lecteurs,

C'est la voix chargée d'une violente émotion que je m'adresse à vous pour commenter la terrible disparition du dernier grand stalinien de l'Histoire de l'Humanité qui était tout ce qu'on veut sauf un communiste.

Certes, à travers ce texte grandiloquent de circonstance vous ne pourrez, hélas, ressentir les pleurs et les trémolos qui hacheront mon discours d'adieu à ce personnage historique.


Afin de vous faire partager le rythme de ma douleur morale, j'entrecouperai mes phrases par un borborygme simulant le long chuintement d'un atroce sanglot se déclenchant inexorablement lors de la perte d'un être cher. Je le traduirai par un "oumph snif !" du meilleur effet.

Oumph snif ! 

Il était beau et bon  notre valeureux guide Kim Jong-Il, notre père à tous. Comme je comprends le chagrin discret de ces braves Coréens du Nord. !
Oumph snif !
Notre figure tutélaire protégeait son pays avec cette même discipline maitrisée qui n'est point sans nous rappeler la poigne bienveillante de notre bon Maréchal Philippe Pétain !

"Maréchal, nous voilà !" chantait - oumph snif ! - la France profonde de droite prétendument apolitique, éperdue de reconnaissance, que dis-je, en pâmoison devant son sauveur chenu qui faisait don de sa sagesse et de sa gloire à la mère Patrie !

Oumph snif !

Oumph snif ! Pardonnez moi mes amis mais j'ai bien du mal à retenir mes larmes...

Les populations manipulées éprouvent des émotions et des ressorts intimes dont nous n'avons pas idée. Alors de grâce ne nous moquons pas de la  détresse de nos amis asiatiques : regardons lucidement ce que nous avons été, il y a 70 ans !

Tous ces petits pères des peuples, le regretté Joseph Staline, le sublime Mao Tsé Toung, le grandiose Kim Jong-Il et l'inoubliable Philippe Pétain déposent dans  l'imaginaire de leurs concitoyens, lors de leur disparition, un souvenir bien difficile à effacer.

Ces bienfaiteurs de l'humanité laissent toujours des millions d'orphelins ivres de chagrin, de douleur et de nostalgie - oumph snif ! -

Oumph snif !

Les foules, travaillées par une propagande active  sont comme des maitresses insatiables qui se donnent avec passion et frénésie à celui qui les a séduites, violentées, humiliées, déchirées, maltraitées, aimées et conquises.
Mais elles sont aussi versatiles dès lors qu'un nouveau prétendant renversera le précédent : elles se donneront tout à lui sans remords ni pudeur.


Nul ne peut prétendre que les mêmes qui gémissent en ce moment à quatre pattes, ne hurleront pas leur bonheur lors d'une prochaine réunification des deux Corée et voueront leurs anciens dictateurs aux gémonies.

Pour paraphraser un génie, les masses ont des raisons que la raison ne connait pas. 

Ne l'oublions jamais...

C'est une situation difficile à comprendre pour les rationalistes de gauche que nous sommes, ou même pour tout vrai démocrate féru de politique quelque  soit son bord...


Ami(e)s, je vous aime bien parce que lire un billet, c'est à mes yeux, comme embrasser son auteur.

Oumph snif !

J'espère que vous me pardonnerez ce texte décousu mais vous n'imaginez pas à quel point je suis bouleversé. 

Oumph snif !

À après ! 

Oumph snif !
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mercredi 23 février 2011

Et si la diplomatie n'avait pas soutenu les révolutions arabes parce que les élites françaises détestent le peuple ? Clin d'œil.

Figurez vous, qu'il y a quelques temps, j'observais, narquois, les tribulations ridicules de nos politiques face aux révolutions arabes et de constater combien la méfiance était solidement ancrées dans toutes leurs réactions...

Révolution de 1848. Rue Soufflot. Horace Vernet.


Visiblement ces révoltes populaires les rendaient mal  à l'aise. J'irai même jusqu'à penser qu'elles les horrifiaient...

Tous nos beaux intellectuels, prompts à intervenir pour accuser tel mouvement supposé islamiste, tel génocide à condition qu'il rentrât dans leurs schémas idéologiques se taisaient.

Muets comme des carpes. Aphones comme des angineux.

Et ces politiques, issus du suffrage démocratique, ne  trouvez pas vous leur attitude suspecte ? Comment des élus du peuple osent t-ils  se sentir si lointain des opprimés et des peuples qui combattent le joug d'un dictateur ?

Honnêtement, ne vous êtes vous jamais posés cette question ? Pourquoi nos dirigeants rechignent-ils à se réjouir d'un mouvement de fond démocratique aussi enthousiasmant ?

Je vais vous le dire :  les élites françaises détestent le Peuple ! Au mieux, se méfient-elles de lui, au pire, le méprisent-elles.

On ressent indéniablement un divorce terrible et une incompréhension haineuse entre le peuple et ceux qui sont censés le conduire, quelque soit leurs appartenances politiques.

Depuis ce fameux référendum du TCE qui restera dans l'Histoire comme la rupture entre un Peuple et ses cadres, les dirigeants économiques, politiques, médiatiques et les intellectuels agréés du régime ne font plus confiance aux citoyens. L'élite est tellement persuadée que les citoyens ordinaires sont des cons ne voyant pas plus loin que le bout de leur nez, que toute révolution populaire, représente à ses yeux, un danger terrible. Tout ce qui est populaire lui inspirant un dégoût plus bourgeois qu'aristocratique.

Pour nos oligarques carriéristes, trop sûr de leurs valeurs de moins en moins républicaines, le Peuple, c'est le populisme, les bas instincts, les revendications sociales,  l'attrait du repli et  une vision à court terme.

Nous percevons avec clarté que la plupart des hiérarques se sentent bien davantage à l'aise dans les palais ou les villas du roi du Maroc que dans les cités du 9-3 ou du 9-5. Nous entrevoyons bien la trouble complicité qui règne entre les réseaux des dictateurs et les ministres influents. comblés de cadeaux. Nous comprenons à demi-mot, les influences morbides existantes entre les chefs d'états africains et les influenceurs français. Qui doute de la collusion économique incestueuse et de la corruption bilatérale  pratiquées entre les dictateurs et les grands chefs d'entreprises, eux-mêmes, étroitement liés aux politiques ?

Pour tous ces décideurs, les Peuples en révolution sont les empêcheurs de tourner en rond. Il risquent d'obliger nos décisionnaires  à réorganiser leurs réseaux si bien huilés, à éventuellement ré-acheter des responsables, à transiger, à renégocier les commissions et contrats, et ça, les pouvoirs économiques, financiers ou politiques n'aiment pas du tout !

Ne nous leurrons pas, amis lecteurs, pour ces gens là, un bon dictateur vaut mieux qu'un peuple féru de démocratie !

Un oligarque français se sentira toujours plus à l'aise avec son équivalent social, issu d'un régime dictatorial, qu'avec un de ses compatriotes modestes.

Il nous reste du pain sur la planche pour assainir un système vérolé jusqu'à la moelle.. Hélas, je doute qu'avec les principaux candidats qui se profilent à l'horizon 2012,  nous ayons quelque chance de changer un tant soit peu le système...

À après.