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mardi 18 mars 2014

Le vent et le blogueur.




CE BLOG





MOI






Les longs discours sont superflus.

L'air et le vent sont les meilleurs amis du blogueur.

Pour mon 273ème billet sur ce blog (je ne suis pas très prolifique), je me permets de remercier infiniment ces deux éléments naturels pour leurs contributions involontaires mais efficaces au rayonnement de mon "inspiration".

C'était mon instant d'aigreur lucide et de désespoir cynique.

Un petit coucou et un grand merci éperdu de reconnaissance à toutes celles et ceux qui ne dédaignent pas prendre leur bol d'oxygène appauvri et leur dose de banalités enrichies sans risque de brûler leurs neurones en fréquentant ce vil lieu de perdition morale.

 Poils aux dorsales.

Vouloir changer le monde grâce à un blog est vain.

Poils aux reins.

Il ne sert à rien de relater notre vécu.

Poils au cul.

Néanmoins nous vaincrons parce que nous sommes les plus drôles.

Poils aux épaules.

C'est la morale de l'histoire.

Poils aux nageoires.
 
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mercredi 2 janvier 2013

Blogueurs, twitter et magie noire. Une trilogie tonitruante teintée de sexe...

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Ce texte largement réaménagé et actualisé a été rédigé et publié en 2010 dans une indifférence générale.


Allez hop ! Pour commencer l'année en fanfare, voici une parodie, supposée humoristique sur l'univers des blogueurs et des twittdos. 

Il est peu courant que la blogosphère se moque d'elle-même mais comme il est encore plus rare que le milieu journalistique le fasse à ses propres dépens, montrons que le recul, la dérision et l'autocritique ne se retrouvent pas forcément chez les professionnels médiatiques à la recherche d'une crédibilité de plus en plus contestée . Chacun, moi compris, pourra y retrouver une miette de ses fausses certitudes et de son ego plus ou moins dimensionné...

Toutefois je ne suis pas certain qu'elle fasse rire tout le monde, mon humour tombant trop souvent à plat.
 

 Voici le début d'une publicité imaginaire...


PUB

Blogueurs influents, grâce au e gri-gri en poils
d'éléphants synthétiques hypoallergéniques
du Grand Marabout Doudou Kouyabadiou,
perdez votre addiction aux classements des blogs, à la quantité de visiteurs ou à votre nombre d'abonnés twitter et profitez-en pour soulager votre souffrance morale !

Après de longues études dans la terrible jungle du Congo, le célèbre Mage Doudou Kouyabadiou, crypto-philosophe  sophrologue africain de réputation internationale,  a mis au point un e gri-gri adapté aux techniques modernes d'Internet. Cet illustre Docteur Honoris Causa de la Sort Bonne, rivière située à deux pas des mares aux crocodiles, diplomé d'Os Fort, le cimetière d'éléphants, initié aux pratiques de magie noire par la terrible sorcière Nadimorano, est de surcroît professeur émérite de la clairière aux gorilles d'Art Ward.
Il est le seul enchanteur diplômé à avoir dévoré cru le lobe frontal d'un ingénieur de Google, une gonade d'un pigeon libéral, le cervelet d'un trader de la City et un demi cerveau de vendeur de l'Applestore.
Toutes ces références intellectuelles pour souligner combien ses compétences dans les techniques d'Internet sont indiscutables !

Devant les insondables douleurs psychologiques suscitées par les bouleversements du classement Ebuzzing, notre agrégé en magie noire, a conçu dans l'urgence un discret e gri-gri tressé en forme de couronne que vous pourrez obtenir pour la modique somme de 14,95 €. 

 L'effet de ce porte bonheur est MAGIQUE ! En quelques jours, votre addiction  et vos tourments disparaîtront comme par miracle !
Lisez donc ces quelques témoignages édifiants !

SIM3.jpg

Voici au hasard, quelques réactions de clients forcément satisfaits sélectionnés par Maître Col Vert, huissier de justice.

De M. xxxxx à L : 

Ô Grand Gourou, je tiens à vous remercier d'avoir sauvé ma santé mentale. Fut un temps, Ebuzzing était devenu pour moi, un Dieu insatiable et exigeant : dès potron-minet, je vérifiais mon classement et contrôlais les liens entrants de mon blog. Chez moi, tout tournait en rond : mes liens, mes amis du Web, ma blogroll. Malgré tout je ressentais une félicité sans pareille car je figurais dans l'élite des classements du Web.
Ma famille était très fière de moi et dans mon entourage, on me prenait pour un grand influenceur politique : de fait, en regardant les journal de J.P Pernaud, sur TF1 et celui de David Pujadas sur France 2, je retrouvais pratiquement  les mêmes commentaires que mes  billets inspirés des dépêches AFP à peine modifiées et recopiées sur mon blog. 

J'ai d'ailleurs écrit aux deux rédactions pour leur faire connaître ma colère et ma désapprobation : indubitablement, Messieurs Pernaud et Pujadas se servaient de mon blog pour élaborer leurs journaux respectifs !
Léon, mon voisin, m'appelait "Monsieur" et les gens du quartier me surnommaient "le journaliste". Néanmoins, je restais toujours modeste, un petit sourire entendu au coin des lèvres, un peu à la manière de mes confrères Edwy Plenel et  Jean-Michel Aphatie...
Et puis, catastrophe ! Les visites se sont faites de plus en plus rares et les classement n'existaient plus.
J'ai sangloté toute la nuit. Sur les conseils de tous mes potes du Web, j'ai tweeté, Retweeté, rédigé 3 billets insignifiants par jour pour appeler toujours plus de tweets et de Re-tweets. 

Pour vous dire, Ô Mage, à la fin mes billets étaient constitués de 7 points d'interrogation, chacun dirigé vers le lien d'un influent. Les boutons "twitter" constellaient ma page d'accueil, et mes abonnés se comptaient par milliers

Avec le recul ma gorge se serre,  je sens sourdre le pathétique  de la situation, quel naufrage, mes amis !
Fatalement, j'ai craqué. Victime des quolibets de mes voisins, j'ai frôlé le suicide jusqu'à la découverte miraculeuse d'une de vos annonces.
Professeur Doudou Kouyabadiou : vous avez sauvé ma vie ! En commandant un  e gri-gri en poils d'éléphants synthétiques hypo-allergéniques pour le prix dérisoire de 14,95 €, non seulement j'ai commencé à rédiger des billets qui voulaient dire quelque chose, mais surtout, je me suis guéri à jamais d'une névrose obsessionnelle qui me conduisait à la folie. 

MERCI. MERCI. MERCI.

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De Mme R de L :  

Récemment créatrice d'un blog politique, mon but se résumait à atteindre, quel qu'en fut le prix, LA notoriété voire une certaine célébrité.  
Je liais, je RE-liais, je RE-RE-liais, puis j'ai touitté, RE-touitté, RE-RE-touitté. Puis j'ai commenté, RE-commenté, RE-RE-commenté les blogs des influents. Enfin j'ai léché, RE-lécher, RE-RE-léché ce que la blogosphère comptait de célébrités.  Après le départ de mon mari j'ai flippé, RE-flippé,  RE-RE-flippé.
Depuis... LA RÉVÉLATION : Une nouvelle vie pour seulement 14,95 € grâce au puissant et vigoureux  Lutin KOUYABADIOU, vous trouvez ça cher, vous ?
Les classements et le nombre de visiteurs ? Désormais, je m'en tamponne complètement !
Je viens de créer un nouveau blog appelé "Violette, sexe et sociologie", il est spécialisé dans les techniques sexuelles. On y jouit, on s'y éclate comme les bêtes de la jungle et les jets de sperme maculent nos écrans. Des dizaines de milliers de visiteurs, ivres de plaisir,  viennent s'y vautrer. Comme quoi, audience et qualité peuvent coexister pour le plus grand bonheur de  Dame Culture. 

MERCI Ô GRAND MARABOUT !!!

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De Monsieur V de P :
  
J'étais prêt à tout pour réussir dans le journalisme, ce cousin germain du bloguage... J'acceptais alors de rédiger quelques petits articles payés une misère dans quelques pure-players comme on dit dans le jargon. 
Les rédacteurs de la presse internet promettaient peu d'argent mais beaucoup de notoriété monnayable par la suite, disaient-ils. En fait il s'agissait d'un marché de dupes : quelqu'ait été votre talent, on n'a jusqu'ici,  jamais observé de blogueurs devenir professionnel de la presse. Ou si peu.
Sur Internet les chapelles foisonnent : les Rézo des copains, les blogs des leftblogs, du front de gauche, les identitaires, les lepénistes softs, les ultras gauchos de parade, les kiwis, les Vigilants, les bayrouistes, les sarkozistes copéiens, les fillonistes sarko-chiraquiens, les people, les journalistes, les blogueurs vedettes.

 Tous les débats restent horizontaux ,  people à people ou journalistes à people,  ou  blogueurs de droite entre eux, personne ne se mélange. Avez vous déjà vu des gens connus intervenir dans des blogs d'anonymes, vous ? Un, deux, Pas plus !
Il est presque impossible de faire cavalier seul dans cet espace sous peine de ne figurer dans aucune blogroll ou abonné twitter ! 

Le même texte signé par une célébrité ou un inconnu verra sa diffusion varier de 1 à 100 !

Qu'importe l'originalité, le talent, la découverte : la Toile est la préfiguration de la France communautariste de demain mais je me sentais infiniment en confiance dans cet enfermement car j’espérais parvenirr au sein de l'élite...
Le web est un réseau social, récitions-nous autrefois avec la plupart de mes collègues. 
Fichtre, social ? Grégaire plutôt. Internet est  un média prétendument social comme la fourmi est un insecte social : dans une fourmilière la hiérarchisation est la règle. Au fait, dites moi ? Qu'y a t-il de moins social que la hiérarchie et les flux à sens unique ?

Sur twitter, il est courant de trouver des comptes comptabilisant plus de 7000 abonnés pour n'en suivre qu'une centaine, considérés comme leurs égaux. Sont-il pour autant 70 fois plus intéressants que ceux qu'ils ne suivent pas ? Billevesées ! Quelle est leur valeur ajoutée ? Aucune ; juste un effet de mode.
  
En réalité les blogosphères et twittosphères sont à l'image de la France : une oligarchie librement consentie avec ses dominants et ses stars qui tirent avantage de leur supposée influence grâce à leurs réseaux ou leur notoriété et les autres qui suivent.
J'ai vécu une course à l’échalote insensée  : au tout début, je ne saurais décrire ma peur de perdre la confiance de mes amis journalistes et l'effroi de ruiner ma crédibilité de blogueur flirtant avec la presse pour une bouchée de pain. Sans mes pairs qu'allais-je devenir ? Par un heureux concours de circonstances, je suis tombé sur votre offre sensationnelle à 14,95 €, même pas le prix d'un repas ! Depuis cet achat, judicieux me voilà  devenu un blogueur lucide, émancipé  et sans entraves, détaché de l'obsession de cette réussite qui forçait à me prostituer pour quelques euros glanés ça et là et une notoriété bien illusoire et éphémère ! 

Je ne vous remercierai jamais assez, Ô Grandiloquent Druide de la savane.
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De Monsieur vvvv de S : 
Je figurais parmi les blogueurs les plus influents de  droite à l'époque des Versac, Embruns, Diners'room et consorts. Après le tragique abandon de certains, j'avais construit une petite chapelle ardente dans laquelle trônaient, sur un autel spécialement conçu, les œuvres   extraites des blogs de mes maîtres.
Censeurs, hautains, inaccessibles , souvent méprisants avec les petits, aimables avec leurs alter ego, toujours à genoux devant les célébrités, ces influents finissaient par croire en leur importance. Naïvement, je pensais que je ne retrouverais jamais autant de qualités littéraires et de puissance intellectuelle. Aujourd'hui, lorsque je les relis, j'éclate de rire devant l'insipidité, le conformisme et la banalité de leurs propos.
Après un chagrin terrible et des années de dépression arrosées d'alcool et parfumées d'héroïne j'ai été tenté par ce joli et économique (14,95 €) e gri-gri . Figurez vous qu'aussitôt la couronne posée sur mon crâne, j'ai été pris par une fringale de liberté, je me suis converti à l'anarchie et ai créé un blog militant qui reçoit 30 visiteurs motivés par jour !  

Merci camarade KOUYABADIOU ! L'anarchie vaincra !

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Ami(e)s blogueuses et blogueurs, avez-vous  été convaincus ?

Notre e gri-gri est vendu dans toutes les bonnes pharmacies, c'est même à cela qu'on les reconnaîtra.

Ami(e)s, ennemi(e)s, indifférent(e)s, merci d'avoir parcouru avec indulgence ce trop long billet si ridicule qu'il m'est difficile de le relire. 

Je souhaite à chacune et chacun d'entre vous une année 2013 impériale, si par extraordinaire, un anarcho-gauchiste peut permettre de s'exprimer ainsi.

Enfin un dernier point : ne comptez pas sur moi, pour vous avouer quels personnages m'ont inspiré...
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mercredi 11 janvier 2012

Rock archaïque. Le papillon métallique. Shakespeare. Délire.

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Musique psychédélique pour blogueurs déprimés en rupture de repères...

Être ou ne pas être blogueur ? That is the essential question of the 21th century...  J'expire.

Heureusement, la masturbation intellectuelle  est autorisée.  Onan avait raison : laissons le produit de notre éjaculation cérébrale se perdre dans le dédale de la Toile .




Ça passe ou ça casse...

Mon intellectualisme décalé ne passera pas l'hiver.


Camisole, Mæstro !


À après.
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jeudi 15 décembre 2011

Blogs, tracts et propagande.

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Salut les ami(e)s.

Lassé de lire sur les blogs des tracts de campagne électorale qui ne rapporteront pas un électeur de plus à leur chapelle, j'ai décidé de noyer mon chagrin , en attendant un retour à la normale, dans des considérations plus futiles et plus conformes à mon intellect limité.

Cette affiche a été copiée ici   http://hommelet.free.fr/fraaccue.htm


Autant chez certains blogueurs, j'admirais l'originalité, l'étendue des sujets et goûtais le plaisir de la découverte, autant, actuellement je me fais royalement chier en lisant beaucoup trop de billets du style "tract électoral". 

À l'aune de la niaiserie exacerbée envers son entourage proche de l'amoureux transi en pleine crise de manque vis à vis de sa dulcinée, le militantisme obtus rend l'impétrant si ridicule, si borné et si chiant, qu'au lieu de rallier les esprits, il les dégoûte à jamais de son combat.

Il me semble qu'il existe des chemins plus subtils et plus astucieux, à défaut de convaincre celui qui vous lit, pour faire naître des questionnements salutaires.

Je pense que la blogosphère de gauche, celle que je connais, a tort de rendre son contenu trop idéologique, trop inaccessible à tous ceux qui n'ont pas forcément leurs idées. Comme le dit si bien Nicolas, dans un excellent billet, nos blogs ne sont lus que par des collègues blogueurs de gauche ou des convertis de longue date.

Dans ces conditions, on peut se poser la question de notre utilité politique et la capacité du Net à faire basculer l'opinion. Vous me répondrez qu'un quotidien comme le Figaro n'est majoritairement lu que par des partisans de Nicolas Sarkozy : certes mais le Figaro, diffusé à 600.000 exemplaires par jour, influence la télévision et ses collègues journalistes !

Chacun a bien compris que la Presse tourne autant en rond  que nous  : les sujets du Figaro influençant les  radios qui elles-mêmes pèsent sur les télévisions, qui conditionnent les opinions publiques et la presse quotidienne et ainsi de suite. Mais, fait notable,  elle agit sur des millions de lecteurs !

 Autant ce cercle influent est vertueux, prolifique et efficace, autant "le cercle des blogueurs disparus", de par son audience confidentielle ne pèse strictement rien.

Probablement, me fais-je des ennemis ? Peu importe, j'en ai déjà pas mal et un de plus ne me rendra pas plus con que je ne suis déjà.

Pour conclure, chères lectrices blogueuses et chers lecteurs blogueurs, je vous suggère de consacrer davantage de temps à ceux qui vous aiment. Proches, qui, j'en suis sûr, se languissent de vous pendant que vous passez des heures à rédiger des billets que presque personne ne lit ou pire que 70% de vos fans parcourent en moins de 10 secondes.

Bon. Maintenant amis blogueurs, je vous laisse : vous allez pouvoir vous saouler pour oublier non seulement la mauvaise impression que je vous ai laissée mais également la preuve de  votre totale inutilité...

À la maison, humour grinçant rime avec toujours.
J'espère vous avoir distrait sans trop vous avoir mis en colère...


Il est grand temps que l'année se termine.

À après.
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samedi 24 septembre 2011

Le chêne et l'oiseau : la parabole du blogueur. Niaiserie.

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Il était une fois un chêne si vieux qu'aucun habitant de la forêt se souvenait l'avoir connu arbrisseau...

La sagesse dont il aurait du hériter avec l'âge s'était muée au fil du temps en une suffisance méprisante envers tous les habitants de ces bois.



Un oisillon un peu simplet avait pris l'habitude détestable pour le royal feuillu de se percher sur une solide branche charpentière.

- "Hola, paltoquet !", commença le chêne altier en s'adressant à l'oiseau inconscient , "avant de poser tes pattes de microbe sur ma ramure tu pourrais au moins me demander la permission. Rappelle toi qu'au royaume des hommes, je suis le symbole de la Justice, de l'Ordre, de la pérennité du Pouvoir, de la solidité et de la puissance !"
Ajoutant : "admire donc ma force !" pendant que ses branches s'agitaient.

-"Billevesées !" fit l'oiseau en ricanant, "c'est parce que mon poids est considérable que tes branches remuent autant !"

Bien entendu, les  deux se leurraient gravement : le souffle du vent était seul responsable du mouvement des branchages...

Nous autres, êtres humains, grâce à notre extrême clairvoyance, regardons, fort évidemment,  avec quelque condescendance, ces créatures primaires disposer de si peu de sens commun.

Il faut dire que notre chêne était tricentenaire et que, tempêtes après tourmentes, vermines après termites, ruissellements après pluies torrentielles, son existence ne semblait tenir que par quelques fragiles racines sans que quiconque s'en doutât.


Un sinistre jour de septembre, par un temps gris à faire pâlir une perle, un fort coup de vent  prit de plein fouet le feuillage de l'arbre altier. Ce fut, par un hasard extrême, le moment que choisit l'oiseau impertinent pour se poser sur sa branche.

La puissance du zéphyr entraîna un déséquilibre du tronc massif mais vermoulu et les dernières racines qui retenaient l'ancêtre feuillu rompirent. Le chêne s'étala de tout son long dans un fracas terrible. Il périt dans la minute suivante dans le silence recueilli de ses collègues atterrés.

Lors de la chute, l'oisillon s'était envolé, tout effrayé.

Il se percha sur la branche d'un sapin voisin et héla une mésange qui passait par là.

- "Hola, Madame la mésange ! Regardez ce chêne  insolent : en me posant sur une de ses branches, mon poids l'a tellement déséquilibré qu'il s'est écroulé sans coup férir !"
La mésange le dévisagea d'un air admiratif et énamouré et s'en alla conter ce superbe exploit à tous les hôtes de ces bois, jurant qu'elle reviendrait rapidement afin de lui accorder quelques faveurs...

Il n'en fallut pas davantage pour consacrer ce nouveau héros dans le cahier prestigieux des légendes de la forêt.

Ami(e)s, si vous remplacez le chêne par le système politico-économique, le vent et la vermine par les éléments extérieurs  plus ou moins induits par l'homme mais qu'il ne maîtrise nullement et enfin l'oiseau par le blogueur voire le journaliste, vous obtenez l'allégorie, la plus niaise, la plus kitsch et la plus puérile de la toile. 


À après !
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La photo de l'oiseau a été récupérée ici.

vendredi 29 juillet 2011

Mélancolie au dessous d'un nid de coucou.

Au revoir copain ! Rendez-vous au paradis enchanté des oiseaux ! Éden printanier où l'appel du coucou répond gaiement en écho, à celui de sa bien-aimée enfin retrouvée.
Affectueuses pensées à tes enfants et à tous tes proches. 



Amis humains,

Fermez les yeux et plongez dans votre subconscient...

Votre cerveau contient l'empreinte de toute votre histoire, vos peurs depuis la nuit des temps.


Vos lointains ascendants ont vécu des temps bien difficiles...

Flash.
 
Remontez 65 millions d'années plus tôt. vos ancêtres devaient être des sortes de petits mulots se nourrissant de déchets, de graines, de baies, d'insectes, tapis dans l'ombre, cachés dans les anfractuosités de rochers et les dédales de galeries souterraines pour se protéger de ces dinosaures effrayants qui dominaient  la Terre de tout leur poids, leur cruauté et leur puissance... 

Les prédateurs vous guettaient, vous étiez sans cesse réduits  aux abois. 
La précarité. La fragilité, la vulnérabilité.



ON ne donnait pas cher de votre avenir...

Et puis.

Une collision entre une météorite et notre planète, semble t-il.

L'extinction brutale et violente des dinosaures qui ont régné pendant plus de 160 millions d'années.

Vous rendez-vous compte ? 160 millions d'années !

Vous avez poursuivi votre évolution pendant 62 millions d'années. Après maintes transformations vous vous êtes lentement lentement transformés en hominidés.
Puis en " sapiens sapiens". 
Puis en "Cro-magnon".

 Vous avez créé des idoles car l'immensité de l'univers, la peur de la mort, votre fragilité, votre ignorance  vous terrifiait.
Vous avez construit des maisons en dur, des pyramides, des temples destinés à honorer des Dieux hypothétiques qui n'existent que dans notre imagination. 

Et pourtant vous n'étiez toujours que des mammifères comme les autres.

Grâce à la science, vous êtes devenus innombrables, vous avez inventé les mathématiques, la technologie.
Pour échanger vous avez créé l'argent : ce concept vous a, dans un premier temps, guidé vers le progrès et le mieux-être.

Enfin, lorsque le profit s'est accolé à  l'argent, ils sont devenus les armes suprêmes et ultimes de la puissance et de la domination d'une caste et la descente inexorable de l'Humanité vers son extinction. 

Amis humains, il est probable que votre race ne survivra pas aussi longtemps que celle des dinosaures : vous pillez trop les ressources, vous gaspillez sans compter, vous saccagez votre planète, vous polluez votre environnement.


Vous êtes la première et unique espèce à craindre sa propre disparition. Votre solitude et votre fragilité dans cet univers chaotique sans commencement ni fin, dont vous ne connaissez ni les tenants ni les aboutissants vous terrifie.

Vous avez conscience que votre civilisation est mortelle. Qu'une pénultième génération de vos descendants vivra l'extinction de l'espèce. Qu'un jour, il ne restera plus un humain.

Et pourtant vous n'êtes toujours que des mammifères comme les autres.


Flash.

Imaginez 3000 années plus tard. Vos ancêtres devaient être des sortes de petits mulots se nourrissant de déchets, de graines, de baies, d'insectes, tapis dans l'ombre, cachés dans les anfractuosités de rochers et les dédales de galeries souterraines pour se protéger de ces humains effrayants qui dominaient  la Terre de tout leur poids, leur cruauté et leur puissance...  

Rats, autrefois honnis, vilipendés, chassés, stigmatisés, vous êtes devenus les maîtres de la planète.

Momentanément. Comme les espèces qui vous ont précédé.

Vous êtes rusés, rebelles et résistants, vous ne croyez en aucune idole : vous n'avez ni églises, ni mosquées, ni temples. Peut-être changerez-vous quand vous prendrez conscience d'être mortels ?
Ô rats, bienvenue dans les décombres brûlantes de notre espèce cupide, arrogante, agressive, compulsive, cynique, égoïste, inaboutie ; vous ne pouvez que bâtir un monde meilleur.

Vous êtes nos camarades, nos cousins, nos frères, nos fils, nos successeurs : vous êtes l'avenir provisoire de la Terre.

Vous méritez bien d'hériter du flambeau d'une nouvelle épopée pour peu que vous abandonniez le comportement suicidaire qui a entrainé la disparition de l'espèce humaine.

Bonne chance, peuple des Rats !

Et surtout, souvenez vous de ce que l'homme a trop oublié : vous n'êtes que des mammifères comme les autres.

 

Amie lectrice, ami lecteur, merci d'être parvenu jusqu'à cette ligne, pardonnez mon style "pompier et pompeux" : le souvenir de Jean-Louis, alias Le Coucou de Claviers méritait bien mieux que cette pauvre fiction, mais hélas, j'ai fait du mieux possible avec peu de capacités...

À après !


PS : j'ai tiré ce nouveau texte d'un de mes anciens billets.

mercredi 20 juillet 2011

Blogueur inconnu, toi aussi, propage ta rumeur malveillante. Humour en kit.

Amie blogueuse, ami blogueur,



Tes statistiques stagnent et tu es las de commenter les dépêches AFP.  Malgré une affluence raisonnable, 80 % des visiteurs stationnent moins de 10 secondes sur ton site -juste le temps d'un pet- Ton blog  périclite depuis quelques mois, tu t'ennuies comme un rat mort. Les commentateurs se font de plus en plus discrets et tu songes à ranger ton clavier dans le tiroir de la commode.

Ta femme qui  pensait que tu allais devenir l'égal de l'immense Bruno Roger-Petit ou du brillantissime Jean-Marc Morandini semble s'agacer de voir ta notoriété végéter. Elle  reluque désormais avec une admiration mal dissimulée le physique du voisin de palier, un bellâtre mielleux qui s'est consacré au karaoké et dont la renommée a dépassé les limites du quartier...

Ton chat te saute aux yeux, tes enfants t'ignorent, ta voiture démarre une fois sur 5, ta mère te méprise, les oiseaux te chient sur le crâne, les voisins détournent leur regard, les crottes de chien se glissent en catimini sous tes semelles,  tes collègues de travail ne cessent de te dénigrer.

Tu commences à boire et tu songes à t'adonner aux drogues dures. Le suicide te guette.

La fin  semble proche...

STOP ! Arrête, petit malheureux !

Avant de prendre toute décision inopportune, lis donc les lignes suivantes, qui, j'en suis persuadé, te convaincront d'adhérer au programme de Cuicui International ltd, et ce,  pour une somme tellement dérisoire qu'elle en est indécente* .

Pour multiplier tes audiences par 3, 4 voire 50, je vais t'apprendre à créer tes propres rumeurs et ainsi devenir une célébrité du Web !

D'abord, je vais donner la définition du terme "rumeur" : selon le Larousse, c'est une nouvelle qui se répand dans le public. J'ajouterai que personne n'en connait jamais l'origine et qu'en général, elle est lancée pour salir une réputation.

CHOISIR SA RUMEUR.

Voici quelques domaines essentiels pour souiller une notoriété :

- L'alcoolisme, les drogues, toutes dépendances psychologiques comme les médicaments, narcotiques,
- Les maladies à phases terminales et dont les symptômes diminuent terriblement les facultés intellectuelles et physiques  comme les cancers, tumeurs du cerveau, lésions cardiaques, virus divers et variés.
- Le sexe : l'obsession, l'impuissance, la frigidité, la stérilité, les perversités. Les formes de sexualités déviantes comme la zoophilie, la scatophilie, etc
- L'argent : la cupidité, la corruption, l'avidité, le manque.
- Le jeu, les vices, la religion, la trahison, la désertion, la lâcheté, les médailles en chocolat.
Je dois en oublier : l'imagination est ton plus grand espace de liberté, ami blogueur !

DIFFUSER SA RUMEUR

Commence par la répandre sur ton blog confidentiel en notant nonchalamment  la phrase suivante : "J'ai entendu, de source sûre, qu'untel, blabla blabla bla blabla". Et cela m'a été confirmé par la concierge de son immeuble qui a entendu Monsieur Trucmuche commenter avec sa femme les révélations que je viens de vous soumettre.

Et ajoutez dans le creux de l'oreille des 30 lecteurs qu'il vous reste : "et surtout, je compte sur vous pour ne pas le répéter, hein ?" Interrogation à laquelle chacun de vos interlocuteurs vous déclarera invariablement, la main sur ce qui lui reste de cœur : "Bien sûr ! Tu peux avoir confiance en moi : je suis une vraie tombe !". Cercueil dont le couvercle n'aura jamais le temps de se refermer, comme de bien entendu.

Après tes révélations bloguesques, il te faut lancer la machine à rumeurs autrement nommée "Twitter". Ce sera d'autant plus facile  que tu possèdes un  nombre conséquent d'abonnés à ton compte si tu te définis comme journaliste amateur... Attention à cet endroit il vaut mieux suggérer. Inutile de jouer de la grosse caisse : il se trouvera à coup sûr, une dizaine de blogueurs pour broder sur un sujet dont ils ignorent à peu près tout.

La machine à diffamer est lancée et peut-être éprouveras tu un orgasme paroxystique lorsque tu observeras tes insinuations reprises avec frénésie par un pure-player animé par de vrais journalistes qui en jettent et qui se la pètent grave...

Tu auras alors atteint les sommets de la notoriété à laquelle tu aspires depuis si longtemps !

Ne me remercie pas, sœur blogueuse, frère blogueur, tu es désormais digne de figurer parmi les signatures prestigieuses d'Atlantico (quel joli nom)  !

Dis toi bien, ami, pour mesurer l'immense honneur qui t'es offert, que seul l'élite médiatique peut espérer figurer sur ce Panthéon virtuel de l'intelligence, de la culture et du bon goût français !

En veux tu la preuve la plus flagrante ?  Le célébrissime Authueil, phare de la pensée raisonnablement conventionnelle et conformiste de la droite hexagonale y brille de tous ses feux...


* Pour ma petite commission, prière de me joindre sur mon mail.

Lectrices chéries, lecteurs adorés, à après !

PS : ma putain de rétine s'étant à nouveau décollée, me voilà revenu à la case départ ! Du coup, il se peut que je m'absente durant quelques jours . 
De deux choses l'une  : soit dans un accès de colère je m'arrache l'œil avec une petite cuillère, soit je repasse sur le billard. Entre les 2, mon cœur balance...

lundi 11 juillet 2011

Les pensées fuligineuses d'un penseur de pigeonnier. Digressions aviaires.

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Ami(e)s, vous savez pourquoi j'aime Internet ?




Parce qu'il réhabilite l'écriture et la lecture... Parce qu'enfin un média privilégie  l'écrit sur la vidéo, l'actif sur le passif. Parce que cette forme de communication permet à toutes les oiseaux de s'exprimer : les aigles comme les buses, les vautours et les colombes, mêmes les merles, qui, en l'absence de grives ont le droit de se manifester.

Même si parfois le style employé ressemble à un borborygme glaireux. Vous en avez ici l'exemple frappant.

J'apprécie ce lieu où les élites s'expriment fréquemment comme des pieds, avec force fautes d'orthographe et erreurs grammaticales, où la notoriété éclate et où, sous le verni médiatique qui craquelle, apparaissent de banales et médiocres personnalités sans relief.

J'aime intensément cette agora, où le humble peut s'exprimer à l'égal du grand, où le minus de la France d'en bas s'en va interpeller  le puissant, où le petit citoyen qui courbe quotidiennement l'échine peut se transformer en justicier féroce, où la puce peut écraser l'éléphant, où l'identité sociale  s'effondre sous les coups de boutoir du talent oratoire, où les chiures d'oiseau malingres peuvent noyer le phénix sous un tas de merde, où l'anonyme fait la pige à l'académicien, où le talent dénonce les injustices quotidiennes, où les convictions chevillées au corps nous emportent avec enthousiasme...

J'apprécie ce monde sans hiérarchie, où la vacuité côtoie une certaine profondeur, où la simplicité se mesure à la sophistication, où la culture méprisante se fait balayer par la sincérité naïve, où, à l'inverse, la suffisance humilie la sobriété, où le cuistre se retrouve entouré d'une masse de courtisans béats.

J'aime aussi l'anonyme, qui, par timidité ou humilité, ou peur du monde, crucifie la célébrité qui revendique fortement sa place de privilégié. J'aime ces impertinents qui contestent la notoriété de supposés philosophes médiatiques dont on peut se demander d'où vient leur proximité et leur dénomination commune avec Aristote, Platon, Socrate, Pascal, Descartes, Nietzsche, Kant, Hegel ; eux qui n'ont jamais rien inventé et dont les paroles, lancées d'un air pénétré sont un tissu de banalités conformistes allié à des monceaux de platitudes.

Je n'aime pas le recours fréquent aux citations pour exécuter d'un revers l'adversaire qu'on veut éliminer. Je déteste ces belles périphrases qui se veulent assassines. Je me méfie de ces beaux esprits dont le seul génie est de regrouper des petits bouts de pensées pour faire croire que non seulement, ils possèdent un esprit aigu mais encore qu'ils jouissent d'une personnalité hors norme. J'abhorre ces pseudo penseurs, tellement nourris par leurs lectures qu'ils se montrent incapables d'émettre la moindre opinion personnelle un tant soit peu originale.

J'aime les intellectuels pas trop médiatiques. Je hais l'intellectualisation.

Pour flamber et faire comme mes doctes collègues blogueurs, j'ajouterai deux citations ringardes attribuées à Confucius qui collent parfaitement à mes niveaux intellectuels et culturels.

"Se peut-il qu'un homme soit moins sage qu'un oiseau ?"


"Quand l'oiseau est près de mourir, son chant devient triste ; quand l'homme est près de mourir, ses paroles portent l'empreinte de la vertu."

Surtout, ne riez pas : on risque de me soupçonner de rechercher l'humiliation...


Ami(e)s, à après. Si la honte ne m'a pas submergé d'ici là.
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