mardi 21 juin 2016

La France généreuse ou l'éloge du petit remplacement.


Chères gueuses, amis gueux,

Je viens de lire un article du Figaro qui m'a enthousiasmé et que je tiens à développer avec cette rigueur morale - ma marque de fabrique - qui vous attire toutes et tous dès qu'un billet forcément transcendant est couché sur ce blog.


"Boudé en France, le président François Hollande aurait la cote en Europe."

Dans un souci de déontologie bloguesque, j'ai un peu rectifié le titre vu que, selon moi, le conditionnel conviendrait davantage au résultat d'une de ces enquêtes d'opinion vaseuses "Odoxienne" pratiquée sur un échantillon restreint... Mais bon, on va encore dire que je suis arrogant...

Piqué au vif, j'ai balancé un tweet de mauvais goût qui a en fait rire un ou deux (c'est mon taux moyen de popularité sur Twitter).




Puis, brutalement, mon cerveau populiste été enveloppé d'une illumination miraculeuse ! 

Je me suis fendu d'un sourire édenté.

Mais bon sang, que n'y avons-nous pas pensé plus tôt !

Ces politiques de tous bords, minables aux ambitions démesurées inversement proportionnelles à leur imagination ; tous ces gens qui nous dégoûtent au point que chacun aimerait qu'ils soient téléportés sur la planète Krypton, tous ces êtres qui veulent restreindre nos besoins primaires pour atteindre l'objectif de normes comptables improbables (pourquoi 3% de déficit et pas 3,68%, hein ?) et se gaver de luxure en s'imaginant écrire l'Histoire dans un cadre monarchique entourés d'énarques lèche-culs et de flagorneurs encravatés fort carriéristes  ; ces politiques - disais-je - doivent enfin être utiles au pays et non plus à le détruire comme il le font plus ou moins depuis 50 ans !

L'Europe et le monde nous les envient ? Hé bien, offrons les, bordel de balais à chiottes ! Léguons les vite !

Ainsi, je verrais bien Marine le Pen proposée à La Russie, Nicolas Sarkozy cédé à l'Ouzbékistan, Patrick Balkany à la Suisse, Jean-François Copé aux îles Caïmans, le grand dadais de Bruno Le Maire  avec son manche à balai dans le cul faire ses classes dans la garde royale de la reine Élizabeth II , Alain Juppé repartir élever les orignaux au Canada, Marion Maréchal le Pen étaler sa bêtise à Monaco, livrer Manuel Valls pour faire un stage auprès de généraux au Paraguay, offrir Macron au banques du Panama, se débarrasser de Cohn-Bendit aux Seychelles riches en requins, et enfin donner un poste lointain et inutile à François Hollande, fonction à laquelle notre homme excellerait à n'en point douter ! 

Cette liste est bien entendu, extensible selon vos désirs.

En échange, nous pourrions recevoir des réfugiés. Je vous garantis que nous y gagnerions largement au change !

L'écrivain Renaud Camus gémit comme une de ces vieilles pucelles voyant avec effroi déferler un régiment de cosaques, claquemurée dans la tour de son castelet gersois ; craignant ce fameux "grand remplacement" qui risquerait de substituer des populations dites "allogènes" à ce brave, fragile et fantasmé peuple chrétien blanc, comme si la mixité ethnique n'était pas inhérente à la caractéristique immémoriale de notre pays. 

Aussi, en temps que petit blogueur laborieusement révolutionnaire, je propose l'exportation de notre classe politique qui fait envie au monde entier afin que la communauté internationale apprécie à leur juste valeur nos hommes politiques sortis des plus prestigieuses écoles de la République.

Nous appellerions ma nouvelle doctrine : "le petit remplacement."

Pays du monde, ne nous remerciez pas, ce somptueux don du futur premier comité révolutionnaire français sera un cadeau sincère et désintéressé.

Toutefois, il ne sera ni repris, ni échangé !
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mercredi 27 avril 2016

La querelle des bovins. Partie 2

Pour les modalités préliminaires, prière de lire le billet précédent.

Lorsque Prouston, le bœuf blanc dominant aperçut dans le pré mitoyen les bœufs roux, son sang ne fit qu'un tour ! Son long meuglement mêlant colère et souffrance remua tous les tripoux du troupeau.

Si Prouston avait été un humain, on aurait pu comparer son influence à un académicien, un moraliste ou un journaliste du sérail. Devant ses ouailles hébétées, il lança un violent réquisitoire contre ces bovins roux qui venaient brouter l'herbe verte de nos belles prairies morvandelles destinée aux Charolais depuis la création de l'univers. 

- "Rentrez chez vous ! Ne comptez pas sur nous pour assister les pattes croisées à notre grand remplacement !" Éructa t-il en s'adressant au troupeau adverse un peu effrayé par l'accueil.

- "Mais, monsieur Rouston -sa langue ayant fourché malencontreusement- osa un bœuf malingre, il y a bien assez d'herbe pour tout le monde d'autant qu'elle pousse vite." Un bon coup de corne du vétéran  remit vite cet importun malpoli dans le rang.

un fier taureau roux

Et c'est ainsi que naquit la querelle des bovins qui jour après jour s'envenima au point que la situation devint vite invivable. Les deux troupeaux se scindèrent en de multiples clans et sous groupes d'une manière étrangement symétrique. Les partisans de la pureté charolaise se montraient si vindicatifs et si hargneux qu'il firent naître chez les rouquins, un mouvement semblable opposé à tout métissage et mélange avec tout bovin blanc.

Des groupes de vaches se déclarèrent opprimées par la masculinité des bœufs (ce qui fit rire tout le monde) , revendication qui parut fort cocasse aux taureaux parqués dans leur enclos forcés de pratiquer l'acte sexuel sur des leurres en plastique pour récolter leur semence

Des rouquines parlèrent du suprémacisme et des privilèges des bovins blancs qui gardaient pour eux les meilleurs carrés d'herbes. Ces mêmes ruminants blancs se plaignant d'un racialisme roux à leur égard. Les vachettes exigeant même une non mixité entre roux et blancs, entre vachettes et bœufs et même entre vachettes rousses et vachettes blanches.

Une logorrhée insupportable envahit certains esprits : on y parla de spécisme, de luttes des races, d'oppression, d'aliénation, d'appropriation culturelle, d'identité charolaise, de particularisme roux, d'intersectionnalité, de luttes civilisationnelles voire de guerre civile ! 

Pratiquement personne, dans l'anonymat du troupeau ne comprenait le sens de ce jargon mais chacun retenait ce côté clivant et destructeur vis à vis de la communauté voisine.

La situation devenait d'autant plus inextricable que les bipèdes avaient ôté la clôture ! 

Une majorité de bovidés de toutes couleurs vivait toutefois en paix avec une certaine cohésion, sans animosité mais subissait les séquelles de ces luttes de pouvoir de clans auxquelles les bovins n'étaient pas rompus ; ainsi la chienlit s'installa entre les deux troupeaux.

Une mère allaitante rousse et son nourrisson.

La fraternité, de mise au début, s'estompa graduellement et la méfiance s'installa progressivement chez tous les membres de la communauté...

Je remarquai toutefois des situations qui m'intriguèrent particulièrement : je ne doutai pas que nous étions le but ultime de l'univers mais l'attitude de ces petits bipèdes malingres et vicieux -les hommes- me sembla suspecte. 
N'étions nous pas manipulés à des fins inavouables par ces sortes de monstres simiesques ?
Quels étaient leur but ? Ne se servaient-ils pas de ces situations troubles pour assouvir leurs ambitions ? Les gens qui s'occupaient des Limousines et ceux qui se chargeaient des Charolais semblaient rivaux...
N'étions nous pas devenus, au travers de nos vaines querelles, les instruments de leur lutte de pouvoir ?

Le lendemain de ma révélation, on me conduisit dans un camion avec une vingtaine de mes collègues roux et blancs vers un lieu que les petits hommes appelaient "abattoir". Quand je rentrai dans ce bâtiment où flottait une odeur âcre de sang et où des meuglement déchirants assourdissaient mes oreilles, je compris, trop tard, que notre vanité avait conduit notre espèce à se prendre pour la reine du monde alors que nous n'étions simplement que les jouets des ces bipèdes manipulateurs sans foi ni loi.

Vu le bide retentissant du premier épisode, j'ai dû prendre mon courage à deux mains pour publier cette suite particulièrement niaise...
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lundi 4 avril 2016

Les mémoires d'un bœuf. Partie 1.

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Avertissement : toute ressemblance avec un bovidé, un animal à cornes encore vivant ou un quelconque steak frais voire congelé existant ne saurait être attribuée qu'à de hasardeuses circonstances.


Chers bovins,

J'ignore par quel hasard malicieux ce texte vous parvient mais j'ai tenu, au cours de ma brève existence, à témoigner de la vie délicieuse d'un bœuf, roi du monde et ultime but de l'univers.

Je m'appelle Hannibal, je suis un beau et plantureux bœuf de race charolaise, natif du Morvan où se situent mes pâturages ensemencés d'herbe grasse et goûteuse.

Ma mère Clarabelle, une belle et solide compétitrice médaillée dans une grande ferme située à Paris, Porte de Versailles, me mit au monde à partir d'une goutte de semence du terrible Attila, 1457 kg, qui se révèle être mon géniteur.

Le plus costaud des papas.
 J'eus une enfance heureuse et ludique, je ne fus jamais à court de nourriture, à base de bon lait et de foin savoureux, servie par de drôles de petits bipèdes agités et bruyants. Ma mère m'ayant expliqué que la nature, dans son incroyable génie avait créé autour de notre espèce, un monde entièrement dévolu à notre race illustre. Le soleil se levait afin que nous ayons chaud, la pluie faisait pousser l'herbe qui croissait et se multipliait pour nous nourrir et ces bipèdes ridicules qu'on appelait "hommes" se mettaient à notre service pour la prospérité et la gloire de notre race.

Notre société vivait dans un ordre parfait avec ses classes hiérarchiques basées sur la puissance physique ; le veau représentait le bas de l'échelle avec des sous catégories dépendant du résultat  d'incessants combats singuliers. Rappelons à toute fins utiles qu'un troupeau de bovins est en constante évolution hiérarchique selon la force et l'agressivité développées par chacune et chacun d'entre nous ; l'accès aux endroits préférentiels où l'herbe est plus verte en dépend.  Les taureaux représentant l'aristocratie de l'espèce reine du cosmos.

Vers 13 mois, on m’emmena dans une sorte de lieu cultuel pour me castrer. C'était un rite initiatique qui marquait solennellement au sein de notre espèce le passage du statut d'enfant à celui d'adulte. Malgré une brûlure assez vive je revins au pré, fier comme un veau d'or. Quelques taurillons moqueurs et mauvais esprits transformèrent mon nom Hannibal en Annie en ricanant comme de vulgaires vachettes d'arènes. Le détachement hautain que j'observai les dégoûta rapidement d'autant que je commençai à glaner ça et là des médailles avec des panoplies de rubans multicolores !

À tel point que nos domestiques bipèdes ne cessaient de frapper stupidement la paume de leurs pattes maladroites, affreusement dépourvues de sabots. Ces êtres malhabiles faisaient vraiment partie d'une espèce inférieure juste bonne à nous obéir servilement. Je me demande encore comment la Nature pouvait fabriquer des créatures aussi niaises et laides... Sinon comme instrument adapté à la perpétuation de notre civilisation solaire incontestable.


Maman, je t'aime !

Paître, se repaître, mastiquer et ruminer, péter, pisser et déféquer, se mesurer à son alter égo ; tout le reste n'étant que futilités. L'hiver, les créatures bipèdes nous emmenaient dans des hangars chauffés et ne cessaient de nous servir du bon foin bien sec et quelques gourmandises bienvenues.

Dans ce monde merveilleux certains tenaient toutefois à se singulariser comme ce taureau de réforme Prouston (qu'on appelait Roustons en cachette) qui passait des heures à se mirer dans la mare de notre pré. Cette vieille carne considérait chacune de ses bouses comme une grandiose œuvre d'art et comble du ridicule, il se trouvait dans le troupeau des amateurs pervers pour les admirer !

Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes : les esclaves humains à notre dévotion, une vie nonchalante  à se régaler, le soleil, les oiseaux espiègles, la pluie bienfaisante, des herbes luxuriantes, une existence sans soubresauts, de la nourriture à foison... Que demander de plus ? 

Ce paradis sur terre prouvait incontestablement que nous étions les maîtres de la création puisque tous nos besoins étaient assouvis !

Quand un évènement inopiné survint un fameux jour du mois de mai. 

Alors que nos domestiques simiesques nous accompagnaient, nous nous aperçûmes avec surprise au détour du chemin, que le pré voisin était occupé par des bovins -aucun doute là dessus- roux. Ayant fréquenté la grande ferme du salon de Versailles, je reconnus immédiatement des Limousines.

C'est à se moment que tout bascula...


La suite de cette parabole sur l'ethnocentrisme dans trois ou quatre jours. 
Uniquement si vous avez aimé le premier chapitre. Autrement, à la prochaine !
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jeudi 10 mars 2016

Le chant du cygne d'un populiste archaïque. Oraison.


Chère toi, chers vous qui venez de moins en moins lire ce blog anachronique,

Déjà populiste jusqu'au bout de mes gencives lisses, puisque je suis un sans-dents, voici que je me vois défini par l'élite intellectuelle et politique de ce bon pays comme un conservateur gauchiste archaïque qui a le malheur de donner aux mots le sens que les gueux apprennent à l'école publique primaire.

Je sais : c'est mal !

Car avec nos technocrates et éditorialistes savants qui écument les médias, j'avais omis de découvrir qu'un nouveau langage et une rhétorique moderne avait vu le jour : le verlan dogmatique libéral !

 

Ainsi une contre-réforme n'est plus un retour en arrière mais un progrès, donc une réforme.

Le conservateur gauchiste est un révolutionnaire qui refuse de revenir aux conditions de travail fort modernes du début du 20ème siècle.

La précarité n'existe plus : elle s'est transformée en flexi-sécurité (vous noterez que le terme "sécurité" est en entier)

Le socialisme (dont Valls veut changer l'intitulé)  n'est plus de gauche puisqu'on l'appelle le social libéralisme. Comme dans un jeu de chaises musicales, le socialisme se range à droite, la droite se pousse à l'extrême droite, l'extrême droite triche en se glissant à gauche et la gauche ordinaire est le dindon de la farce en se retrouvant repoussé aux extrêmes.
Ainsi va cette joyeuse dialectique, dont personne n'est dupe hormis celles et ceux qui l'emploient, pratiquée au sein de la presse nationale ou internationale.

Dans cet univers médiatique dégénéré où on vous raconte, en vous prenant pour des cons, que le licenciement préfigure en théorie de multiples embauches, que le plafonnement remplace le plancher du sous-sol, que la modération des salaires et la précarité sont censées combattre le chômage qui pourtant s'accentue.

L'avenir est le passé, le salarié devient son propre patron,  le rose se mue en jaune, le bleu en fleurdelisé, le brun en rouge, le progressiste de gauche est devenu l'archaïque, le populiste un crétin obtus, le journaliste médiatique la référence intellectuelle indiscutable, le patron un missionnaire philanthrope.

Je vous défends de rire !

On vous assène qu'en travaillant davantage pour moins de revenus, vous participerez à l'essor de l'économie alors qu'il n'existe quasiment aucun débouché commercial du fait de la crise qui touche absolument tous les pays occidentaux qui, soit trafiquent honteusement leurs chiffres d'emplois soit augmentent considérablement leurs travailleurs pauvres pour assécher des statistiques catastrophiques !

Bref  ! Tous ces arguments que les pseudo économistes payés à prix d'or vous balancent sans pudeur ni la moindre décence, ne sont que faux-semblants, mensonges, camouflages, trucages, tartufferies.

Nos communicants font de cette société qui nous dégoûte tant, un monde abject où la notoriété avec ou sans mérite est la valeur suprême, où l'argent est un passeport pour franchir les lois et les frontières en toute impunité et où l'immoralité et la corruption rôdent à tous les échelons.

Enfin permettez-moi de vous conseiller un site superbe (http://www.bilan-ps.fr/liste) qui vous énumère de manière très détaillée et exhaustive le fabuleux bilan du PS depuis 2012. 

Ce monde marche à l'envers mais patientons, le retour de bâton ne saurait se faire attendre.

Nous vaincrons parce que le mauvais maquillage ne tient jamais bien longtemps dans la durée.
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mardi 8 mars 2016

Demain au menu : filets de Macron accompagnés de leur soupe à la grimace.


Amies, amis, amigo, friends, amici, freunds,

J'ai compris en lisant certains commentaires sur Twitter combien l'esprit caustique manquait aux justes combats de la gauche archaïque à laquelle je m'enorgueillis d'appartenir.

Bon, admettons que j'adore jouer au prétentieux pour faire grincer les dents des grincheux...

Aussi, sortant de ma douce torpeur, je jaillis tel un diable à ressort de sa boite en bakélite, voire comme une génération spontanée de milliers de Gremlins aspergés par les innombrables pluies franciliennes.

Cessons le cabotinage stérile et attaquons-nous à la nouvelle star et bellâtre du libéralisme franchouillard ultra moderne, j'ai nommé la poupée gigogne Emmanuel Macron !

Ce montage est certes hideux mais tellement empreint de lucidité modeste.


D'abord, certains se demandent avec raison, pourquoi je qualifie ce brave homme de poupée gigogne ? Et bien parce que ce garçon qui semble bien élevé est si creux qu'il recèle à l'intérieur de son apparence, d'autres poupées cachées bien moins affriolantes et sexy.

Lorsque vous ouvrez la première poupée, vous découvrez d'abord un vilain petit bonhomme qui a promis monts et merveilles à un peuple crédule qui lui fera payer cher sa duplicité en 2017.

Lorsque vous démontez la troisième poupée, apparait un Pierre Gattaz grimaçant, le président du MEDEF avec son célèbre badge jaune.

Dans la 4ème figurine, se terre la presse libérale, c'est à dire 95 % des grands propriétaires qui font la pluie et le beau temps dans ce pays.

Puis, plus vous démontez de poupées, plus les représentations apparaissent affreuses et manipulatrices.
 Parce que le dernier poupon est en réalité l'âme du projet, son cerveau et son inspiratrice. Le reste n'est qu'armures et déguisements. 
Emmanuel Macron n'est que le costume de scène de notre ennemie depuis Le Bourget en  2012.

J'ai nommé la Finance internationale ou si vous préférez, ceux qui détiennent financièrement les cordons de la bourse, les lobbies, les liquidités pour gagner les campagnes électorales, l'argent qui achète des votes et des individus, le fric qui corrompt, quoi !

Cet implacable adversaire que notre héroïque candidat, la voix chevrotante devant l'ampleur de la tâche, promettait de terrasser devant une foule socialiste en transe extatique. 
Fin du jeu.



La nouvelle loi sur le travail que défend cette gauche prétendument moderne, celle qui réclame davantage de "flexi-sécurité", sorte de barbarisme nauséabond pour faire passer les licenciements plus facilement et embaucher au prix que fixera le marché -rémunération d'autant plus basse que le nombre de chômeurs sera élevé- afin d'atteindre, selon elle, une économie semblable à nos voisins pourtant bien mal en point malgré leurs stratagèmes.

Cette liberté totale qu'exigent à cors et à cris les ultra-libéraux conduit donc à augmenter les profits en licenciant et en embauchant aux plus faibles salaires possibles vu le nombre de candidats disponibles sur le marché du travail.



Dans l'absolu, pour les entrepreneurs libéraux, le comble de la liberté économique pourrait se réduire à une sorte de retour à l'esclavage ou à la régression vers les journaliers payés à la tâche comme au 19ème siècle. Citons le statut d'autoentrepreneur où le salarié paye ses charges -forge ses propres chaînes, j'allais dire- nouveau piège à cons du 21ème siècle...

Le futur autoentrepreneur accumulera les inconvénients du salariat précaire avec la nécessité de payer toutes ses cotisations sociales autrefois partagées avec son patron. Inutile de vous dire qu'il ne faudra pas trop compter sur une pension de retraite décente pour ses vieux jours !

Soyez votre propre patron, vous serinent-ils ! N'en faites rien, vous le regretterez !

Pour terminer, je vous déconseille fortement de goûter aux filets de Macron avec sa soupe à la grimace.

C'est une purge indigeste. Un brouet infâme.

Et puis le 9 mars, pour ceux qui le peuvent, participer à la manifestation contre la loi sur le travail montrera aux gouvernants, selon la réussite ou l'échec, votre volonté de faire face ou démissionner de vos responsabilités. 
Cette démonstration sera sans doute la dernière occasion de prouver à ces gens qui nous gouvernent tout en nous méprisant, tout le bien qu'on on pense du monde abject qu'ils nous imposent jour après jour.

Les présidentielles de 2017 seront une farce pseudo démocratique tronquée où il nous faudra choisir au second tour entre la peste, le choléra ou la variole. Je choisirai sans hésiter la pêche aux gardons.

Contrairement à ceux qui parlent de modernité de de réformes alors qu'il s'agit évidemment du retour masqué du capitalisme de grand-papa, il est de notre devoir de résister à une aspiration vers les bondes de la précarité et de la pauvreté.

Question de dignité. Si ce mot a encore un sens pour vous...

N'étant qu'un vulgaire bateleur de foire sans culture ni connaissances, je me permets de vous signaler un papier solidement argumenté sur le monde merveilleux que le gendre idéal, E Macron prépare à vos enfants. Vous me remercierez de vous avoir averti.
Dans 10 ans lorsqu'il sera trop tard. 

On peut être con et visionnaire. 

Pour vous servir. 

Je vous embrasse parce que vous êtes (difficilement) parvenu à cette dernière ligne et avouez que ce n'est pas un mince exploit.

Poil au doigt.
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vendredi 22 janvier 2016

Ça suffit ! Il faut mater cette populace indisciplinée, merde à la fin !


Avertissement : l'index malhabile qui a tapé ce texte, est piloté par un esprit malade, dérangé, soupçonneux et rebelle. Aussi, n'accordez pas trop d'importance à un texte dicté par tant de vices plus ou moins cachés.

 

Ami(e)s révolutionnaires, compagnons apolitiques, adversaires réacs, bonsoir ! (oui, je m’enorgueillis de rassembler en nombre, ici bas, tout un éventail d'opinions)

Le brave monsieur Manuel Valls, Premier ministre de par sa fonction, main armée du faux derche monsieur François Hollande par destination a déclaré avec un aplomb de toréador agitant sa muleta devant le taureau moribond, que l'état d'urgence durerait aussi longtemps que l'épouvantail Daech survivrait. On peut donc raisonnablement évaluer cette durée, selon son évolution sur le terrain, à un bon siècle.

Avouez qu'il y a lieu à bien rigoler quand on est Anglais, Allemand ou Sud Africain ou même Zarboukien de la planète Zarbouk !


Atlantico Busisness


Ainsi, toutes les mesures de l'état d'urgence seront maintenues jusqu'à une hypothétique disparition du petit Satan, Daech ! Vous vous demandez alors pourquoi laisser autant de pouvoir à la Justice administrative et continuer à dissoudre toutes associations jugées dangereuses, perquisitionner au pif, contrôler la presse au besoin et réduire les manifestations ? Le danger est là mais comment les autres pays européens font-ils pour se défendre sans état d'urgence ?

Ouais. Je sens que vous êtes en train de virer mauvais esprit !

Vous commencez à vous interroger s'il n'y a pas anguille sous roche et quelles sont les véritables raisons du glissement de notre société vers une sorte de totalitarisme mou, dirigé à priori contre un péril extérieur, accessoirement contre une partie de nos concitoyens et amis musulmans qu'un pouvoir méfiant  juge perméable à certaines idées intégristes...

Je ne comprend pas que la majorité des observateurs, soit par hypocrisie soit par cécité volontaire ne voient la lente progression de nos institutions vers un verrouillage par la gauche socialiste et la droite dite républicaine qui sont pratiquement d'accord sur les questions diplomatiques, sécuritaires et économiques, autrement dit sur tout. Le Front National servant de repoussoir utile aux uns ou aux autres comme je l'ai dit dans un billet récent.

La société est bloquée devant un consensus politique de fait. Plus aucune alternative politique n'existe dans ce pays. 

La France est en état de léthargie, ses citoyens ne pensent plus, effrayés par les dangers que les médias se plaisent à lui soumettre.

Et puis intervient le diaphane et falot, monsieur Emmanuel Macron, la main invisible du marché, être humain dont le charisme atteint la transparence d'une méduse ou d'une amibe qui ne cesse de nous rappeler, comme un mauvais élève lance sans cesse une boulette dans le dos de ses professeurs, que les mesures structurelles les plus rétrogrades sortiront la France du marasme économique.

Un peu comme si on décidait dans un pays disposant de quelques centaines de véhicules de doubler la largeur des autoroutes ! Ces technocrates n'ont JAMAIS rien compris à la base de l'économie : sans activité et pouvoir d'achat, les réformes structurelles ne servent à rien, bien au contraire !

Mon billet étant trop long, je vous dirai très prochainement comment ce gouvernement ou ceux d'après 2017, poussé par les oligarques va s'y prendre pour imposer des mesures structurelles drastiques en profitant opportunément de la peur grand méchant loup Daech.

Si toutefois, cet articulet merdeux vous a un tant soit peu intéressé ou a développé votre curiosité. Je vous causerais du fameux article 16 de la Constitution.

Nonobstant, je pars me réfugier dans mon nid sordide et déclare vous aimer quand même !
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mercredi 23 décembre 2015

Sympathisants socialistes, portez fièrement votre nouveau pins "#JesuisPétain"


Chères brebis galeuses, chers moutons égarés,

Toujours à la pointe de l'actualité sordide, dans la ligne de notre maître à tous, j'ai nommé l'illustre Macron, une fulgurance a illuminé mon cerveau trop avachi par une précarité sans cesse renouvelée.

Le directeur de ma micro entreprise, la Cuicui corporation Ltd, toujours à la recherche de marchés nouveaux afin de devenir milliardaire comme le rêvent tous les jeunes Macroniens (c'est même à ceci qu'on les reconnait) a hérité d'une idée géniale après l'annonce par le président François Hollande et de son premier ministre Manuel Valls du projet de réforme de la Constitution, qui inclut l'extension de la déchéance de nationalité pour les binationaux nés français.

Mesure qui rappelle exclusivement les heures les plus "brumeuses" de notre Histoire. Dont celle-ci, entre autre : 



Aussi.

Après les succès éblouissants des campagnes suivantes du Parti Socialiste et du Medef avec leurs pins qui ont marqué à jamais l'histoire politique de notre pays :


Dans le seul but d'aider mon pays à lutter contre ces féroces terroristes extrémistes dont le sacrifice suicidaire est l'aboutissement d'une foi fanatique menée à son paroxysme dans l'inhumanité, sachant nonobstant, que dans la plupart des cas, leur déchéance sera inutile tant ils refusent de se laisser prendre vivants ; j'ai créé ces deux pins à arborer fièrement sur le revers de son veston ou de son tee-shirt pour les plus pauvres.
Car il s'agit d'être en phase avec son temps dans les pires situations. Voici  donc mon projet de pins :



Parce que, cher troupeau, le but du socialisme (terme ô combien désuet) national libéral à la sauce Vallso hollandaise n'est pas la lutte finale mais bien le final de la lutte.

Le socialisme pacifique suranné  de Jaurès est mort, vive le Front Libéral Unitaire du Combat pour l'Humain, vive le FLUNCH !


Un joyeux salut gauchiste, chers camarades !


PS : je m'étais fait chier à pondre précédemment, un billet confondant de finesse et d'analyses subtiles : à peine quelques lecteurs ont daigné le parcourir. Je dépose ici mon tablier de philosophe gaucho à la mords-moi-le-nœud. Le monde intellectuel français ne sait pas ce qu'il perd...

Poil aux paires. C'est très vulgaire, je sais.

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mardi 15 décembre 2015

Front National et attentats ou la subtile arme par destination des stratèges des pouvoirs.


Salut les marmottes !

Pris par une subite et morbide envie d'écrire, j'avais eu envie il y a quelque temps d’échafauder une théorie -sûrement foireuse- montrant combien la montée du Front National et les effrayants attentats de Daesh pouvaient servir à l'oligarchie (je n'aime pas ce terme) d'instrument afin d'établir hypocritement un nouvel ordre social autoritaire muselant à la fois les musulmans et les gauchistes.

Je vais d'abord donner la définition de l'expression "arme par destination" : il s'agit d'un objet dont la fonction première n’est pas d’être une arme mais qui est utilisé, ou destiné à être utilisé comme tel dans certaines situations. Elle est opposée aux armes par nature.

Bien entendu, dans notre cas, il ne s'agit pas d'une arme à proprement dit mais d'un concept qui s'apparente à la répression.


Un joyeux jour de décembre 2015 à Paris.

Je sens que vous ne suivez pas encore mon raisonnement, mais ça va venir, soyez patient.


Intrigué depuis longtemps par les tendances médiatiques profondes favorisant outrageusement les thèses du Front National, sachant d'autre part que les médias sont détenus par moins d'une dizaine de propriétaires (je connais d'avance les critiques que certains vont avancer sur la source de cette liste mais hélas pour eux, les faits restent des faits).

Sachant ensuite que le pouvoir d'un grand pays n'est certainement  détenu par un seul homme, même élu, mais par un aréopage, informel et hétéroclite, politico-économique auquel s'ajoute des penseurs universitaires (même si ceux-ci l'ignorent), certains leaders d'opinions et surtout ceux qui nous distillent les informations (pas le journaliste lambda, bien sûr).

Je me suis dit -peut-être dans un délire psychédélique- qu'un consensus s'était noué entre les décideurs des deux grandes formation (PS et LR), censées être républicaines, et ce fameux aréopage cité plus haut.

Ces gens ont semble t-il, fixé quatre axes forts, quelque soit le parti au pouvoir.

- En premier, profiter de la situation actuelle pour renforcer l'autoritarisme et les mesures d'exception.
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- En second,  accentuer les mesures et réformes ultra libérales dans ce pays et combattre tous les  gauchistes et écologistes contestataires
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- En troisième, lancer une offensive contre des mouvements musulmans politiques ou religieux sensibles qui les inquiètent. Dans le but d'effrayer pour éviter que ces mouvances ne basculent dans une hostilité trop marquée.
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- Assécher toute immigration.


Ceux-ci peuvent exulter !

Je crois que cette oligarchie (j'allais dire "l'aréopagie"), résolument libérale, utilise opportunément, les évènements dramatiques et les hommes de la majorité comme de l'opposition qui sont convertis de longue date à leurs convictions pour lancer une offensive idéologique de grande envergure.
Ces gens, tous convaincus par les thèses de Renaud Camus, de Finkielkraut, Zemmour, Houellebecq, BHL et théoriciens blairistes avancent masqués tant ils ne peuvent combattre à visage découverts et dévoiler ainsi leurs véritables desseins. 

D'où leurs subtiles manœuvres.

Les attentats meurtriers du 13 novembre ont accéléré le processus pour mettre en œuvre leur mainmise sur le pays et étouffer toute contestation.

Et le Front National me direz-vous ?

Le Front National est le chien de garde du système. Dès qu'une brebis ou un groupe de moutons s'égare, on envoie le canidé pour que les rebelles (de gauche, d'extrême gauche ou du centre, presque jamais de droite) rentrent dans le troupeau électoral !

On gave les médias du méchant loup pour le faire croître et multiplier parce qu'on a besoin d'un épouvantail, soit-disant hors système pour maintenir les partis de gouvernement hors de l'eau. Le FN est l'idiot utile de la 5ème république ! 

Le plus drôle est que les réactionnaires se pensent minoritaires alors que désormais ; quelque soit la gouvernance, de droite comme de gauche ; leurs idées sont au pouvoir par procuration...

Certains pourraient arguer que ce billet possède une connotation conspirationniste : ce n'est évidemment nullement le cas étant donné que je ne réfute ni la source des horribles attentats, ni la poussée du FN. Je souligne simplement les extraordinaires facultés d'adaptation et l'immense opportunisme des pouvoirs qui nous gouvernent.

Et puis c'est tout.

Poil au cou.

mardi 8 décembre 2015

Ami socialiste, avant de devenir Sarko-compatible en 2017, prends ta posture d'Estrosi-compatible modèle 2015 !

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Amis socialistes,


Dieu seul sait combien j'apprécie votre rigueur politique, combien j'admire  vos grands hommes politiques tels Guy Mollet, Alexandre Millerand, Michel Rocard, François Mitterrand et le dernier, mais non le moindre, François Hollande.

Tous, hommes sans concessions, le regard rivé sur le bien-être du peuple, soucieux du partage des richesses et de la perpétuation du socialisme de Jaurès.

Pardonnez la larme qui vient de couler sur mon clavier. Je prends le temps de l'essuyer... Je suis trop émotif : ma sensibilité me perdra.


Donc disais-je, en ce sinistre soir du 21 avril 2002, Lionel Jospin le candidat socialiste mais n'osant jamais l'avouer pendant la campagne électorale - probablement par pudeur - battu de peu,  la voix cassée par l'émotion, demanda à ses électeurs de reporter leurs voix sur Jacques Chirac face à l'ogre nain Jean-Marie Le Pen.

Après que les électeurs de gauche devinssent des Chiraco-fans et lui apportent la présidence sur un plateau d'argent, le président du RPR les remercia élégamment par un joli doigt d'honneur. Nos socialistes sont les maîtres de la désertion et des longues négociations foireuses : il s'agit là d'une pratique atavique.

La gauche prit 10 longues années de purgatoire. François Hollande pantouflant à la tête de son parti, résigné devant la marche inexorable du rouleau compresseur  DSK..

Bref !

Après une campagne brillante de notre revigoré et madré héraut du socialisme révolutionnaire, François Hollande ; prêt à en découdre avec la finance - il aurait mérité un César pour cette interprétation magistrale - "Retenez-moi ou je fais un malheur !" ; fit une politique tellement à droite que ma grand-mère gaullo-pétainiste, collabo-résistante, bigote de longue date en avala son dentier pendant une transe extatique provoquée par une conférence de presse de François !

Maintenant amis socialistes, trêve de plaisanteries, on va vous poser le problème clairement.

Monsieur Manuel Valls, qui a pesé pendant la primaire socialiste de 2011,  5 % ( il est bon de le rappeler), débordé par une défaite cuisante dans 3 régions stratégique a choisi, la tactique de déserter. Comme l'armée de Charles-Denis Bourbaki en 1870. Le ministre abandonnant sans aucune concession le Nord Pas de Calais Picardie, la région PACA et le Grand Est aux droites dont on se demande encore lesquels sont véritablement républicaines !

En plus de cette fuite en rase campagne, ce cher Manuel, demanda à ses ouailles de voter pour ceux qu'elles combattaient au 1er tour !

Nonobstant ne vous leurrez pas, le cas se reproduira à coup sûr en 2017 car les socialistes n'ont rien compris, tapant stupidement, sans cesse, sur leurs anciens alliés de gauche sans lesquels il est quasiment IMPOSSIBLE de gagner une présidentielle !

La bêtise au mufle étroit, tellement sûre d'avoir raison, envoie donc ses électeurs, instrumentalisés comme de petits soldats anesthésiés, combattre aux ordres d'un douteux Christian Estrosi, flirtant avec l'extrême droite ou se mettre à la solde d'un Xavier Bertrand, politicard professionnel et chattemite ambitieux  !

Oserez-vous vous regarder dans un miroir après avoir combattu aux côtés de ces gens et leur avoir donné vos suffrages. Eux qui vous méprisent à un point que vous n'imaginez pas ?

Êtes vous prêts à tout accepter du petit caudillo pour éponger ses erreurs non assumées et satisfaire à ses ambitions démesurées ?

Parce que vous le savez bien, on vous demande pour dimanche de devenir Estrosi-compatible ou Bertrand-compatible. 

Je suis presque certain qu'on vous demandera en mai 2017 de vous muer en Sarko-compatible ou de vous déguiser en Juppé-compatible !

Et vous en prendrez encore pour 10 ou 15 ans ! Si vous restez bornés, tant pis pour vous - ce ne sera pas faute de vous avoir prévenu -

Voter en 2002 pour Chirac en se pinçant le nez, passe. Mais voter Estrosi en 2015, jamais, y compris avec une pince à linge sur le nez. Quant à voter Sarkozy en 2017, n'y pensez pas, même en rêve !

Surprenez-nous, socialistes du grand Nord et du petit Sud. Soyez dignes. Pensez à toutes celles et tous ceux qui sont responsables de cette impasse et faites votre choix avec courage.

Poil au visage.

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mercredi 27 mai 2015

Notre nouveau journaliste d'investigation en immersion, Jean-Michel Aphatie, a testé spécialement pour les lecteurs de ce blog : le chômage.

Avertissement préalable : toutes ressemblances avec un personnage réel ou des évènements actuels ne seraient que pures spéculations. La dérision de ce témoignage imaginaire n'engage que l'auteur anonyme de ce blog ignominieusement pervers.



Chers amis loyaux et fidèles supporters,

Avant tout récit, je tiens tout particulièrement à remercier monsieur Cuicui, patron du célèbre et cultissime blog "les divagations énervées d'un oiseau de mauvais augure" de m'avoir embauché après l'odieuse suppression de mon poste d'interviewer lors de la matinale de RTL, conjointement à ma probable et non moins scandaleuse éviction du "Grand journal' de Canal + qui me rapportait suffisamment d'argent pour rembourser les crédits de mes trois villas au pays basque, à Saint Tropez et aux Caraïbes ainsi que mon loft du  7ème arrondissement de Paris et les deux appartements de mes enfants, avenue de Friedland.


En immersion dans l'armée prussienne (1867)


Ce saint homme (Cuicui) injustement méconnu, écoutant une bonté surnaturelle qu'il a chevillée au corps, m'a confié pour mission de réaliser des reportages en immersion totale dans des milieux hostiles et dangereux. Pour information, ma prochaine mission consistera à effectuer une enquête périlleuse dans des quartiers pauvres du neuf-trois, comme dit la plèbe.

Mon employeur a insisté pour que je suive une école de journalisme d'investigation car d'après lui et selon les canons sacrés de l'économie de marché, la formation continue constitue une des deux qualités d'un bon journaliste. L'autre étant une complète adéquation entre l'enquêteur et un système politique bienveillant qui considère l'équilibre budgétaire comme un but en soi (mais il s'agit déjà de mon crédo).
Mon patron a donc profité de l'aubaine d'un contrat aidé pour m'embaucher : je ne lui serai jamais assez reconnaissant, d'autant que  son blog, selon ses dires, est lu par plus de 362 visiteurs uniques par mois ! Ce qui n'est pas une peccadille pour un journaliste de mon envergure.

Maintenant je vais vous narrer le volet social de ma première enquête de terrain et les horribles tourments psychologiques endurés par votre serviteur et tous les chômeurs suite à nos licenciements.

Je me suis donc rendu, sitôt ma situation confirmée, au pôle emploi le plus proche de mon domicile, rue de Saint-Pétersbourg dans le 8ème arrondissement de Paris. J'ai dû subir une longue attente entrecoupée de sympathiques séances de dédicaces sur des convocations mais aussi parsemée de quelques quolibets pointant de soit-disant chiens de garde de l'ultra-libéralisme. J'attendais mieux de la tenue de chômeurs fréquentant le pôle emploi du plus prestigieux arrondissement parisien !

L'employé qui me reçut semblait au courant de ma situation et me tint un discours que je ne pus contester sans sombrer dans un gauchisme échevelé. Il me déclara que le patronat, acteur essentiel du  système économique, fondé sur la rentabilité et la performance, licenciait à juste raison ceux qui ne rapportaient plus suffisamment de profits à leur employeur et qu'il se trouvait, malheureusement, que mon créneau horaire sur RTL, battu en brèche par la concurrence justifiait un remplacement salutaire pour l'actionnaire...

Veuillez rectifier le verbe "rapporter" par "rapportait"


Je ne pus que m'incliner devant des principes et des arguments que j'ai toujours défendus avec âpreté et conviction. Non sans un certain pincement au cœur. Un vague ressentiment gauchiste vint frôler mes pensées : je le chassai avec vigueur. Chacun sait bien que l'économie de marché, la compétitivité et l'austérité sont les règles de la survie de notre société, par le sourire de Tony Blair et la perruque rousse de Margaret Thatcher !

Les jours suivants je dus subir un long calvaire. Passer d'un revenu de 27.000 € par mois au SMIG que m'octroya le généreux Cuicui fut une épreuve que ma famille vécut avec douleur. Je souligne ici la  détresse épouvantable que doivent essuyer les chômeurs passant d'un salaire de 10.000 à 30.000 € à un salaire minimum ! Cette immersion m'a fait comprendre une certaine réalité sociale qui m'avait échappée jusqu'ici... Des larmes dans la voix, je demande pardon à mes fidèles auditeurs.

Le pire s'annonça quand les organismes de crédit me réclamèrent les 17.438 € mensuels dus au titre du remboursement de mes acquisitions immobilières. Je vous passe le nombre de nuits passées devant la table de cuisine à boire du gros rouge qui tâche jusqu'au coma éthylique.
Je vous écris ces lignes avec une émotion particulière. À cette heure, je n'ai plus de domestiques, je ne me suis plus lavé depuis des jours, mon lévrier afghan est couvert de puces, mes vêtements sentent la sueur, on ne me reconnait pas dans la rue, plus personne ne veut de mon avis. 

Je suis devenu un zombie social, sacrifié au champ d'honneur sur l'autel de l'ultra libéralisme comme un brave petit soldat mort courageusement pour que le capitalisme financier sauve la France et le monde occidental menacés de toutes parts.

Oui. Le chômage est une véritable tragédie mais néanmoins un passage obligé pour rétablir l'équilibre de nos comptes et d'étayer le bonheur des futures générations qui vous seront reconnaissantes à jamais en glissant sur vos tombes un magnifique bouquet de chrysanthèmes multicolores en hommage à votre sacrifice économique ! 


c/c Jean-Michel Aphatie



PS : Le taulier de ce blog m'a demandé de laisser pousser ma barbe et de m'entraîner au tir à la kalachnikov afin d’effectuer un prochain reportage en immersion totale en Syrie... Par déontologie, j'ai accepté : mon billet, un aller simple pour la Turquie fourni par mon employeur est déjà dans ma poche. J'ai hâte de vous faire partager mes impressions, de vous fournir enfin des preuves visibles de ma compétence et de montrer à tous que j'ai bien la tête sur mes épaules.